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Volume 37, no 13
Septembre 2005

Premiers finissants en droit-MBA au Québec

Dix étudiants tirent une
combinaison gagnante

Maryse Mathieu
Les entreprises et les cabinets d'avocats se les arrachaient déjà avant la fin de leur dernière session, les 10 étudiants du programme en droit-MBA, les premiers au Québec!

Ayant amorcé cette formation unique, née à l'Université de Sherbrooke en 2001, les étudiants voient leurs efforts promptement récompensés : un emploi garanti par la reconnaissance de la richesse de leur baccalauréat en droit combiné à une maîtrise MBA, réalisés en quatre ans seulement.

« Le cabinet Ogilvy Renault à Québec m'attend pour la fin de mes études depuis que j'y ai obtenu un poste lors de la course aux stages pendant ma deuxième année de formation », raconte Jésabel Bégin-Roux.

« À chaque entrevue, pour les trois stages du baccalauréat, les employeurs écarquillaient les yeux lorsque nous leur parlions de notre double formation avantageuse », se souvient l'étudiante de 24 ans, originaire de Victoriaville.

Au cours d'un de ses stages pour une entreprise de haute technologie au Massachusetts, Jésabel Bégin-Roux s'est vu confier des tâches financières, telles la collaboration à la présentation du rapport annuel, avec de très grosses productions statistiques et la responsabilité des contacts avec les bureaux de vente partout dans le monde. Auparavant stagiaire chez Ogilvy Renault au cabinet de Toronto, elle était plutôt affectée au marketing. « J'analysais le marché et la compétition pour d'éventuels clients », livre celle qui a découvert ainsi le nouveau domaine juridique du Corporate Governance.

Un regard économique sur une démarche juridique

Chez Fraser Milner Casgrain, important cabinet montréalais avec clientèle d'affaires, l'atout MBA est indéniable. « Les étudiants en droit-MBA comprennent bien les impacts économiques d'une démarche juridique », observe Me Louise Violette, directrice du développement professionnel de ce bureau d'avocats, qui reçoit des stagiaires pendant 12 semaines depuis trois ans. « Des fonctions de nature administrative leur sont confiées, en collaboration avec nos départements de comptabilité, ressources humaines et marketing », explique-t-elle.

Au ministère de la Justice, à la Direction générale des affaires juridiques et législatives, Jean-Paul Dupré, directeur général adjoint, admet choisir les stagiaires en droit-MBA pour leur profil en administration, en management et en marketing, tout en appréciant leur grande force en droit. « Ils se démarquent par leur capacité d'analyse et leur vision fraîche sur la gestion moderne, mentionne-t-il. Car ils doivent être en mesure de faire de la gestion dans un monde juridique, qui régit des lois et règlements pour tous les ministères du gouvernement. »

M. Dupré souligne que ces diplômés ont une longueur d'avance par leur compréhension du système économique et financier. En stage, il n'hésite pas à leur confier des projets ou à réclamer leur participation aux réunions des gestionnaires de son ministère, regroupant 350 juristes au service du gouvernement québécois.

Considéré comme une solide formation en droit combinée à une spécialité MBA, ou l'inverse, ce programme ouvre des horizons nouveaux.

Deux diplômes, trois stages

« La double diplomation permet l'obtention d'emplois non traditionnels, soutient Lucie Laflamme, vice-doyenne à l'enseignement à la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke. Nous avons d'ailleurs compensé l'expérience exigée pour l'admission au MBA par trois stages rémunérés, qui offrent souvent à nos étudiants une voie différente sur le traditionnel droit corporatif. » Elle précise que les performances académiques sont considérées à l'inscription et que ce ne sont pas tous qui sont demeurés dans le train : « Ils étaient 14 candidats au début du programme; ils n'étaient plus que 10, à la fin. »

« Ces stages, qui visent à développer les connaissances pratiques, sont d'autant plus importants que les participants sont en général plus jeunes que ceux des programmes MBA traditionnels et n'ont donc pas, à première vue, une expérience de vie comparable, allègue Jean-Paul Dupré. Nous prenons des stagiaires depuis le début du programme et en avons toujours été très satisfaits. »

Une main d'atouts

Pour Julie Vallières, qui fut de la première cohorte, la formation rejoint ses deux centres d'intérêt. « Au moment de m'inscrire à l'université, j'hésitais entre le droit et l'administration, dit-elle. Déjà, au cégep, étant inscrite au profil administration, j'avais choisi des cours en droit. » L'étudiante, également douée pour les ressources humaines, avoue avoir considérablement apprécié, pendant l'un de ses stages, sa participation à des closings de transactions. « Il est évident que certains avocats sont d'excellents négociateurs, mais pas nécessairement de bons gestionnaires, consent l'observatrice. Il faut très souvent voir au-delà des solutions juridiques ou des articles du Code civil. »

Ce ne fut pas de tout repos que de condenser deux formations exigeantes en quatre ans, sans répit estival. « Ça valait le coup, lance Julie Vallières, qui a quand même trouvé le temps d'être auxiliaire d'enseignement pour un cours de recherche juridique en première année du bac. Je suis convaincue que cette formation est révolutionnaire. »

 

 
 

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