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Guylaine Boucher
« Notre objectif de départ était clair. Il fallait faire en sorte que la formation permanente ait un nouveau souffle, explique l'ancien bâtonnier, Me Denis Mondor. En partant du constat que la formation était une priorité, nous avons cherché les moyens de concrétiser tout cela et de respecter nos engagements. Je suis personnellement très fier du travail réalisé. Non seulement nous sommes parvenus à mettre fin à l'obligation d'autofinancement qui incombait au Service, mais nous ne sommes pas allés chercher un sou de plus dans les poches des avocats. »
Concrètement, de décembre 2004 à mars 2005, un groupe de travail, formé de la bâtonnière, Madeleine Lemieux, à la présidence, le bâtonnier Denis Mondor (2004-2005), Mes Jacques Houle, Fanie Pelletier, Pierre Chagnon, Magali Fournier, Marie-Josée Garneau et M. Claude Ducharme, a revu le fonctionnement du Service de fond en comble. Regard sur le travail effectué par d'autres ordres professionnels, analyse de la concurrence privée et publique dans le domaine de la formation juridique, segmentation de marché, comparaison avec certains barreaux canadiens, les efforts se sont multipliés. Tout a été fait dans les règles de l'art. Un échantillonnage a notamment été effectué auprès de 15 ordres professionnels pour savoir comment ils fonctionnaient en matière de formation. Le groupe de travail a ainsi pu vérifier le nombre d'activités de formation offertes, le genre de formation proposée, les coûts, la question de la propriété intellectuelle, la formation à distance, etc. Il a de plus porté une attention spéciale aux statistiques maison en matière d'inscription et aux états financiers.
Bilan de l'aventure? Ni tout à fait noir, ni tout à fait blanc, répond spontanément Claude Ducharme, un membre du groupe de travail. C'est que, si le Barreau se positionne bien sur certains plans, notamment sur celui du nombre de formations offertes, il accuse un retard certain sous d'autres aspects. En fait, s'il veut améliorer la formation offerte, le Barreau devra innover pour assurer un meilleur arrimage des champs de pratique et faire en sorte que les types de formations proposés correspondent vraiment aux besoins des avocats, qu'ils travaillent en petit ou en grand cabinet.
Dans un premier temps, les énergies iront à la diversification des types de formations offertes. Aux séminaires et journées de formation traditionnels devraient donc se greffer d'autres modèles d'enseignement. C'est le cas, notamment, des cours à distance, accessibles sur Internet, des conférences synchrones ou asynchrones et des programmes de cours échelonnés sur plus d'une période financière. Pour le groupe de travail, il est impératif de répondre aux besoins des membres éloignés des grands centres et de combler le manque de temps des autres. Il est conscient de plus que la flexibilité inhérente au e-learning et le fait que les avocats puissent, par exemple, faire un cours tranquillement le soir à la maison feraient l'affaire de plusieurs, qu'ils travaillent en région ou non.
Développer de nouveaux cours, surtout s'ils sont accessibles sur Internet, nécessite toutefois un certain lot d'engagements humains et financiers. Aussi, pour absorber les dépenses prévues, le groupe de travail a proposé d'établir divers partenariats durables avec des organismes reconnus pour leurs connaissances en formation à distance et en formation juridique. La grille des frais d'inscription devrait, elle aussi, être revue, de manière à être harmonisée avec celle du marché juridique actuel.
Par-dessus tout, croit le groupe de travail, l'idée à la base des changements amorcés est d'y aller progressivement, étape par étape. Développer des cours en e-learning peut nécessiter des investissements très importants et le groupe de travail est réaliste. Il ne pense pas tout mettre en place d'un seul coup et préfère développer trois ou quatre cours vedettes ne faisant pas plus qu'une heure la première année et de les rendre accessibles uniquement sur Internet, par tranche de 15 minutes. Ça limite les investissements, en plus de permettre de réajuster le tir si quelque chose ne va pas.
Le groupe de travail est fort optimiste. En fait, il est fort probable que certains cours soient offerts par voie électronique dès l'automne 2005. « Tout est possible, à condition que l'on garde le cap sur trois choses fondamentales, c'est-à-dire le fait que la formation est une priorité, qu'il est maintenant faisable d'envisager des changements dans nos façons de faire, sans devoir investir des millions de dollars, et qu'un avocat informé est un avocat qui risque d'utiliser les nouveaux services, ce qui veut dire qu'il faut aussi consacrer beaucoup d'énergie à faire la promotion de nos nouvelles façons de faire », indique Claude Ducharme.
L'adoption en assemblée générale des recommandations avancées par le groupe de travail a par ailleurs permis de confirmer l'investissement de 500 000 $ dans le projet. La somme sera puisée à même la cotisation de 40 $ déjà perçue ou à percevoir pour la campagne de publicité et de communication. Le Comité de formation permanente, dans la foulée, a aussi été mandaté pour déterminer la nature et le contenu des programmes, ainsi que les cours à offrir sur Internet.
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