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Je veux d'abord saluer l'initiative du bâtonnier du Québec qui, à plus d'une occasion, a ouvert plusieurs tribunes à tous les bâtonniers de section, dont les présents Propos du bâtonnier.
Déjà, au premier Conseil général de juin, chaque section s'est présentée : cela nous a permis, entre autres, de constater que nous avons en commun plusieurs préoccupations. Le Barreau du Québec, organisme voué à la protection du public, peut ainsi mieux définir ses actions. L'un des constats fut sans aucun doute que la justice est de moins en moins accessible, et ce, sous plusieurs aspects.
La différence est qu'à cette époque, une personne seule travaillant à temps plein au salaire minimum avait droit à l'aide juridique. Aujourd'hui, sans la disposition de présomption d'admissibilité, certaines personnes bénéficiant d'assistance emploi (l'aide sociale) n'auraient pas droit à l'aide juridique puisque le montant de leurs prestations excède 8 870 $ par année. Même nos aînés, avec un revenu de 12 145 $ par année (pension de base et supplément de revenu garanti) ne peuvent recevoir les services de l'aide juridique gratuitement : ils doivent verser une contribution de 700 $, ce qui représente presque un mois de prestations.
Rappelons que, lors de son congrès en 2003, le Barreau du Québec a adopté une résolution pressant le gouvernement d'agir et de hausser les seuils pour rendre la justice plus accessible.
Les services de justice diffèrent de plus en plus. Ainsi, à certains endroits, il n'y a plus de palais de justice, et à d'autres, on en est réduit à la vidéoconférence. Inutile de dire que l'on est loin de la proximité du justiciable. Cela aussi constitue un problème d'accès à la justice.
Ces quelques exemples démontrent à quel point l'accessibilité à la justice peut se définir de toutes sortes de façons, et que son application peut être vaste. Cependant, des solutions s'imposent. Les problèmes d'accessibilité diminuent la confiance des justiciables à l'égard de notre système de justice. On répète souvent que notre société est fondée sur un État de droit, qui nous permet de croire que notre système de justice est essentiel et qu'on doit le préserver.
La justice et son financement doivent être une véritable priorité pour les décideurs politiques. Notre système de justice doit pouvoir compter sur un financement stable et adéquat au même titre que la santé, l'éducation et la culture.
Michel Tessier
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