ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.
La création de la Cour pénale internationale n'est pas seulement la victoire d'un groupe d'États et d'organisations internationales, c'est surtout celle d'une multitude d'organisations non gouvernementales (ONG) qui ont œuvré et continuent de le faire pour une justice internationale.
William Pace, coordonnateur de la Coalition pour une Cour pénale internationale |
Coordonnateur de la Coalition pour une Cour pénale internationale (CCPI), William Pace travaille à la promotion d'une Cour pénale internationale juste, efficace et indépendante depuis les débuts de la coalition, en 1995. À l'époque, quelques centaines d'ONG étaient engagées. Aujourd'hui, après 10 ans, ce sont plus de 2 000 ONG qui supportent la CCPI, de façon plus ou moins active.
« Les organisations de la société civile ont eu un rôle fondamental à jouer dans l'écriture du traité, dans la ratification du traité par les États l'ayant signé et dans l'établissement de la Cour », souligne William Pace.
À l'exception peut-être de la Convention d'Ottawa, entrée en vigueur en 1999, où la Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnelles a eu beaucoup d'impact, il n'existe pas d'autre traité intergouvernemental de niveau international où la société civile a apporté une contribution aussi importante.
« Mais dans le cas des mines antipersonnelles, il n'y a pas de renforcement, il n'y a pas de bases ni d'organisation internationale qui s'en occupe, souligne le coordonnateur. En ce sens, c'est un précédent dans la société civile mondiale et pour les ONG. Il n'y a pratiquement aucun aspect de la CPI où les ONG ne sont pas profondément engagées en ce moment. »
Parmi les employés de la CPI, les chercheurs qui s'y intéressent et les organisations environnantes, il y a aussi un certain consensus autour de l'importance des ONG et de la CCPI dans la mise en œuvre du Traité de Rome, qui a mené à la création de la CPI.
Darryl Robinson, conseiller juridique au bureau du procureur à la CPI, a justement commencé à s'intéresser à cette Cour par l'intermédiaire d'ONG. « Ce sont ces organisations qui ont poussé la CPI dans l'agenda des États, ont créé un momentum, une pression sur les États en 1998, et ont poussé le processus de ratification, explique-t-il. La CPI est majoritairement un projet et un produit d'ONG. »
La CCPI a maintenant droit de parole dans l'établissement de la Cour, au chapitre du fonctionnement, pour la régulation des juges, lors des réunions de l'Assemblée des États parties. « Nous n'avons pas le droit de vote, mais ce que nous amenons, c'est le pouvoir de notre expertise, celui de la persuasion et de la transparence que nous promouvons », souligne M. Pace.
Le rôle de liaison devient donc essentiel. « Les ONG ont une expertise que la Cour n'a pas nécessairement. Quand la Cour a besoin d'aide, on sollicite nos membres, on va coordonner », résume Kristèle Younès, officière juridique à la CCPI.
Kristèle Younès, officière juridique à la CCPI |
© Barreau du Québec 1996-2012