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30 ans qui donnent raison !

Rollande Parent

D'aucuns, si ce n'est plusieurs, ont douté de la pérennité possible de « sciences jur' »… Voilà que le temps donne raison aux autres! Le Département des sciences juridiques de l'Université du Québec à Montréal célèbre cette année son 30e anniversaire. Pour souligner l'occasion, une soirée de retrouvailles rassemblait anciens étudiants et professeurs.

Jacques Lévesque, doyen de la Faculté de sciences politiques et de droit de l'UQAM
Jacques Lévesque, doyen de la Faculté de sciences politiques et de droit de l'UQAM

Récemment, il y a eu fusion des départements de sciences politiques et de sciences juridiques pour former la Faculté de science politique et de droit. Le doyen de cette Faculté est le politologue Jacques Lévesque. Selon lui, ce qui caractérise le Département des sciences juridiques, c'est ce qui le différencie des autres facultés de droit : « Le département des sciences juridiques a toujours été distinct d'une école traditionnelle. Il se distingue des autres facultés de droit par une approche critique du droit, par un accent mis sur le droit social et le droit du travail. »

Dans l'ordre habituel, la juge Ruth Veillet (LL.B. 1983) et M<sup>e</sup> Denis Mondor (LL.B. 1983), tous deux coprésidents d'honneur de la soirée; Line Janelle (LL.B. 1983), membre du Comité des retrouvailles 1974-2004 en sciences juridiques; André Riendeau, professeur au Département des sciences juridiques de l'UQAM; M<sup>e</sup> Josiane Beaudry (LL.B. 1999), présidente de l'Association des diplômés en sciences politiques et droit de l'UQAM
Dans l'ordre habituel, la juge Ruth Veillet (LL.B. 1983) et Me Denis Mondor (LL.B. 1983), tous deux coprésidents d'honneur de la soirée; Line Janelle (LL.B. 1983), membre du Comité des retrouvailles 1974-2004 en sciences juridiques; André Riendeau, professeur au Département des sciences juridiques de l'UQAM; Me Josiane Beaudry (LL.B. 1999), présidente de l'Association des diplômés en sciences politiques et droit de l'UQAM

Ce département a bien failli ne pas voir le jour. C'est grâce à l'effort des étudiants qu'il a pu prendre son envol, comme le souligne Jacques Desmarais, vice-recteur à la planification et à la vie étudiante et secrétaire général : « Trente ans de vie du Département des sciences juridiques, c'est une occasion unique. C'est l'occasion de dire à ceux qui ont mené la bataille pour mettre en place ce département, amorcer des études en sciences juridiques dans une université comme l'UQAM, qu'ils doivent être salués. »

Jacques Desmarais, vice-recteur à la planification et à la vie étudiante et secrétaire général de l'UQAM
Jacques Desmarais, vice-recteur à la planification et à la vie étudiante et secrétaire général de l'UQAM

Alors qu'il était avocat, on est venu voir Jacques Desmarais pour qu'il s'occupe du dossier d'une requête en injonction des étudiants qui avaient été admis au programme de sciences juridiques, mais qui ne pouvait commencer leur année parce que le ministère de l'Éducation hésitait à reconnaître le programme de sciences juridiques. « C'est au moyen de cette lutte que le programme a été créé et c'est grâce à l'action des anciens étudiants, grâce à votre persévérance, qu'ils sont rendus aujourd'hui, 30 ans plus tard, à une soirée remarquable comme celle-ci. »

Parmi tous les orateurs de cette soirée, mentionnons la juge Ruth Veillet, venue rappeler à l'assemblée que l'UQAM a été créée en 1968, grâce à la volonté soutenue de plusieurs personnes déterminées à démocratiser l'enseignement universitaire au Québec. Elle a ajouté : « Il y a 30 ans, les sciences juridiques, c'était la révolution et même un peu l'anarchie, autant pour ceux qui les vivaient de l'intérieur que pour ceux qui les regardaient de l'extérieur ». Selon elle, le fait que sept anciens de sciences jur' aient été nommés juges à la Cour du Québec en 2004 montre que la voie traditionnelle n'est pas toujours celle qui produit des résultats positifs. Elle note : « Les étudiants du Département des sciences juridiques qui gagnent des prix dans les concours interuniversitaires donnent raison à ceux qui ont cru à une méthode d'apprentissage différente de celles qui existaient ailleurs, et démontrent que le Département n'était pas un accident de parcours, mais qu'il est là pour durer et pour donner d'excellents avocats qui ne craindront pas de s'engager dans toutes les sphères du droit, et plus particulièrement au niveau du droit social ».

Le bâtonnier du Québec, M<sup>e</sup> Denis Mondor, coprésident d'honneur de la soirée
Le bâtonnier du Québec, Me Denis Mondor, coprésident d'honneur de la soirée

Prenant la parole à son tour, le bâtonnier du Québec, Me Denis Mondor, ancien étudiant de l'UQAM, ne cachait pas sa fierté : « Il faut s'engager dans notre ordre professionnel, mais il faut aussi s'engager socialement pour que la justice ait toute sa place dans notre société. Il faut rester vigilant pour que le gouvernement redonne à la Justice la place qui lui revient. »

 

 
 

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