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Respect

Une campagne qui interpelle

Yves Lavertu

Le Barreau du Québec travaille à la création d'un bassin de conférenciers disponibles pour présenter aux avocats leurs vues et leurs idées sur le thème du respect à l'occasion de rencontres professionnelles : dans le cadre de congrès dans les barreaux de sections, par exemple, ou encore dans les colloques organisés par des regroupements d'avocats, qu'ils soient jeunes ou seniors.

L'inconduite des uns…

La mise sur pied de cette banque de conférenciers représente l'une des quatre mesures déployées dans le cadre de la campagne « Respect ». Une autre des initiatives mises de l'avant par le Service des communications du Barreau repose sur une campagne imprimée, paraissant dans les pages du Journal du Barreau.

respect picture

Il s'agit d'une série d'annonces qui abordent, par l'humour et l'image caricaturale, divers sujets relatifs au savoir être et qui posent problème actuellement au sein de la profession.

L'inconduite des uns… la réputation de tous

Les situations mises en évidence dans ces annonces imprimées représentent autant de variations sur le thème de l'irrespect. Le message est clair : les manquements des uns éclaboussent toute la profession.

Le laisser-aller des uns… la réputation de tous

L'une des annonces montre une photo accompagnée de quelques mots ciblant la nécessité de respecter ses engagements envers ses collègues et d'arriver à l'heure à une réunion. Dans une autre, ce sont les exigences liées à l'apparence qui sont mises en lumière. Dans une autre encore, on rappelle l'importance de respecter ses clients en rendant leurs appels. Voilà autant d'attitudes à corriger chez certains pour changer la réalité et contribuer à améliorer l'image des avocats.

Se prendre en mains

Pour le bâtonnier du Québec, Me Denis Mondor : « La campagne « Respect » veut sensibiliser les membres quant à l'état de la situation et contribuer à modifier les comportements de certains en créant une pression des pairs. Nous invitons d'ailleurs tous les décideurs au sein des instances du Barreau à devenir des relais, capables de mobiliser leurs membres pour améliorer les choses. »

Le laisser-aller des uns… la réputation de tous

En ce sens, le Barreau attend beaucoup de l'accueil donné à la campagne, notamment par les bâtonniers des 15 barreaux de section et par les dirigeants des jeunes Barreaux. « Il faut faire en sorte que les dirigeants s'approprient cette problématique et qu'ils l'inscrivent à l'ordre du jour des préoccupations de leurs organismes. »

Si les leaders sont convaincus de la nécessité de bouger dans ce domaine, certains en viendront, par exemple, à vouloir former un comité sur l'image des avocats, à l'instar de celui du Barreau de Montréal, qui travaille activement sur un projet de « Charte des règles de courtoisie ».

L'insolence des uns… la réputation de tous

D'autres voudront peut-être privilégier les activités de formation ou de communication, ou encore inscrire au programme de leur congrès la tenue d'une conférence sur un thème lié à cette problématique.

Une réputation à préserver

C'est la première fois qu'est menée une semblable campagne à caractère préventif et curatif. Le fil conducteur de cette initiative dans son ensemble est de rappeler aux avocats le lien qui existe entre un comportement irrespectueux manifesté par l'un des pairs et la perte d'un capital de réputation qui s'ensuit pour tous les confrères.

L'insouciance des uns… la réputation de tous

Ce qui est précisément dans la mire de cette croisade, ce sont les actes d'inconduite, d'insouciance, d'incivilité; des gestes aussi banals, par exemple, que le fait de ne pas rendre ses appels.

Des changements s'imposent dans ce domaine tant sur le plan du langage et du ton que sur celui des attitudes non seulement à l'égard des collègues, mais aussi des juges, des clients et du personnel judiciaire.

Un projet d'entreprise

L'origine de la présente campagne prend ses racines dans un contexte bien précis. Dans le sillage des mégaprocès, une réflexion d'importance a eu lieu au Barreau du Québec. Il en a découlé, en février 2004, un rapport qui interpellait plusieurs acteurs de la scène juridique et, en particulier, des avocats dont certains gestes et propos ont été largement médiatisés.

L'incivilité des uns… la réputation de tous

Dans la même année, le Service des communications de l'Ordre inscrivait ses activités dans une approche de gestion de la réputation. Dans le cas de la campagne « Respect », le problème a été saisi à la lumière d'un regard rétrospectif sur la profession, embrassant ses 10 dernières années. Il en a émergé un dénominateur commun pour lequel on devait s'activer : la notion de respect.

En parallèle, déjà engagé dans un travail de prévention, le Bureau du syndic avait constaté que sur les 4 000 appels reçus chaque année, certaines problématiques qui, au départ, étaient de l'ordre du civisme ou du respect pouvaient dégénérer par la suite en problèmes d'ordre carrément déontologique.

À l'automne 2004, une rencontre a été organisée entre le Service des communications, le Bureau du syndic et le Service de recherche et de législation du Barreau du Québec ainsi que la direction du Barreau de Montréal. Il s'agissait cette fois de faire de la campagne « Respect » un véritable projet d'entreprise.

Une série d'actions

Le coup d'envoi de la campagne a été donné avec la publication d'un propos du bâtonnier Mondor, dans l'édition du 15 février dernier du Journal du Barreau. « Le but de l'exercice de sensibilisation du Barreau, a alors expliqué Me Mondor, n'est pas de faire la morale ni de prôner le snobisme ou le retour à un ensemble de règles rigides et empesées. Il s'agit plutôt de remettre la politesse et la civilité à l'ordre du jour. » Au cours de la même période a démarré dans le Journal la chronique Dans le champ gauche.

L'insolence des uns… la réputation de tous

Enfin, la campagne comporte une série d'actions à entreprendre à court et à moyen terme, telles que des rencontres avec des décideurs et la magistrature.

 

 
 

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