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Les journalistes québécois ne sont pas regroupés au sein d'un ordre professionnel ni assujettis à un code de déontologie. Tout au plus, la Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) et le Conseil de presse ont adopté des guides déontologiques. Aucune sanction ne peut cependant découler de ces derniers. Mais voilà que l'affaire Néron*, qui a trouvé sa conclusion dans un jugement de la Cour suprême en juillet 2004, ramène sur le devant de la scène la « déontologie journalistique ».
Michel Robert, juge en chef de la Cour d'appel du Québec |
Justement, cette question des conséquences de l'affaire Néron sur la pratique journalistique faisait l'objet d'une plénière au Congrès de la FPJQ, tenu en décembre à Québec.
Philippe Cantin, éditeur adjoint au quotidien La Presse |
Plus affirmatif quant aux effets du jugement, Philippe Cantin, éditeur adjoint à La Presse, a lancé à l'auditoire : « Je refuse d'avoir peur. Je dis non à la peur, à la frilosité ! » Il ajoute que la pratique journalistique devra cependant s'ouvrir — et c'est déjà amorcé à La Presse — à une collaboration avec les avocats. Les journalistes de ce quotidien sont invités à obtenir un avis juridique, à l'interne, avant publication de tout article potentiellement litigieux. M. Cantin en appelle à la communauté juridique pour qu'elle forme des avocats spécialisés en droit des médias.
L'affaire Néron concernait la diffusion d'un reportage à l'émission Le Point. On y rapportait deux affirmations contenues dans une lettre envoyée par M. Néron à Radio-Canada. Le reportage passait sous silence les autres aspects de la lettre et fut diffusé avant que M. Néron ait pu vérifier les informations en cause. Les juges reprochent notamment à Radio-Canada de ne pas avoir traité de ces autres aspects. Bien que le reportage ait rapporté des faits qui se sont avérés, il n'était pas équitable et, donc, était non conforme à la pratique professionnelle, selon la Cour.
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