ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.
Par-delà les mouvements de sympathie, aussi spontanés qu'éphémères, qu'engendrent les catastrophes naturelles comme celles récemment survenues en Asie du Sud-Est, des dizaines de milliers de gens travaillent chaque jour à améliorer le sort des plus démunis un peu partout sur la planète. De nombreux avocats sont du lot.
Très souvent bilingues et familiarisés aux deux systèmes de droit : civil et common law, les juristes québécois sont accueillis à bras ouverts par les organismes à vocation internationale, en quête perpétuelle d'avocats compétents. Si le monde vous intéresse…
Nations unies, Croix-Rouge ou Tribunal pénal international, il suffit de jeter un coup d'œil au répertoire des juristes québécois pour mesurer à quel point la pratique du droit se mondialise. Année après année, un nombre grandissant de membres du Barreau du Québec plient bagage et prennent le train du droit international.
Rapidement, il devient responsable d'une équipe d'enquête sur le génocide. Jour après jour, il amasse les preuves qui seront ensuite utilisées par les avocats officiant au Tribunal pour le Rwanda.
Il n'a pas véritablement posé ses valises depuis. Après cinq ans passés au Rwanda, dont plusieurs années au Bureau du procureur à Kigali, il fait un séjour à Genève le temps de compléter une formation de deuxième cycle en droit international, puis rejoint l'équipe de Lutte contre les crimes de guerre du gouvernement canadien. Un passage de courte durée qui le mènera en Sierra Leone, où il agit depuis deux ans à titre de chef des poursuites pour la Cour spéciale du Sierra Leone, une organisation internationale créée conjointement par le pays et l'ONU. Des expériences toutes plus enrichissantes les unes que les autres, qu'il avait peine à s'imaginer possibles.
Monter un campement, organiser un bureau de fortune, mettre des enfants au monde, transporter des blessés, du point de vue de Luc R. Côté, la dure réalité des pays en crise rattrape aussi très rapidement les gens qui choisissent de faire de l'action humanitaire. " Que l'on soit avocat, médecin ou agronome, quand on fait de l'humanitaire, c'est qu'il y a une crise. Il a des moments où ça prend toute la place et où il faut mettre l'épaule à la roue, point à la ligne. Si on s'assoit sur notre définition de tâche en se disant, je suis avocat et je ne ferai rien d'autre, il vaut mieux faire ses valises et rentrer au pays. "
Faire preuve d'ouverture d'esprit, être prêt à travailler en équipe, être flexible, capable de s'adapter rapidement à des contextes changeants est fondamental. La conviction et le désir profond d'aider ou de contribuer sont aussi des éléments incontournables. " J'ai souvent vu des gens renoncer à des salaires et à des conditions de travail très intéressants parce qu'ils croyaient à leur rêve d'aller travailler dans le secteur humanitaire, parce qu'ils avaient envie de se sentir utiles. Ça en dit long sur leur motivation. Quand on est à l'étranger, dans un contexte de crise perpétuel, on ne peut se permettre que les gens abandonnent en cours de route. Il faut donc qu'ils soient convaincus et convaincants, et l'argent n'a pas grand-chose à y voir ", illustre le juriste.
© Barreau du Québec 1996-2012