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Quelle serait la profession juridique sans le secret professionnel? Difficile à imaginer. Considérée comme le fondement de toute relation de confiance entre un avocat et son client, la confidentialité a pourtant subi de nombreux assauts au fil des ans. En obtenant gain de cause dans ce que l'on présente aujourd'hui comme l'affaire Maranda, Me Louis Belleau, a contribué à réaffirmer la nature immuable du secret professionnel. Ces faits d'armes lui valent aujourd'hui d'être honoré par le Barreau du Québec.
Me Louis Belleau |
Admis au Barreau du Québec en 1981, il agit brièvement comme procureur de la Couronne avant d'amorcer une carrière comme avocat de la défense en pratique privée. Son cheminement professionnel le mène finalement à fonder son propre cabinet en 1994. De cause en cause, il se construit une réputation d'extraordinaire plaideur. Puis, en 1997, sa carrière prend un tournant singulier.
Me Giuseppe Battista, engagé au sein de l'AADM, se souvient du climat qui régnait alors. « Les bureaux de Me Maranda avaient non seulement été perquisitionnés pour vérifier des documents relatifs aux honoraires, ce qui était une première, mais, en plus, tout cela avait était fait avec très peu de considération. La perquisition a duré 12 heures, et l'attitude des policiers était questionnable. Nous avons rapidement senti qu'il fallait faire quelque chose. Nous avions besoin d'un avocat solide et compétent. Louis Belleau s'est imposé. »
Le dossier est porté en appel, et la décision du juge Béliveau est renversée. Persuadé de l'importance des enjeux en cause, Me Maranda présente une demande à la Cour suprême. Il obtient la permission d'en appeler.
Puis, en 2003, six ans après le début des procédures, le plus haut tribunal au pays confirme les conclusions du juge de première instance voulant que le secret professionnel s'étende jusqu'aux honoraires professionnels et qu'aucune perquisition de cette nature ne doit être permise dans les bureaux d'un avocat.
« Pour nous, affirme Giuseppe Battista, c'était une victoire majeure, et Louis Belleau y a largement contribué. Non seulement il a rédigé le mémoire pour défendre la position du Barreau en Cour d'appel, mais il a aussi collaboré étroitement avec moi à la rédaction du mémoire déposé en Cour suprême. Il a été la colonne vertébrale de ce dossier, celui qui a influencé le cours des choses par son extraordinaire jugement et son sens aigu du droit. »
Les conclusions rendues par la Cour suprême ont, en plus de reconfirmer l'importance du secret professionnel, fait en sorte que l'on évite de se servir d'un avocat, des renseignements dont il dispose ou même des détails relatifs à ses honoraires pour incriminer un accusé.
Les résultats obtenus dans la cause Maranda c. Richer ont fait de Louis Belleau une référence en matière de déontologie et d'éthique dans la profession. Il a, à ce titre, prononcé de multiples conférences dans le cadre des activités du Barreau du Québec, en plus d'assurer la mise à jour du contenu pédagogique de l'École du Barreau relativement à ces questions.
Les félicitations et signes de reconnaissance obtenus depuis la conclusion de l'affaire Maranda ne sont toutefois rien en comparaison de la fierté qu'il a ressentie en apprenant qu'on lui décernait le Mérite du Barreau du Québec. « Comme avocat, affirme-t-il, je me suis toujours efforcé de faire mon travail au meilleur de mes connaissances. Notre profession n'est pas toujours facile. Voir ses efforts reconnus est très encourageant, surtout quand l'hommage est rendu par des collègues. Je suis honoré. »
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