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Soudain, l'espace n'était plus une denrée rare!

Alain Goupil

«Enfin de l'espace, de l'air.» Ceux et celles qui ont vécu le déménagement du palais de justice à la Maison du Barreau l'ont ressenti comme une grande bouffée d'air frais. Du jour au lendemain, l'espace n'était plus une denrée rare.

«C'était gigantesque. On avait tellement d'espace qu'on pouvait se lancer un ballon de football à l'heure du dîner», se rappelle François Racine, coordonnateur des Services administratifs, lorsqu'on lui demande de relater un souvenir marquant de son arrivée au 445, boulevard Saint-Laurent.

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À cette même question, Monik Van Der Meerschen, des Ressources humaines, repense d'abord à l'exiguïté qui prévalait au palais de justice. «Nous étions tellement serrés, c'était inimaginable. On avait des classeurs et des bureaux partout. Dès que quelqu'un avait le malheur d'ouvrir le tiroir d'un des classeurs, c'était fini : on ne pouvait plus passer. Je me demande encore aujourd'hui comment on a pu faire pour travailler dans ces conditions-là».

Embauchée comme secrétaire à l'Inspection du bureau du syndic quelques mois seulement avant le grand déménagement, Gracieuse Bujold, aujourd'hui conseillère aux évènements corporatifs auprès de la direction générale, se souvient du climat d'euphorie qui régnait à tous les étages.

«Quand je suis entrée en poste, tout le monde ne parlait que de ça. Quand le grand jour est arrivé, c'était l'euphorie. L'autre souvenir qui me revient est celui d'avoir été hôtesse durant la cérémonie d'inauguration [du 29 novembre 1984]. »

Informatisation

Sa collègue Sylvie Lussier, du Service de la cotisation, souligne que la transition s'est aussi traduite par une informatisation massive des postes de travail. « Au palais, nous avions un seul ordinateur pour tous les services. Chaque employé avait donc une heure qui lui était allouée pour entrer ses données. En arrivant ici, on s'est retrouvés avec un ordinateur pour deux personnes. C'était déjà un grand pas. Maintenant, on travaille tous sur un ordinateur personnel. C'est le grand luxe!»

Suivre à la trace et toutes les traces!

Pendant les 10 mois qu'ont duré les travaux de rénovation, certains employés profitaient de leur pause du midi pour aller jeter un coup d'œil sur l'évolution du chantier. Carole Robertson, du Service du greffe, était de ceux-là. Comme ses collègues, elle a compté les jours qui la séparaient de son nouvel environnement de travail.

Arrivée au Jour J, elle se souvient d'une chose : «Les ascenseurs ne fonctionnaient pas... Il a fallu emprunter les escaliers pendant quelques jours», dit celle qui se décrit comme une «ramasseuse», au point d'avoir recueilli et conservé précieusement tous les plans d'architecte ayant servi à la réfection de l'édifice.

Le difficile « en attendant »…

Thérèse Perreault, directrice des Services de la gestion de l'Information, conserve du déménagement un souvenir qui aurait donné mal à la tête à n'importe qui : elle devait s'assurer que les 1 400 boîtes de dossiers arrivent à bon port… et dans le bon ordre.

Comble de malheur, les dépôts destinés à conserver les milliers de documents contenus dans ces boîtes n'étaient pas prêts à les accueillir. «Comme chaque boîte pesait entre 30 et 40 livres, et qu'il y en avait 1 400, il fallait trouver un endroit dans l'édifice capable de supporter un tel poids et qui, en plus, présentait un minimum de conditions de conservation en termes de chaleur et d'humidité, relate-t-elle. On a finalement trouvé une place dans la partie nord-est du 5e étage

Plus cocasse que ça…

Une fois les dépôts aménagés, deux mois plus tard, il a fallu redescendre lesdites boîtes au sous-sol. Ce jour-là, une autre surprise attendait Mme Perreault : la compagnie de déménageurs engagée pour transporter les boîtes avait envoyé… un manchot. «L'homme n'avait qu'un seul bras. Mais il était fort comme deux. Il transportait les boîtes comme s'il avait fait ça toute sa vie. Je l'ai trouvé pas mal impressionnant», se souvient-elle encore 20 ans plus tard.

 

 
 

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