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En vertu de l'arrêt Beaulac, l'État a un devoir de prendre des mesures positives pour mettre en application les garanties linguistiques qu'il a reconnues. Toutefois, les gouvernements hésitent encore à intervenir en matière linguistique.
Selon Me Doucet, les retards dans la mise en œuvre des droits conférés par l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui garantit le droit à l'instruction dans la langue de la minorité, reflètent la propension des gouvernements à considérer les droits linguistiques comme étant tout simplement des droits politiques.
Bien que cet article « impose aux gouvernements l'obligation absolue de mobiliser des ressources et d'édicter des lois pour l'établissement de structures institutionnelles capitales »2, les communautés minoritaires se voient forcées par l'inaction des gouvernements à retourner devant les tribunaux pour obtenir gain de cause et faire respecter leurs droits. Entre-temps, les années s'écoulent, et la communauté minoritaire est assimilée.
Cependant, affirme Me Doucet, « aussi longtemps que les gouvernements n'auront pas compris les droits linguistiques, dans le sens où ceux-ci doivent servir à l'épanouissement et au développement des communautés minoritaires, on n'aura pas d'autre choix que de continuer à revendiquer ces droits devant les tribunaux et d'exiger qu'ils soient clairement respectés. »
1R. c. Beaulac, [1999] 1 R.C.S. 768 au para. 25.
2Doucet-Boudreau c. Nouvelle-Écosse (Ministre de l'Éducation), [2003] 3 R.C.S. 3 au para. 28.
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