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Le Dr Paul Assad, un spécialiste de la santé voyage, a répondu à ces questions et à bien d'autres au cours de l'atelier sur la médecine de voyage, un atelier primeur fort apprécié lors du dernier Congrès du Barreau du Québec tenu en juin. Un voyage, cela se prépare. Pour les congressistes qui en doutaient, le Dr Paul Assad, qui pratique la médecine de voyage depuis plus de 10 ans et qui a ouvert il y a un an sa clinique à Ottawa, les aura convaincus que partir bien informé, c'est faire de la prévention et prendre soin de soi et de sa santé.
Dr Paul Assad |
Si le médecin conseille de ne pas hésiter à parler de vos goûts personnels à votre agent de voyage, à savoir heure d'arrivée à destination, diète, etc., il suggère fortement de discuter avec votre patron des conditions de votre déplacement : « Il faudra peut-être penser à couper le voyage avec une escale, à partir un vendredi et prendre le week-end pour récupérer, et à faire de même au retour alors que vous avez encore la tête dans les nuages. Il pourra être judicieux de diminuer la charge de travail au retour, sans oublier de mettre la famille de la partie, car la compréhension des proches aide à diminuer le stress du voyage. »
La durée du voyage est également un autre facteur de stress à considérer. Une étude a révélé que, pour deux voyages de longue durée par année, les hommes étaient davantage dérangés sur le plan psychologique que les femmes. « On n'a pas d'explication scientifique, mais le fait demeure. » Aussi le voyageur doit-il s'assurer de pouvoir communiquer avec sa famille. « Le fait de restreindre les appels téléphoniques des employés peut augmenter le niveau de stress », note le Dr Assad.
Certes, une assurance-voyage doit couvrir les frais médicaux, mais aussi « les frais de justice, les frais de visite de membres de la famille en cas d'urgence et surtout les frais d'évacuation pour vous ramener chez vous sain et sauf », insiste le Dr Assad, qui invite le voyageur à bien examiner les termes de sa police d'assurance-voyage et celle d'assistance voyage.
Mais le Larium, prescrit afin de prévenir la maladie, inquiète les voyageurs. « Dans un cas sur 10 000, il peut provoquer une psychose suicidaire. Dans notre clinique, nous prescrivons au patient, deux semaines avant son départ, trois comprimés de Larium, une par jour, pour tester le médicament ici, au Canada. Un autre médicament peut être prescrit pour prévenir la malaria : le Malarone », explique le médecin, qui précise que la quinine, connue pour le traitement de la malaria, « ne prévient pas la malaria, elle ne fait que la traiter ».
Moins grave, la tourista (diarrhée) ne dérange pas moins un grand nombre de voyageurs, qui peuvent être forcés de rester au lit. Prévenir la déshydratation en buvant beaucoup, notamment du jus dans lequel on ajoute du sel et du sucre, est le conseil de base. « L'Imodium, offert en vente libre, doit être pris avec une dose d'antibiotique, car s'il réduit les crampes, il ralentit le transit intestinal et entretient la bactérie responsable », précise le médecin.
Il est préférable d'acheter ses médicaments ici, car, dans certains pays, ils peuvent être périmés.
S'ils sont essentiels, gardez-les sur vous, recommande le conférencier, « sans les mêler, dans des bouteilles claires contenant une seule prescription. Pour l'insuline, apportez-en une quantité double et, surtout, apportez vos propres seringues et aiguilles, accompagnées d'un certificat médical, et veillez à ce qu'elles soient jetées devant vous ».
Attention aux pompes pour les asthmatiques, car, dans les pays « verts », comme l'Allemagne et le Japon, elles seront confisquées.
C'est la mélatonine, une hormone synthétisée dans l'épiphyse, qui nous fait dormir. Absente le jour, présente la nuit, elle se contrôle avec les yeux.
Aussi, au moment de la planification du voyage, il sera utile de discuter avec votre agent des heures de départ et d'arrivée des vols et, autant que possible, de tenter d'arriver à l'heure la plus rapprochée du coucher. Si vous n'avez aucun choix, suivez le décalage horaire de votre destination afin de vous synchroniser, recommande le conférencier.
Ainsi, si on planifie un voyage à Paris, en se couchant une heure plus tôt chaque soir, on gagne trois heures. Faut-il prendre de la mélatonine? « Les recherches ne sont pas concluantes, et il faut éviter de la consommer. Afin d'augmenter vos chances de vous synchroniser, votre médecin peut vous prescrire un somnifère pour que vous puissiez vous endormir. »
Enfin, bien s'hydrater durant le vol, mais sans excès. On boira huit onces d'eau par heure. En raison du manque de mouvement et de l'altitude, l'excès d'eau s'emmagasine dans les tissus humains, et nous avons tendance à enfler.
Et, bon voyage! de la part du Dr Assad.
Médecin de famille ou clinique santé voyageSur 100 000 voyageurs par mois, 50 000 seront malades. L'agent de voyage peut se faire avare d'informations, particulièrement s'il craint que vous annuliez le voyage. Qu'on voyage par affaires ou pour le plaisir, Dr Paul Assad conseille aux voyageurs de visiter une clinique santé voyage deux à trois mois avant de partir, notamment pour les vaccins, dont certains sont exigés pour entrer dans un pays. « L'information que vous recevrez de votre médecin de famille pourra varier. Or, dans une clinique spécialisée, nous sommes plus précis avec le patient. Nous répondons à ses besoins spécifiques, nos informations sont tenues à jour et nous suivons les épidémies, les éruptions des volcans, ainsi que les inondations qui peuvent survenir dans différents pays. On a déjà vu des poursuites contre un médecin qui n'avait pas choisi le bon médicament pour la malaria », affirme le médecin spécialiste, qui, d'une certaine manière, souhaiterait que plus de poursuites soient instituées afin de forcer les médecins et les gouvernements à reconnaître cette spécialité. « Or, déplore le médecin, même le site Web de Santé Canada propose aux voyageurs de consulter leur médecin de famille ou une clinique santé voyage. » Pour connaître les adresses de cliniques santé voyage, communiquez avec le CLSC de votre quartier. |
Des sites pour en savoir plusPour les femmes qui voyagent seules, le fascicule Voyager au féminin, disponible à voyage.gc.ca (cliquez Publications, dans le menu Ressources), contient une foule de renseignements utiles, dont ceux pour faire échec au harcèlement. « Renseignez-vous le plus possible sur les coutumes locales », conseille Dr Assad. S'il vous manque encore des informations, vous pouvez prendre contact avec le conférencier à l'adresse traveldoc@rogers.com. |
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