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Afin de réussir à exercer leur profession, les avocats doivent maîtriser un certain nombre d'habiletés. Pour les avocats de litige, la plaidoirie arrive en tête de liste suivie, non loin derrière, par les relations avec les journalistes, médiatisation oblige. Au prochain congrès du Barreau du Québec, deux ateliers interactifs porteront spécifiquement sur ces questions.
Imaginez une dizaine d'avocats procédant, à tour de rôle, à des interrogatoires et à des contre-interrogatoires sous l'œil circonspect d'un juge ou d'un confrère avocat pouvant intervenir à tout moment pour le corriger. Hasardeux? C'est pourtant le défi auquel s'est attaqué le comité organisateur du congrès du Barreau, avec son atelier sur les techniques de plaidoirie.
Échelonné sur une journée entière, le contenu de l'atelier est en fait éprouvé puisqu'il s'inspire du Séminaire de techniques de plaidoirie de Sherbrooke. Il met à contribution quatre juges et sept avocats et avocates chevronnés. Directeur du contentieux du ministère de la Justice du Québec, Me Claude Bouchard animera la journée. « Le concept derrière cet atelier est simple. Les participants (80 maximum) préparent deux problèmes ou situations pouvant survenir durant un procès. Réunis en plus petits groupes de 8 à 10 participants, ils prennent la parole à tour de rôle et procèdent à un interrogatoire et à un contre-interrogatoire comme s'ils étaient vraiment devant le tribunal. Les animateurs peuvent en tout moment intervenir pour leur signaler une erreur, rectifier le tir ou leur demander de recommencer du début. Ça n'a rien de magistral. C'est totalement interactif. Les participants apprennent dans l'action. »
Bien que la méthode soit utilisée depuis un certain temps déjà au Québec, elle n'avait jamais auparavant fait l'objet d'un atelier dans le cadre du congrès annuel du Barreau du Québec. « Dans la formule originale, le séminaire dure sept jours. Dans le cadre du congrès, comme nous n'avions qu'une journée, nous avons choisi de nous limiter seulement aux interrogatoires et contre-interrogatoires de façon à ce que les gens y trouvent tout de même leur compte. »
En une ou sept journées, la formule a d'ailleurs fait de nombreux heureux par le passé, selon l'animateur. « Même s'ils trouvent l'exercice très exigeant parce qu'ils doivent laisser leur orgueil à la porte et accepter de vivre avec la critique, les participants à la formation sont toujours contents. »
Des outils pour mieux faire face à la musique, c'est aussi ce que propose l'atelier portant sur les avocats et les médias, animé par Jean Chartrand, de l'Institut FORMAT de Montréal, une entreprise spécialisée dans la formation de porte-parole.
Médiatisation aidant, les avocats sont de plus en plus souvent appelés à interagir avec les journalistes. Pressés de répondre aux questions, ils n'ont pas toujours les mots qu'il faut. À la tête de l'Institut FORMAT, Louis-Pierre Girard, a donc pensé un contenu adapté à leur réalité. « Au moyen de simulations avec des volontaires, nous allons illustrer le contenu d'une bonne intervention média. Au total, nous nous attarderons sur deux ou trois situations particulières que les avocats risquent de rencontrer. »
Exercices de question et réponse, mises en scène, rien ne sera laissé à la légère, selon le spécialiste. « Quand un avocat parle aux médias, c'est le public qui a le jugement final. C'est lui qui décide si ce qui a été dit est raisonnable, d'où l'importance d'être clair et d'agir adéquatement. Il existe des techniques pour faire mouche à tout coup. C'est ce que nous allons explorer avec les participants à l'atelier. »
De façon plus détaillée, l'activité de formation permettra d'explorer l'attitude à avoir en cas d'accusation, de verdict de culpabilité, d'acquittement et de dévoilement de sentence.
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