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Le point culminant

Denis Mondor


Voici venu mon dernier Propos.

Comment se sent le bâtonnier en cette fin de bâtonnat? Essoufflé? Toujours énergique? Fier? Déjà nostalgique?

Un peu de tout ça. Mais surtout habité d'un grand sentiment d'accomplissement, sentiment qui atteindra son point culminant lors du Congrès, les 2, 3 et 4 juin, à Gatineau.

Un Forum sur la justice

J'ai annoncé mes couleurs dès le début : lors de mon discours au congrès de l'an passé, je lançais l'idée d'un Forum sur la justice. Je faisais ainsi écho aux propos tenus deux jours auparavant par notre ministre de la Justice de l'époque, M. Jacques P. Dupuis, au sujet de la crise de confiance des citoyens notamment à l'égard de notre système de justice.

La dernière initiative de ce genre remonte au Sommet de la Justice de 1992, vaste chantier de travail mené par le ministère de la Justice provincial. Partant de cette idée, je proposais que le Barreau soit, cette fois, l'instigateur d'une telle entreprise de consultation et de réflexion. L'idée d'un forum sur la justice centrée sur le citoyen visait à mobiliser l'ensemble des acteurs sociaux et intervenants en matière de justice afin de remettre la justice à l'ordre du jour des priorités de l'État et de la société.

Autre forum, même débat

Face à la réaction plutôt tiède des partenaires potentiels, nous avons décidé de ne pas poursuivre plus avant l'organisation d'un tel évènement de façon isolée.

C'est alors que nous avons eu la bonne idée d'intégrer un tel Forum dans le cadre de notre congrès. Le thème « La justice! Quelle justice? » et la plénière qui a lieu la première journée du congrès se sont alors imposés comme plate-forme idéale pour un débat de société.

La plénière de cette année ne se veut pas un débat d'initiés ni un évènement en vase clos. En tant que juristes, nous avons évidemment des idées sur la question de l'accès à la justice. Mais la justice n'est pas l'apanage des avocats et des juges. Nous en sommes plutôt les serviteurs.

C'est donc aussi et surtout à titre de justiciables, de contribuables et de citoyens que vous serez interpellés et sollicités. C'est pourquoi la plénière se veut ouverte sur le monde et sur la société. Nous voulons interpeller les citoyens et leurs représentants élus, nos politiciens.

Je considère qu'il est dans la mission même du Barreau de constamment ramener la justice sur la place publique. Si le Barreau ne s'acquitte pas de cette obligation, qui donc le fera?

Suite logique

Le thème de ce 50e congrès est l'aboutissement logique des actions menées par le Barreau tout au long de l'année.

Parce qu'une critique se doit d'être honnête et constructive, le Barreau a cherché toute l'année à dénoncer des situations inacceptables, mais aussi à y apporter des solutions.

En dénonçant le recours systématique et inapproprié à la vidéoconférence en région, le Barreau revendique du même souffle la nomination de juges en nombre suffisant. En identifiant les frais judiciaires comme frein à l'accès à la justice, le Barreau poursuit ses travaux et ses pressions pour actualiser le tarif des honoraires judiciaires. En décriant les seuils indécents d'admissibilité à l'Aide juridique, nous faisons du même coup la promotion de la seule alternative actuellement disponible, l'assurance juridique. Et ainsi de suite.

La plénière est aussi calquée sur cette façon de faire : non seulement tous ces thèmes et plus encore seront abordés franchement et sans détour, mais des recommandations d'actions concrètes seront soumises aux membres en assemblée générale à l'issue du congrès. Sans prétendre que la plénière réglera définitivement la problématique de l'accès à la justice, il y a là une opportunité à saisir pour échanger, réfléchir, et surtout interpeller la société.

Un dernier appel

Pour être une réussite et atteindre les objectifs visés, un tel débat se doit d'avoir juste le bon dosage entre organisation et improvisation.

Pour orchestrer le déroulement de cette plénière un peu spéciale, il faut une animation sur mesure. Du rythme, du « punch », des surprises, de l'interactivité, voilà pour le format de la plénière.

Et le contenu? Rassurez-vous, la qualité des panélistes retenus est garante d'un bon débat : un ancien juge en chef, un journaliste, une défenderesse des droits des consommateurs et un ancien ministre fédéral de la justice. Voilà pour les braves qui représenteront les points de vue de différents groupes de notre société.

Comme le veut la tradition, le ministre provincial de la Justice ouvrira le congrès, alors que son homologue fédéral sera présent à la soirée de clôture.

Je termine mon bâtonnat en vous lançant un dernier appel, un appel à l'engagement envers l'Ordre et la profession que vous avez choisis, un appel à participer à un débat de société qui nous concerne tous, un appel à venir assister à votre congrès.

« Engagez-vous ! », qu'ils disaient. À cette célèbre formule, j'ajouterais aujourd'hui « Inscrivez-vous! »

Le bâtonnier du Québec,
Denis Mondor

 

 
 

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