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«Enfin de l'espace, de l'air.» Ceux et celles qui ont vécu le déménagement du palais de justice à la Maison du Barreau l'ont ressenti comme une grande bouffée d'air frais. Du jour au lendemain, l'espace n'était plus une denrée rare.
«C'était gigantesque. On avait tellement d'espace qu'on pouvait se lancer un ballon de football à l'heure du dîner», se rappelle François Racine, coordonnateur des Services administratifs, lorsqu'on lui demande de relater un souvenir marquant de son arrivée au 445, boulevard Saint-Laurent.
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À cette même question, Monik Van Der Meerschen, des Ressources humaines, repense d'abord à l'exiguïté qui prévalait au palais de justice. «Nous étions tellement serrés, c'était inimaginable. On avait des classeurs et des bureaux partout. Dès que quelqu'un avait le malheur d'ouvrir le tiroir d'un des classeurs, c'était fini : on ne pouvait plus passer. Je me demande encore aujourd'hui comment on a pu faire pour travailler dans ces conditions-là».
Embauchée comme secrétaire à l'Inspection du bureau du syndic quelques mois seulement avant le grand déménagement, Gracieuse Bujold, aujourd'hui conseillère aux évènements corporatifs auprès de la direction générale, se souvient du climat d'euphorie qui régnait à tous les étages.
«Quand je suis entrée en poste, tout le monde ne parlait que de ça. Quand le grand jour est arrivé, c'était l'euphorie. L'autre souvenir qui me revient est celui d'avoir été hôtesse durant la cérémonie d'inauguration [du 29 novembre 1984]. »
Arrivée au Jour J, elle se souvient d'une chose : «Les ascenseurs ne fonctionnaient pas... Il a fallu emprunter les escaliers pendant quelques jours», dit celle qui se décrit comme une «ramasseuse», au point d'avoir recueilli et conservé précieusement tous les plans d'architecte ayant servi à la réfection de l'édifice.
Comble de malheur, les dépôts destinés à conserver les milliers de documents contenus dans ces boîtes n'étaient pas prêts à les accueillir. «Comme chaque boîte pesait entre 30 et 40 livres, et qu'il y en avait 1 400, il fallait trouver un endroit dans l'édifice capable de supporter un tel poids et qui, en plus, présentait un minimum de conditions de conservation en termes de chaleur et d'humidité, relate-t-elle. On a finalement trouvé une place dans la partie nord-est du 5e étage.»
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