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On assiste, ces dernières années, à une plus grande mobilité des professionnels sur le marché du travail. Si cette situation s'avère positive pour certains professionnels qualifiés ayant une bonne feuille de route ou évoluant dans le milieu des hautes technologies, pour les autres, mobilité rime plutôt avec précarité d'emploi, instabilité et absence de carrière au lieu d'une carrière nomade.
Par ailleurs, de nombreux professionnels ont délaissé les entreprises, cabinets et autres lieux de travail structurés pour devenir travailleurs autonomes.
Plus encore, de « faux » travailleurs autonomes se sont installés, c'est-à-dire des professionnels dépendant d'un ou de plusieurs donneurs d'ordres. Les responsabilités se sont élargies pour intégrer la nouvelle technologie : avec l'arrivée des courriels, boîtes vocales et autres outils informatiques et de communication, de nombreux professionnels ont inclus certaines tâches de bureau dans leurs fonctions, bien souvent au détriment du personnel de soutien.
L'économiste Diane-Gabrielle Tremblay, professeure et chercheuse à la Télé-Université, faisait le point sur la situation qu'affrontent les professionnels dans un marché du travail en mutation, dans le cadre du colloque du Conseil interprofessionnel du Québec.
L'économiste note que l'expression « Working here, there and everywhere » prend tout son sens dans l'actuel marché du travail. Les horaires de travail sont de moins en moins fixes. Certains professionnels ont même adopté des horaires fragmentés pour accommoder leur clientèle. Ainsi, les changements opérés dans le monde du travail se constatent à travers trois axes : le statut d'emploi, le lieu de travail et le temps consacré à celui-ci.
Les sociétés n'accordent pas la même priorité à la sécurité dans le monde de l'emploi. Ainsi, si certains pays, comme la Suède, considèrent comme primordiale la sécurité d'emploi, d'autres régions du globe adoptent des lignes directrices engageant la responsabilisation des individus quant à leur sécurité d'emploi et rejettent une intervention étatique à cet égard.
Parallèlement, la sécurité d'emploi, précise Mme Tremblay, est souvent perçue par l'entreprise comme un coût à la production et un frein à la flexibilité de l'entreprise. Au Canada, des statistiques montrent que seulement une personne sur deux est un salarié ayant un emploi régulier à temps plein depuis au moins six mois dans une entreprise ou un organisme. Dans cette perspective, qui représente la situation nord-américaine, les façons de contrer l'instabilité du milieu du travail chez les professionnels consistent entre autres à verser des prestations aux travailleurs autonomes et à offrir une meilleure sécurité d'emploi en s'attaquant aux causes de l'instabilité (rationalisation, externalisation).
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