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À mi-chemin entre Montréal et Québec, la Mauricie compte parmi les plus anciens barreaux de section de la province. Malgré sa taille et le bassin imposant de population qu'elle dessert, la section ne peut cependant pas compter sur des ressources comparables à celles des grands centres. Une situation que le bâtonnier, Me François Rioux, dénonce et aspire à changer.
« Quand, à Montréal ou à Québec, a-t-on manqué de juges pour remplir les journées de cour? On ne voit pas cette situation là-bas, mais en Mauricie, oui. Pourtant, il s'agit d'un barreau régional d'importance. Il faut que ça change », argue le porte-parole des avocats de la Mauricie.
Concrètement, dans cette région comme ailleurs au Québec, les services offerts sont très inégaux d'un bout à l'autre du territoire. Aussi, si les justiciables de Trois-Rivières et de Shawinigan peuvent compter sur des palais de justice fonctionnels, voire refaits à neuf, ceux de La Tuque doivent se contenter d'un local loué au centre commercial du coin. Iniquité? Triste réalité, répond plutôt Me Rioux. « Le point de service de La Tuque est essentiel, et nous sommes bien heureux de pouvoir compter sur lui, mais en même temps, on peut se questionner sur la façon dont les choses se déroulent. Avec une seule salle qui sert à toutes les instances, il faut compter des mois avant de voir sa cause entendue. On peut être inscrit au rôle en juin, puis en septembre. Avec les nouvelles règles de pratique et les fameux 180 jours de délai, ce mode de fonctionnement est un réel problème. Des avocats sont incapables de procéder parce que le délai est expiré. En fin de compte, c'est le client qui est pénalisé. »
À ce jour, aucune demande formelle n'a été adressée au ministère de la Justice à ce sujet par le barreau de section. Les juges coordonnateurs, eux, ont toutefois fait connaître leurs insatisfactions à plusieurs reprises, sans résultat probant. Déjà, pour accélérer les choses, les avocats en droit criminel ont de plus en plus recours à la vidéoconférence pour les enquêtes de remise en liberté. François Rioux avoue craindre le moment où l'on proposera d'utiliser la même technologie pour conduire les procès. « Évaluer si, oui ou non, quelqu'un peut être remis temporairement en liberté est une chose, émettre un jugement sur une cause sans pouvoir voir de ses propres yeux un accusé ou encore les témoins et ainsi apprécier leur crédibilité n'est, à mon avis, pas du tout souhaitable. Pourtant, si rien n'est fait, nous en viendrons à cela. »
Dans ce domaine, les représentations semblent avoir porté leurs fruits. La section s'est en effet vu promettre l'arrivée d'un autre magistrat pour le début de 2005. Heureux de la nouvelle, Me Rioux reste toutefois prudent. C'est que, précise-t-il, « on ne sait pas encore si le Ministère créera un poste de façon permanente ou si ce sera temporaire ».
Enjeux…… et solutionSe faire entendre et comprendre par le Ministre… |
Source : Section – Mauricie
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