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La Cour du Québec, Chambre de la jeunesse, offre de nombreuses et intéressantes possibilités pour les avocats de pratique privée. C'est ce qu'ont fait valoir Alyne Pearson, avocate de pratique privée, et Jean-Simon Gosselin, chef du contentieux du Centre jeunesse de Québec, lors d'une conférence-midi organisée récemment par le Jeune Barreau de Québec sur le thème La représentation devant la Chambre de la jeunesse.
Jean-Simon Gosselin, chef du contentieux du Centre jeunesse de Québec |
Un avocat de pratique privée peut être appelé à représenter un enfant ou des parents à l'étape des mesures d'urgence. Rappelons que le DPJ a 24 heures pour s'adresser au tribunal lorsque l'enfant ou les parents s'opposent à l'application de ces mesures.
Lorsque l'avocat rencontre son client-enfant pour la première fois, il doit, outre l'informer sur les procédures judiciaires en cours, déterminer sa capacité de donner un mandat clair. Lucie, la cliente de Me Pearson, n'en était pas capable, à l'âge de trois ans. C'est possible à partir de cinq, six ou sept ans, « ça dépend de leur degré de maturité », considère Me Pearson. » Si l'enfant a la capacité de donner un mandat clair, un arrêt de la Cour d'appel de 20021 indique que l'avocat doit suivre ses instructions.
L'avocat pourra engager davantage son client aux étapes ultérieures des procédures, lorsque les allégations du DPJ seront plus détaillées, soit lors de la demande de prolongation des mesures d'urgence ou lorsque le tribunal aura à décider finalement si la sécurité ou le développement de l'enfant sont compromis.
Il est recommandé aux avocats de prendre le temps de lire les actes de procédure avec le client, de les lui expliquer et de décider avec lui des allégués qui seront admis et de ceux qui seront niés.
Me Gosselin rappelle que 1 200 auditions sur le fond ont lieu chaque année au palais de justice pour la région de Québec, et que chacune dure de deux heures à une demi-journée.
1. Inscrivez-vous sur la liste de garde du Barreau
Le nom de chaque avocat inscrit revient sur l'horaire une ou deux fois par mois à Québec. « Il faut prendre la garde comme une occasion de rendre service, explique Me Pearson. Pendant un tour de garde, on n'a pas toujours des dossiers. » Une autre fois, on peut en être submergé. C'est aussi un excellent moyen de se constituer une clientèle.
2. Documentez-vous adéquatement
L'outil par excellence est la Loi annotée sur la protection de la jeunesse. Vous avez également intérêt à vous procurer le Guide de saisie de la Chambre de la jeunesse publié par le service du contentieux du Centre jeunesse de Québec. Plusieurs autres documents indispensables se trouvent sur le site Web du Barreau du Québec, dans la section des « Publications ».
3. Rencontrez les enfants que vous représentez
Lors des mesures d'urgence, les intervenants ont l'habitude d'amener l'enfant au tribunal peu avant l'audition pour qu'il puisse rencontrer son avocat. Il ne faut pas hésiter à demander au juge de retarder le début de l'audition pour avoir le temps de tenir cette rencontre avec l'enfant ou de la terminer. Il arrive aussi que des avocats se déplacent pour aller voir l'enfant dans sa famille d'accueil ou au centre d'accueil.
4. N'essayez pas de changer les clients
Le respect des parents est une valeur importante à appliquer dans le travail de l'avocat. « Il faut s'en tenir à ce que dit le client, estime Me Pearson. On n'a pas à changer sa façon de voir. » Me Gosselin affirme quant à lui : « Quand on sort de la salle d'audience, les parents vont demeurer les parents, et l'avocat aura à travailler de nouveau avec eux. Il ne peut les changer. »
1REJB 2002-29840.
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