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Volume 37, no 13
Septembre 2005

La rentrée à l'École du Barreau

De nouveaux visages pour un
nouveau programme

Yves Lavertu
Elle est d'origine coréenne tandis que sa consœur est née en Égypte; quant à lui, il vient d'Haïti. Ces trois jeunes diplômés en droit viennent d'entreprendre leurs cours à l'École du Barreau. Ils représentent les nouveaux visages de la profession, non pas celle de demain, mais celle d'aujourd'hui.

Le 15 août, à la Maison du Barreau, à Montréal, Mme Hyon Min Lee, Mme Mayada Gad El Rab et M. Jean Myrthil St-Louis figuraient parmi les convives au cocktail de la rentrée offert par le Centre de Montréal de l'École du Barreau. L'évènement a réuni de nombreux étudiants qui, tout comme eux, souhaitent devenir avocats. Ils sont 1 023 étudiants à s'être inscrits dans l'un des quatre établissements administrés par l'École du Barreau.

La directrice du Centre de Montréal de l'École du Barreau donnait le grand coup d'envoi pour le nouveau programme de formation.
La directrice du Centre de Montréal de l'École du Barreau donnait le grand coup d'envoi pour le nouveau programme de formation.

La rentrée scolaire était également soulignée dans les trois autres Centres de l'École : Québec, Ottawa et Sherbrooke.

Le dernier sprint

Aux étudiants arrivés au seuil de ce « dernier sprint », la bâtonnière du Québec, Madeleine Lemieux, dans son allocution de bienvenue, a présenté la mission et les services du Barreau, en plus de leur rappeler les visées du tout nouveau programme, dont les cours débutaient le lendemain.


Le premier contact établi par la bâtonnière avec les étudiants en fut un de partenariat. Me Lemieux a exposé avec on ne peut plus de clarté ce à quoi l'Ordre des avocats s'attend de ces futurs praticiens. Elle a su décrire avec verve, conviction et pointe d'humour ce qu'est le Barreau, et ce, dans toutes ses entités qui, en définitive, ne sont liées que par un seul et même but : protéger le public.
Bâtonnière n'a pas manqué de presser les étudiants de mettre haute la barre de leurs exigences envers l'École!

Ce qu'on attend de vous, leur a-t-elle annoncé : « Que vous preniez votre passage à l'École comme une occasion qui vous est donnée d'apprendre ce qu'est le métier d'avocat et surtout d'apprendre à devenir de bons avocats. Que vous vous sentiez responsables de votre formation et que, dès aujourd'hui, vous vous sentiez déjà un pied dans la profession et que vous puissiez dire avec fierté : "C'est mon Barreau". »

La question de l'image de la profession constitue l'un des défis que doit relever le Barreau. « C'est aussi votre défi à vous », a-t-elle tenu à leur rappeler.

Trois parcours

Tout comme les autres étudiants de l'École, Jean Myrthil St-Louis espère réussir cette ultime étape pour devenir membre du Barreau. Arrivé d'Haïti à l'âge de 15 ans, ce finissant de l'UQAM souhaite exercer en droit criminel. C'est là, dit-il, qu'il pourra être le plus utile « sur le plan social et individuel ». Disant remarquer une « évolution » du nombre de personnes issues de sa communauté qui veulent devenir avocats, il estime que le phénomène contribuera à corriger une certaine « carence » des effectifs à cet égard.


Les étudiants ont eu droit à une présentation vidéo qui rend compte des perceptions que les citoyens ont des avocats… et aussi que les avocats ont d'eux-mêmes et de l'institution du Barreau. Une vidéo haute en couleurs… qui n'a pas manqué de tirer le fou rire de la salle. Ici, la bâtonnière Lemieux entourée de Me Robert Primeau, directeur du Service aux membres du Barreau et de la Corporation de services (gauche) et de Me William Dufort, directeur de l'Inspection professionnelle du Barreau.

D'origine coréenne, Hyon Min Lee n'a pas encore décidé dans quel champ du droit elle veut travailler. Pour le moment, elle souhaite plutôt se « laisser une chance » et voir en cours d'année ce qu'elle va aimer vraiment. Diplômée de l'Université de Montréal, elle parle le coréen, le français et l'anglais.

Les avocats coréens, constate-t-elle, se font encore bien rares à Montréal. Mais il y en a tout de même quelques-uns, note-t-elle. « Je crois que cela commence à se développer. »

Mayada Gad El Rab ne passe pas inaperçue, car elle porte le voile islamique. Née à Port-Saîd, en Égypte, sur les bords de la Méditerranée, Mayada se dit bien consciente de représenter, avec sa consœur qui l'accompagne et qui porte également le foulard, une sorte d'exception dans le milieu du Barreau.

Aujourd'hui, son hijab est noir, précise-t-elle, parce qu'il s'harmonise bien avec son ensemble bleu. Cela dit, elle aime bien porter des foulards de différentes couleurs. Il est d'ailleurs important pour elle de soigner son apparence afin, dit-elle, de « bien représenter les femmes voilées ».

La jeune femme de 26 ans, qui a opté pour le port du voile à la suite du décès récent de sa grand-mère, se dit bien accueillie dans le milieu où elle a choisi de s'accomplir. Pour elle, les relations se vivent normalement. Avec les autres, raconte-t-elle, « je ne pense pas que j'ai quelque chose sur la tête. C'est comme si ça n'existait pas ».

Accident, puis retour à la vie et retour au Barreau

Membre du Barreau de 1983 à 1993, celle que nous appellerons Christiane est retournée sur les bancs d'école pour redevenir avocate. Elle suit le programme de cours préparatoires de l'École. Ce retour à la profession, elle le doit à un accident d'automobile survenu en 2003.

Le juge en chef adjoint de la Cour supérieure, André Deslongchamps, en compagnie de la directrice de l'École du Barreau du Québec, M<sup>e</sup> Lise Tremblay
Le juge en chef adjoint de la Cour supérieure, André Deslongchamps, en compagnie de la directrice de l'École du Barreau du Québec, Me Lise Tremblay

Cette année-là, le drame l'a fait basculer dans une invalidité qu'elle vit alors douloureusement. «Cela a changé ma vie », confie-t-elle. Durant cette période, elle reste cloîtrée à la maison. Mais la roue recommença à tourner lorsque des gens de son village des Laurentides frappent à sa porte. Sachant qu'elle a déjà été avocate, ils veulent qu'elle les aide dans des démarches qui exigent une expertise juridique. Christiane accepte et se met alors à accompagner bénévolement une foule de personnes, dont certaines ont été victimes d'actes criminels. « Cela m'a redonné le goût de vivre », déclare-t-elle.

Aujourd'hui, elle veut redevenir une vraie avocate afin d'aider encore davantage les personnes aux prises avec des demandes d'indemnisation et qui doivent « se battre contre une immense machine ». Son bénévolat lui a redonné l'estime de soi, et elle veut continuer à se sentir utile. Pour elle, ce retour à la pratique représente « une nouvelle vie »!

 

 
 

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