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Le 14 avril dernier avait lieu, dans la salle Jules-Deschênes du palais de justice de Montréal, la grande finale du Concours des débats oratoires du Barreau de Montréal. Les participants en lice provenaient, tout comme l'an dernier, des collèges Dawson et Jean-de-Brébeuf. À la fois dynamiques, bien documentés et dotés d'un indéniable talent d'orateur, tous ont livré une prestation de haut niveau, ponctuée d'humour!
À l'issue d'un débat habilement ficelé, la victoire est allée aux membres de l'équipe du Collège Jean-de-Brébeuf, composée de François Beaudry, gagnant pour une deuxième année consécutive, et de Laurence Bich-Carrière. Tous deux se partagent la somme de 2 000 $. Les représentants du Collège Dawson, Padraic Scanlan, qui a lui aussi participé à l'événement l'an dernier, et Saro Setrakian, ont quant à eux remporté le deuxième prix, assorti d'une bourse de 1 000 $. À noter qu'Annie Lespérance, du Collège André-Grasset, et Tania Jenkins, du Collège Vanier, ont toutes deux remporté des prix individuels pour s'être brillamment illustrées au cours des demi-finales.
Devant leurs parents, amis et autres supporters, les orateurs aguerris ont échangé en français et en anglais sur la question « Le procès devant jury : pour ou contre ?», dans la perspective des mégaprocès criminels, le traitement et l'utilité des jurés. Le but du concours est d'ailleurs d'encourager les étudiants francophones et anglophones de niveau collégial à exprimer en public leur opinion à propos d'un sujet d'actualité à connotation légale, et soulevant la controverse.
D'une durée approximative d'une heure, le débat se divisait en quatre parties, la première étant consacrée à l'exposé d'ouverture de chacune des équipes, le hasard ayant accordé la position du « pour » au Collège Jean-de-Brébeuf et la position du « contre » au Collège Dawson. Chacune des équipes devait ensuite répliquer au camp adverse à grands renforts d'arguments, puis, dans le cadre d'une période résiduelle, ajouter d'autres éléments au débat. En ce sens, Me Julie Latour, avocate à la direction des Affaires juridiques de Loto-Québec, mais aussi présidente du débat, intervenait pour guider les participants.
Une période de questions était par la suite réservée aux membres du jury d'honneur, composé de gens de renom. Il s'agissait de Me Bernard Synnott, bâtonnier de Montréal, mais alors premier conseiller au Barreau de Montréal, de Me Marie-Andrée Trudeau, substitut en chef pour la région de Montréal, de Me Raphaël H. Schachter, associé chez Lavery, de Billy, de Me James L. Brunton, juge à la Cour supérieure du Québec, et de Me Yves Boisvert, chroniqueur judiciaire au journal La Presse.
La qualité de l'échange et la connaissance approfondie du sujet, dans toutes ses implications sociales, juridiques et politiques ont mérité les félicitations de tous. Plusieurs points intéressants, voire inusités, ont été soulevés concernant, par exemple, le bien-fondé - ou non - de la sommation des gens pour faire partie d'un jury, et « le vent de fraîcheur qu'apportent les jurés à un environnement sclérosé où il n'y a que des murs sans fenêtres et des plantes en plastique », pour reprendre les propos de Laurence Bich-Carrière, décrivant l'atmosphère austère du tribunal. Rigueur et sens aiguisé de la répartie émanaient donc des discours!
Les membres de l'équipe de Jean-de-Brébeuf étaient visiblement contents de leur victoire. « On aime débattre, la polémique, ça change des sciences », souligne François Beaudry, en voie de terminer le programme de baccalauréat international, profil sciences pures et appliquées. Selon lui, l'un des avantages de la dynamique de débat consiste en la possibilité d'explorer les deux côtés de la médaille, en l'occurrence le pour et le contre d'une situation. Finissante du programme sciences, lettres et arts, Laurence Bich-Carrière affirme pour sa part trouver dans ce genre d'activité une tribune très intéressante. « Ça demande bien sûr une bonne préparation. On a fait des lectures de jurisprudence, même si, dans le cas présent, ça pouvait ne pas être utile », souligne la gagnante 2002 du concours La justice a bonne mine, aussi organisé par le Barreau de Montréal. Tous deux fils et fille de juristes, ils n'excluent pas la possibilité d'étudier en droit à l'université.
Tant de passion et d'éloquence représentent un gage prometteur pour la relève, d'autant plus que l'intérêt pour le débat oratoire semble prendre de l'ampleur. Une soixantaine d'étudiants s'étaient inscrits au concours cette année, en incluant les finales internes dans chaque cégep. Les collèges Marianopolis, Marie de France, John Abbott, Vanier, André-Grasset et le Collège international des Marcellines faisaient aussi partie des demi-finales. Le travail soutenu des membres du Comité des débats oratoires du Barreau de Montréal, sous la présidence de Me Gilles Robert, a fait de cette 15e édition un franc succès.
Le rapport annuel 2003-2004 du Barreau de Montréal, qui contient tous les renseignements sur les activités de la section, est maintenant disponible. On peut se procurer la version imprimée du document en communiquant par téléphone (514) 866-9392, poste 21 ou encore par courriel (general@barreaudemontreal.qc.ca). Les internautes pourront également en télécharger la version PDF à partir du site Internet du Barreau de Montréal (http://www.barreaudemontreal.qc.ca), section « publications ».
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