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Le Journal a 35 ans

Lisa Marie Noël

Même si le Journal du Barreau s'adresse d'abord aux avocats, les juges en sont toujours des lecteurs assidus. Parmi ceux-là : le juge Denis Jacques, de la Cour supérieur du Québec. Il conserve quelques exemplaires dans un classeur, comme référence. « J'ai dû faire le ménage, mais j'en ai encore qui datent d'une dizaine d'années », raconte-t-il.

Dans les années 90, le Journal du Barreau a publié plusieurs cahiers spéciaux traitant de sujets précis, comme la documentation juridique, l'informatique ou le témoin-expert.

Denis Jacques, juge de la Cour supérieure du Québe
Denis Jacques, juge de la Cour supérieure du Québe

Toujours à l'affût de l'actualité juridique, le juge Jacques s'en remet au Journal du Barreau pour l'informer. Il remarque que plusieurs sujets et débats demeurent d'actualité au fil des années. L'accessibilité à la justice est d'ailleurs un de ses sujets chouchous, et il ne s'en cache pas. « J'aimerais, bien sûr, qu'on parle beaucoup plus d'Éducaloi dans le Journal », souligne-t-il, avouant sa partialité évidente : le juge Jacques est président d'Éducaloi!

Selon lui, le Journal du Barreau remplit bien son mandat de journal d'un ordre professionnel. Il représente le moyen, pour lui, de connaître l'opinion du Barreau, de s'informer sur tout ce qui touche l'actualité juridique, et aussi de prendre connaissance des nouvelles nominations grâce à la chronique « Parmi nous ».

Louis LeBel, juge à la Cour suprême du Canad
Louis LeBel, juge à la Cour suprême du Canad

Louis LeBel, juge à la Cour suprême du Canada, apprécie de lire les comptes rendus de colloques ou d'ateliers de formation.

«La couverture d'activités de formation m'allume une lumière, si vous me permettez l'expression. Souvent, le compte rendu souligne tel problème ou telle difficulté dans la jurisprudence et la législation», explique-t-il.

Louis LeBel aimerait toutefois que le Journal mise plus sur des articles visant directement les priorités et les problèmes de la profession. Il voudrait des échos des petits cabinets en région, de l'intégration des jeunes associés, de l'évolution de la structure d'un cabinet…

« Que se passe-t-il chez les avocats de la fonction publique ou dans les cabinets d'entreprise ? » se demande-t-il. C'est aussi cela, un journal d'un ordre professionnel.

«J'ai lu un article sur les femmes dans la profession il y a quelques semaines. J'ai l'impression que la cause n'avance pas, et ça fait pourtant longtemps qu'on en parle. Pourquoi une institution comme la Cour suprême est-elle assez avancée pour nommer quatre femmes juges sur neuf ainsi qu'une juge en chef, alors que peu de femmes sont associées seniors dans les cabinets? Je me pose la question depuis 20 ans», affirme le juge LeBel.

Porte-parole d'une profession

Le juge Jacques apprécie que le Journal du Barreau transmette une vision globale de la communauté juridique. «Le journal informe les avocats tout en s'intéressant à l'ensemble du système judiciaire, que ce soit les huissiers, la réalité des juges, le ministère de la Justice…» Denis Jacques précise tout de même : « Le Journal du Barreau doit demeurer le journal de l'ordre professionnel des avocats. »

«En ce qui concerne l'information juridique, ce que je retrouve dans le Journal du Barreau est beaucoup plus pertinent que ce qui est publié dans les grands quotidiens», note Denis Jacques. «Les médias généraux traitent du système de justice seulement en situation de crise», renchérit le juge LeBel.

 

 
 

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