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Le comité chargé d'examiner la rémunération des juges de la Cour du Québec et des cours municipales a remis son rapport l'automne dernier, alors même que les conclusions du précédent comité sont l'objet d'un litige devant les tribunaux.
En 2001, le comité O'Donnell a recommandé des hausses de salaire pour les juges. Fin de non-recevoir du gouvernement. La Conférence des juges du Québec s'est alors tournée vers les tribunaux pour forcer le gouvernement à respecter le contenu du rapport. La Cour d'appel a donné raison aux juges, mais le procureur général a demandé la permission de porter la cause en Cour suprême. C'est dans ce contexte que le comité présidé par Me Pierre Cimon vient de formuler ses recommandations pour les années 2004, 2005 et 2006.
En matière civile, des modifications législatives récentes font en sorte que toutes les affaires où la somme en litige est inférieure à 70 000 $ se retrouvent devant la Cour du Québec. Si le nombre de dossiers est resté stable, le rôle des juges, lui, s'est accru. Les magistrats sont maintenant appelés à présider des conférences de règlement à l'amiable.
À la Division des petites créances, qui traite les litiges de moins de 7 000 $, le nombre de dossiers a augmenté. Quant aux affaires criminelles et pénales, les juges de la Cour du Québec sont les seuls juges provinciaux au Canada à exercer une telle compétence.
Pour toutes ces raisons, la Conférence des juges du Québec a fait valoir au comité Cimon que le traitement des juges de la Cour du Québec (actuellement de 155 069 $) devrait se rapprocher de celui des juges de la Cour supérieure (219 400 $).
Par ailleurs, le comité recommande une rémunération supplémentaire allant de 6 % à 12 % pour les juges en situation de gestion. Leurs frais de fonction varient de 4 000 $ à 12 000 $.
Le comité O'Donnell a recommandé l'abolition de cette mesure. Le gouvernement a accepté cette proposition, tout en rejetant les hausses de salaire suggérées.
À l'instar de leurs collègues de la Cour du Québec, les juges municipaux se sont adressés aux tribunaux pour trancher le litige. Pour l'heure, les juges des trois grandes villes ont un salaire annuel de 149 323 $.
Les juges des autres cours municipales ont, pour leur part, réclamé la parité avec leurs collègues des trois grandes villes. Ils soutiennent avoir les mêmes compétences et être soumis aux mêmes règles déontologiques. Et ceux qui continuent d'exercer parallèlement leur profession d'avocat ne peuvent plus comparaître en matière criminelle et pénale devant la Cour du Québec, ce qui limite considérablement leurs activités.
Le comité recommande donc que tous les juges municipaux du Québec reçoivent un traitement équivalent, soit :
Dans l'hypothèse où la parité entre les juges de Montréal, de Laval et de Québec et ceux de la Cour du Québec serait maintenue, le comité estime toutefois que le traitement des juges des trois grandes villes devrait être gelé jusqu'à ce que la rémunération des autres juges municipaux ait atteint le seuil consenti aux magistrats de Montréal, de Laval et de Québec.
En ce qui concerne les juges rémunérés à la séance, les recommandations sont les suivantes :
Le gouvernement n'a pas encore réagi aux recommandations formulées par le comité Cimon, mais on peut déjà prévoir un autre bras de fer qui amènera les deux parties devant les tribunaux.
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