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«Les avocats s'avèrent des personnes extraordinaires pour s'occuper des affaires de leurs clients, mais lorsqu'il s'agit de s'occuper de leurs affaires personnelles, c'est une autre histoire », affirme Me Paul Laflamme, président de la Corporation de services du Barreau du Québec. C'est dans l'optique de permettre aux membres de ne pas avoir à se soucier d'une partie de leurs finances personnelles qu'a été créé en 1987, le Fonds de placement du Barreau.
Le mois de février signifie pour plusieurs, le mois des REER. Le Journal du Barreau a tenu à dresser un bilan des 17 années d'existence du Fonds, destiné exclusivement aux membres du Barreau du Québec.
La philosophie qui se dégage de la gestion du Fonds du Barreau est basée essentiellement sur la préservation du capital, une approche rentable d'autant que la majorité des porteurs de parts utilisent ce placement en prévision de leur retraite. Le Fonds vise avant tout à répondre à des besoins spécifiques et variés. Comme l'explique Me Pierre Messier, vice-président de la Corporation de services « nous avons d'abord créé un fonds équilibré. Peu de temps après, pour les investisseurs plus frileux qui résistaient à investir dans des actions, nous leur avons offert un fonds d'obligations. Et enfin, comme certains membres nous disaient que nos produits étaient plutôt conservateurs pour ne pas dire « pépères », le conseil d'administration de la Corporation de services a alors décidé d'ajouter un fonds d'actions. »
Le Fonds du Barreau, comme la plupart des fonds communs de placement liés à des ordres professionnels, perçoit des frais de gestion plus bas que ceux que l'on retrouve sur le marché. Pour Me Robert Primeau, directeur général de la Corporation de services, cette situation représente un véritable avantage. « Le total des frais de gestion du Fonds de placement du Barreau se retrouve toujours en deçà de 1 % », alors que la moyenne des frais de gestion des fonds de placement disponibles sur le marché se situe autour de 2,5 %. Cette différence vient augmenter directement le rendement du portefeuille des investisseurs. De plus, le directeur général de la Corporation souligne que cette dernière paie les frais de vérification comptable du fonds, qui sont habituellement assumés par les porteurs de parts. Ainsi, toutes ces fractions de pourcentage glanées à gauche et à droite signifient pour les membres plus d'argent dans leurs poches.
Ainsi, en date du 31 décembre 2003, les Fonds équilibré, d'obligations et d'actions du Barreau se trouvaient dans le premier quartile pour les rendements sur un an.
Le Fonds de placement du Barreau présente un autre avantage non négligeable, soit un comité de surveillance, présidé par Me Pierre Messier. Ce comité est chargé de s'assurer que les gestionnaires assignés à chacun des trois types d'investissement du Fonds respectent la politique de placement. Ses membres, des avocats du milieu des finances, se rencontrent à chaque trimestre afin de s'assurer que les gestionnaires du Fonds, McClean Budden, TAL et Addenda, remplissent adéquatement leur mandat conformément à la politique de placement. Ils questionnent les gestionnaires et les invitent à formuler des recommandations. « Les membres du comité décident par la suite de tenir compte ou non de ces recommandations », affirme Me Messier. De plus, le comité fait appel aux services d'un conseiller expert, M. Mario Lavallée, de la firme Finlab, qui « procède à une analyse des rendements, compare les résultats avec ceux du marché, soumet ses commentaires et participe aux rencontres trimestrielles », précise Me Messier.
Le comité de surveillance doit approuver tout changement relié au Fonds de placement du Barreau en ce qui concerne la politique de placement, l'allocation d'actifs ou encore l'assignation des gestionnaires. À cet effet, Me Messier se rappelle le cas de la tristement célèbre dégringolade de la compagnie canadienne Nortel. « Les gestionnaires, au moment de la forte hausse de la valeur de la compagnie, nous avaient demandé si nous consentirions à maintenir la même quantité d'actions de ce titre, compte tenu que sa nouvelle valeur dépassait la limite prévue à la politique de placement en vigueur. La décision du comité de surveillance a été d'interdire d'acheter de nouvelles actions de Nortel et de réduire la valeur de ce titre dans le portefeuille conformément à la politique de placement. Ainsi, avant la dégringolade, le Fonds a été en mesure de vendre plusieurs actions de Nortel à profit. Évidemment, il serait faux de dire que nous n'avons pas perdu dans cette aventure mais la politique de placement et la présence du comité de surveillance a limité les dégâts. »
Me Paul Tardif, membre du comité de surveillance du Fonds de placement du Barreau depuis près de 10 ans, explique que les interventions du comité ont plusieurs fois justifié son existence. Il est d'avis que « le comité agit pour protéger les investisseurs, en faisant en sorte que la politique d'investissement soit respectée par les gestionnaires ». Même s'il est difficile de cerner une décision ou une autre du comité qui, a posteriori, s'est avérée déterminante dans la destinée du fonds, il n'en demeure pas moins que le rôle du comité conserve son importance.
Avec un actif total de près de 120 millions, le Fonds de placement du Barreau présente une opportunité d'investissement intéressante pour tout avocat désireux de planifier son capital de retraite. Il est souvent dommage que les gens attendent au mois de février pour investir puisque, explique Me Primeau, « les investisseurs se privent ainsi de rendements intéressants à longueur d'année. En effet, le Fonds permet aux investisseurs d'y contribuer à n'importe quel moment» De plus, comme il n'existe pas de montant minimal à investir, Me Primeau rappelle qu'un excellent moyen de se bâtir un actif intéressant est d'investir périodiquement en mettant une somme de côté chaque mois au moyen d'un prélèvement bancaire automatique. Depuis cette année, il est aussi possible pour un cabinet d'avocats de mettre sur pied un REER collectif permettant à tous les employés du cabinet de souscrire au REER du Barreau au moyen de prélèvements réguliers directement sur le salaire.
Outre Me Messier et Me Tardif, les autres membres du comité sont Me Claude Bergeron, Me Jean Martel, Me Andrée DeSerres, Me Gilles Champagne, Me Jacques De Billy, Me Pierre Paradis, Me Paul Laflamme et Me Robert Primeau.
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