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Congrès Québec 2004

Détente, convivialité et formation diversifiée

Maryse Chouinard, avocate

Cette année, si les participants du 48e Congrès du Barreau, qui aura lieu à Québec, du 3 au 5 juin, peuvent s'attendre à des débats houleux en plénière, il n'en va pas de même de l'atmosphère générale anticipée. Me Sophie Gauthier, présidente du Comité organisateur, la souhaite détendue et informelle. « C'est un congrès qui se veut plus décontracté. On innove, cette année! » lance-t-elle.

M<sup>e</sup> Sophie Gauthier, la présidente du comité organisateur du Congrès 2004.
Me Sophie Gauthier, la présidente du comité organisateur du Congrès 2004.

Mais que tous soient rassurés, le contenu des ateliers saura certainement satisfaire les besoins les plus vastes. De fait, c'est la cinquième année que Sophie Gauthier s'implique dans l'organisation du congrès. Recrutée en 1999 par Me Pierre Chagnon, du Comité de la formation professionnelle, « pour savoir ce que les jeunes avaient envie d'avoir au congrès », la présidente avait cette année plus d'une proposition à apporter. Et puisque selon elle le reste de l'équipe est « extrêmement dynamique » et que « tout le monde a plein d'idées », plusieurs sujets d'ateliers ont dû être abandonnés. « On n'a plus de place», a souvent annoncé Me Gauthier.

Quelques exemples? « Les technique de plaidoirie [...], la formation médias, l'atelier sur le stress, se sont tous imposés à nous rapidement, la formation en matière familiale et fiscale... Ce sont des choses dont on a discuté très tôt», dit Sophie Gauthier. On notera que les ateliers hyper-pointus ont été relégués au second plan en faveur de sujets susceptibles de rejoindre un vaste auditoire, comme le confirme l'organisatrice. « Cette année on a tenté de [viser] le plus large possible. »

Parmi les ateliers proposés, on retrouve donc les questions d'actualité et mises à jour par domaine (droit des assurances, droit familial, droit du divertissement, droit de la jeunesse, droit administratif...), mais également des présentations plus générales. Stressé? À bout de souffle? Le Dr Serge Marquis abordera cette année la question du contrôle sur sa vie, une présentation qui promet d'être très courue. « Cet atelier-là attire de 200 à 250 personnes chaque fois », rappelle Me Gauthier.

Éthique, fisc et débats

La magistrature est bien représentée cette année. Entre autres, la Cour du Québec chapeaute deux ateliers, un sur le droit de la jeunesse donné par la juge Paule Gaumond et un autre sur la juridiction de la Chambre civile en matière administrative et d'appel, présentée par le juge Michel Simard. Le juge Robert Pidgeon fera de son côté partie du trio chargé d'aborder la question de L'éthique devant les tribunaux. « C'est un atelier de discussion, pas de " punition ", explique la présidente pour ne pas effaroucher ceux qui n'aiment pas se faire taper sur les doigts. Il porte sur les règles que l'on devrait respecter envers la magistrature, surtout quand on plaide. Mais aussi d'autres petits détails. Quand un avocat se rend au bureau d'un juge, par exemple, est-il approprié de le tutoyer ? »

Un autre atelier « très intéressant, qui va rejoindre plein de monde », selon Sophie Gauthier, est celui offert le samedi matin par Daniel Bourgeois, au titre réminescent du célèbre film de Woody Allen, Ce que tout avocat non spécialiste en droit fiscal devrait savoir lorsque le fisc frappe à sa porte. « Sa » porte, on s'en doute, c'est surtout celle de son client. « Il y a très peu d'avocats spécialisés en droit fiscal, souligne la présidente, mais tous les clients font affaires avec le fisc. » Sur le même thème, dans un registre plus précis, Me Christofer Mostovac abordera Ce que tout avocat non spécialiste devrait savoir pour conseiller son client impliqué dans un contexte potentiel de fraude fiscale.

Les participants au congrès sont toujours très friands de « techniques ». Me Gauthier se rappelle le franc succès remporté par les ateliers d'interrogatoires et de contre-interrogatoires organisés par le Jeune Barreau de Québec. « Les gens en redemandaient! ».

Dans un registre plus argumentatif que formateur, le congrès propose aux participants de venir débattre de la question Comment peut-on concilier la présomption d'innocence avec l'œil de la caméra ? À la suite du scandale hypermédiatisé de la prostitution juvénile, est-il opportun d'interdire toute caméra à l'intérieur du palais de Justice, « pour éviter ce qu'on peut appeler un show médiatique », demande la présidente du Comité. Comme elle le souligne, les intervenants au débat sont « très concernés par les prises de décision là-dessus ». On y trouve entre autres Ronald Boudreault, un porte-parole de la Sûreté du Québec, et Florian Sauvageau, directeur du Centre d'études sur les médias de l'Université Laval.

Coups de coeur

Certains ateliers sont des coups de coeur avoués de Sophie Gauthier. La formation médias, par exemple. Comme les praticiens sont de plus en plus exposés au regard scrutateur des médias, il peut s'avérer intéressant d'apprendre des petits trucs de communication. « C'est une formation qui est offerte chaque année à tous les bâtonniers de section et aux présidents du Jeune Barreau de Québec et de Montréal, dit Sophie Gauthier. [...] Je l'ai suivie parce que j'étais présidente du Jeune Barreau il y a deux ans et c'est fantastique! [...]C'est très interactif, tout le monde participe beaucoup. »

Un petit avant-goût pour attirer la galerie? « Le truc dont je me souviens le plus, répond Me Gauthier, c'est de reprendre notre espace vital. » Ainsi, si en sortant d'une salle d'audience, on se retrouve face à vingt-cinq microphones braqués sur soi, « on n'est pas obligés d'avoir les micros collés sur la poitrine. On peut leur demander de s'espacer un peu pour avoir notre bulle! »

Autre innovation cette année, la présence d'Avocats sans frontières. « Je trouve que c'est une organisation qui mérite qu'on s'y attarde et que les avocats du Québec lui donnent du galon et s'impliquent », dit Sophie Gauthier, qui a chaleureusement conviée au Congrès la jeune antenne québécoise, créée en 2002, de l'organisme international. On s'en souviendra, Pierre Brun, qui présente l'atelier, a contribué à faire acquitter par une Cour d'appel islamique Amina Lawal, cette mère de famille nigériane condamnée à la mort par lapidation pour avoir eu un enfant hors mariage.

Au-delà des débats, des dine around et de la formation professionnelle, la présidente trouve importante cette petite fenêtre ouverte sur la justice au sens large. «On dit toujours que les avocats ont un rôle social à jouer, dit-elle. Ça c'en est l'exemple le plus marquant. »