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Le milieu juridique manquant parfois de ressources, les avocats s'entraident dans leurs dossiers, surtout pour les questions de droit. Alors que les jeunes avocats engagés dans de grands bureaux de Québec se trouvent habituellement un mentor naturel au sein même de leur organisation, qu'en est-il pour les jeunes avocats œuvrant en région, ou pour les nouveaux travailleurs autonomes?
C'est pourquoi, l'an dernier, le Jeune Barreau de Québec a remis sur pied le Service de parrainage. En fait, il avait été créé en 1996, puis mis de côté. « On a reçu beaucoup de demandes pour remettre en fonction ce service. De la part des jeunes, qui sentent le besoin d'être épaulés dans leur pratique, mais aussi des parrains, qui constatent eux aussi le manque de ressources », indique la responsable du service, Me Marie-Douce Huard.
C'est également dans le but de briser l'isolement des jeunes avocats travaillant en périphérie de la région de Québec que le service a repris vie. De plus en plus de jeunes avocats se lancent seuls en affaires, ou se joignent à de très petits cabinets, et, mis à part les bouquins et la jurisprudence, peu de ressources peuvent les aider. Peu d'avocats prennent le temps de s'arrêter pour discuter du droit et de sa pratique, constatent certains jeunes diplômés.
« Nous voulions mettre en relief l'esprit de solidarité qui existe entre les jeunes et leurs aînés, avance Me Huard, et hausser la qualité des services professionnels aux justiciables. »
La plupart des questions sont réglées en un seul appel. D'autres nécessitent un retour par courriel, par téléphone ou en personne. De jeunes avocats ont d'ailleurs demandé un service-conseil électronique, mais la réponse des plus expérimentés semble mitigée.
À l'heure actuelle, 19 avocats de plus de 10 années d'expérience se partagent les tâches de parrainage et répondent aux questions des jeunes avocats. Ils sont spécialisés dans des domaines fort distincts : la succession, le droit criminel, la propriété intellectuelle, le droit familial, les services gouvernementaux, etc. Dans cette équipe expérimentée, on retrouve aussi deux huissiers et un arbitre de grief.
Ce sont surtout les hommes pratiquant depuis au moins 10 ans, dans la région de Québec, qui offrent leurs services. Ils consentent tous à recevoir au moins deux appels par mois, parfois plus, selon leur disponibilité.
Au cours des derniers mois, le Jeune Barreau a publié des mémos dans Proforma, le bulletin de liaison des avocats de la section de Québec, pour faire la promotion de son service. Plusieurs avocats se sont alors montrés intéressés par le service. « Et aujourd'hui, on a plus de parrains que de protégés », constate Me Huard, arguant que les jeunes sont encore réticents à demander de l'aide.
Le Service de parrainage pourrait toutefois s'élargir prochainement à des suivis sur certains dossiers ou dans des secteurs plus litigieux et spécialisés, où il y a peu de relève.
Les demandes d'aide doivent devenir un réflexe. Les consultations téléphoniques pourraient également porter sur l'éthique, la pratique, les trucs du métier, les relations avec les clients et les honoraires, par exemple. « On veut éviter d'accaparer les parrains, mais si des associations se forment naturellement, nous allons les encourager. Il faut surtout maximiser les services et les ressources à proximité », affirme Me Huard.
Timidité à prendre le témoin?Des ressources aguerries sont prêtes à passer le témoin et à faire la courte échelle, mais peu de jeunes barreaux savent que ce service est à leur disposition… N'hésitez pas à répandre la nouvelle!Pour devenir parrain ou pour joindre un parrain, contactez Me Marie-Douce Huard, (418) 522-4580 ou marie.douce.huard@clcw.qc.ca. |
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