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Transformer la profession

Guylaine Boucher

Richard Wagner

L'homme par qui l'accès au savoir juridique au bout des doigts s'est généralisé.

Fin des années 1990. La profession juridique est à un tournant. Faute de ressources financières, peu d'argent a été investi dans le système de justice depuis un certain temps déjà. Le réseau des bibliothèques juridiques s'en va à vau-l'eau. La technologie s'impose lentement mais sûrement comme une voie d'avenir. Aidé d'une poignée d'avocats, Richard Wagner entreprend de faire campagne pour la création d'un Centre d'accès à l'information juridique (CAIJ) entièrement virtuel. Quatre ans après sa création, le CAIJ n'a plus besoin de présentation.

Diplômé en droit de l'Université d'Ottawa, Richard Wagner a joint les rangs du Barreau du Québec en 1980. Un choix qui s'est imposé très tôt pour lui. « Très jeune, raconte-t-il, j'ai eu la chance de voir un procès avec jury, et ça m'a énormément impressionné. Je pense qu'à partir de ce jour-là, je n'ai jamais dévié de ma trajectoire. Je voulais être plaideur. »

Le juge Richard Wagner
Le juge Richard Wagner

Un ambassadeur de choix

Pour Me Clément Samson, c'est aussi ce qui a contribué au succès de l'aventure entreprise avec le CAIJ. « Nous avions formé un comité formé de divers représentants pour mettre en place les bases du CAIJ, et Richard y siégeait à titre de bâtonnier de Montréal. Comme d'autres, il était un peu sceptique au départ, mais il s'est vite rallié. Une fois convaincu, c'est un ambassadeur extraordinaire. Nous lui devons beaucoup. »

Pour et par les avocats

Pour le principal intéressé, la mise sur pied du CAIJ relève encore aujourd'hui d'un véritable exploit. « Quand nous avons amorcé le projet, le réseau des bibliothèques était en pratique ruiné. C'était particulièrement difficile en région. Il fallait faire quelque chose, mais, rappelle-t-il, nous étions encore peu familiers avec les technologies de l'information. C'était donc pour nous une espèce d'acte de foi. Nous avons convaincu tout le monde d'embarquer, même ceux qui avaient accès à de bonnes ressources documentaires, et ça a fonctionné. Les gens ont accepté de mettre l'épaule à la roue. »

De rencontre en rencontre, Richard Wagner a su, selon Clément Samson, répandre la bonne nouvelle. « Il a littéralement pris son bâton de pèlerin pour convaincre la communauté juridique d'embarquer. Il profitait de toutes les occasions mises à sa disposition pour parler du projet et en faire la promotion. Même une fois son bâtonnat terminé, il est resté au comité. Il s'occupait de convaincre et de rallier les gens pendant que Pierre Mazurette, Michel Pinsonneault et moi travaillions davantage au développement technologique de l'affaire. C'était un travail d'équipe extraordinaire. »

Un fleuron du monde juridique

Lancé officiellement en décembre 2001, le CAIJ est aujourd'hui utilisé par l'ensemble des avocats membres du Barreau du Québec. Encore intarissable sur la qualité du projet, Richard Wagner considère pour sa part qu'il s'agit de l'une des plus importantes réalisations accomplies par l'Ordre au cours des années. « Dans l'histoire du Barreau du Québec, précise-t-il, peu de projets ont autant fait l'unanimité entre les gens. C'est un succès qui se compare avantageusement avec ce qui s'est fait du côté du fonds d'assurance. C'est pour moi un honneur d'avoir été mis à contribution dans ce dossier. »

Retour d'honneurs

Un honneur aussi de se voir reconnu par ses pairs pour cet engagement. « J'ai toujours eu beaucoup d'activités professionnelles et paraprofessionnelles. Pour moi, il est important de s'intéresser à ce que fait notre Ordre professionnel. Je n'ai par contre jamais pensé qu'on me remettrait un jour un prix pour souligner mon engagement. Je suis surpris et honoré de l'attention. D'autant plus que ça arrive à un moment charnière de ma carrière, alors que je viens à peine de commencer dans mes fonctions de juge. C'est extrêmement touchant. »

Tribun de tribune en tribune

En plus de son engagement comme bâtonnier de Montréal et de sa contribution à la mise sur pied du CAIJ, Richard Wagner a été gouverneur de la Fondation du Barreau du Québec et chargé de cours à l'École du Barreau du Québec. Il a aussi prononcé de nombreuses conférences en lien avec ses champs d'expertise dans les congrès et autres activités de l'Ordre.

Redonner à la communauté

Récemment nommé juge en Cour supérieure, district de Montréal, il entend continuer à partager sa passion et son savoir avec les membres de la communauté juridique. « Le travail de juge constitue pour moi un nouveau départ. C'est une nouvelle carrière qui débute. J'ai toutefois choisi de voir cela comme une occasion de redonner ce que j'ai reçu pendant 25 ans à titre d'avocat. C'est cette même volonté de communiquer qui m'anime depuis toujours, et je veux la garder bien vivante », conclut-il.

 

 
 

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