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Le Journal a 35 ans

Propos de bâtonniers

Lisa Marie Noël

Pendant ses 35 années de parution, le Journal du Barreau a toujours donné la parole aux bâtonniers, que ce soit par les éditoriaux, les pages de lettres ouvertes ou la chronique Propos du bâtonnier.

Le bâtonnier Jean Moisan était au Barreau durant les premières années du Journal, en 72-73. Il le considérait comme un moyen de communication rapide et régulier entre le Barreau et ses membres. Il voulait avant tout informer la communauté juridique, formée alors de 4 000 avocats.

" Je n'ai jamais été très agressif ni impérieux dans mes propos. Je ne suis pas quelqu'un qui cherche à imposer son point de vue ", indique-t-il. Jean Moisan utilisait plutôt le Journal pour discuter de différents points de vue et expliquer certaines problématiques.

Jean Moisan, bâtonnier en 72-73
Jean Moisan, bâtonnier en 72-73

Il n'a jamais manqué de sujets d'actualité. Il a vécu les chambardements de la Loi sur l'aide juridique, la création de la Loi sur les petites créances ainsi que la réforme de l'École de formation professionnelle du Barreau.

" La Loi sur les petites créances se débattait durant les années 1972 et 1973. Le Barreau y était favorable, mais un tas de modalités restaient à être discutées. De plus, certains avocats appréhendaient cette nouvelle façon de pratiquer le droit ", raconte-t-il.

Toujours d'actualité!

Toujours au fait de l'actualité juridique, la juge à la Cour supérieure Claudette Picard, bâtonnière en 94-95, ne manque jamais un numéro : " Je lis toujours le Journal et le Propos du bâtonnier. Beaucoup de sujets reviennent à la une. Ce qui était d'actualité en 1995 le demeure encore aujourd'hui. Je me souviens que le juge Jules Deschênes m'avait dit, lors de mon bâtonnat, à propos de l'incorporation des avocats, que certaines questions de justice étaient bien semblables d'année en année. Je m'aperçois, 10 ans plus tard, qu'il avait bien raison. "

Claudette Picard, bâtonnière en 94-95
Claudette Picard, bâtonnière en 94-95

Comme à l'époque à laquelle Jean Moisan était en poste, Claudette Picard s'est penchée sur la réforme de l'aide juridique en 1994 et 1995. Elle était elle-même préoccupée par l'accès à la justice. Elle écrit dans l'édition spéciale du Journal du Barreau en juin 1994 : " Bien sûr, les portes des tribunaux sont en théorie ouvertes à tous de façon égale. Il reste néanmoins que leur accès est plus égal pour celui qui est suffisamment informé, qui peut se faire représenter par une avocate ou un avocat de qualité et qui a le loisir d'attendre les résultats des procédures sans trop d'inconvénients. "

Confidentialité et secret professionnel sont d'autres sujets qui font couler bien de l'encre. Jean Moisan se souvient que les évènements d'octobre 1970 avaient suscité un sérieux débat sur la question. Il raconte que la perquisition au bureau de l'avocat Robert Lemieux, qui défendait des felquistes, avait causé tout un émoi. La question avait été soulevée aussi dans le cas de dossiers fiscaux. " Il n'y avait pas de règles dans la loi fiscale pour protéger le secret professionnel ", rappelle le bâtonnier Moisan.

Les nombreuses discussions sur l'incorporation et la responsabilité personnelle des avocats semblent récurrentes comme celles sur l'image de la profession et l'accès à la justice. Le monde juridique doit suivre l'évolution sociale.

" Le journal a changé en termes de contenu, croit Jean Moisan. Une partie des problématiques ne sont plus les mêmes, de nouvelles préoccupations s'ajoutent au fil du temps. "

Lors de son bâtonnat, Claudette Picard aborde plusieurs de ces nouvelles problématiques. Elle a commenté le rapport de la Commission des droits de la personne du Québec sur la violence et la discrimination envers les gais et les lesbiennes et souhaite " utiliser la force considérable du Barreau pour remplir les promesses de notre Charte. "

Elle aborde des sujets comme le droit autochtone et la conciliation vie professionnelle et responsabilité familiale. " En tant que femme et avocate, je l'avais déjà vécue. La même chose se répétait chez les jeunes membres du Barreau, chez les femmes, bien sûr, mais aussi de plus en plus chez les hommes. "

" Le Propos du bâtonnier est un outil de communication privilégié avec les membres et je suppose que la plupart le lisent ", poursuit Claudette Picard, qui n'en manque aucun. Elle aime connaître la position du Barreau dans certains dossiers et aussi l'opinion personnelle du bâtonnier, lorsqu'il la partage.

Avec cet espace réservé, les bâtonniers ont carte blanche, mais ne se mêlent pas des autres textes publiés. Le Journal du Barreau garde son indépendance. " Nous n'avons jamais imposé d'orientation ou de direction particulière ", confirme Jean Moisan.

 

 
 

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