ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.
Une chaire de rédaction juridique verra bientôt le jour. Point de rassemblement pour les chercheurs et lieu de formation, cette chaire, qui sera établie à l'Université Laval, permettra de traiter de manière globale et approfondie de cet aspect particulier du droit. " Nous voulons créer un milieu de spécialistes de la rédaction juridique ", précise Me Pierre Lemieux, doyen de la Faculté de droit de l'Université Laval.
Pierre Lemieux, doyen de la Faculté de droit de l'Université Laval |
Cette collégialité se reflète déjà dans la composition du comité de proposition de la chaire, formé de Pierre Issalys, professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval, Me Lisette Savard, de la Direction du secrétariat et des affaires juridiques de la Société de l'assurance automobile du Québec, et Me Richard Tremblay, légiste à la Direction de la législation gouvernementale au ministère de la Justice du Québec.
La maîtrise avec essai viserait l'acquisition et le perfectionnement de connaissances débouchant sur une pratique professionnelle. La maîtrise avec mémoire se ferait dans une perspective de recherche et permettrait l'accès au doctorat. Quant au microprogramme, il s'adresserait aux candidats justifiant d'une expérience professionnelle suffisante en rédaction juridique, et s'apparenterait à un " supermarché de la formation continue ".
Le début des activités de recherche, et ensuite de formation, sera conditionnel à l'obtention de ces fonds. Il s'agira de la première chaire capitalisée rattachée à la Faculté de droit de l'Université Laval. Dans le contexte actuel de restrictions budgétaires universitaires, Me Lemieux ne cache pas qu'il voit dans cette formule une façon d'attirer à Québec chercheurs et étudiants.
Il est par ailleurs d'ores et déjà convenu que la nouvelle chaire portera le nom de Louis-Philippe Pigeon. " Louis-Philippe Pigeon a contribué au développement de la rédaction juridique de telle façon que le choix de son nom allait de soi ", dit Me Lemieux.
Spécifiquement dans le domaine de la rédaction législative et de réglementation, les auteurs soulignent l'absence de relève depuis que la formation des légistes, tant à Québec qu'à Ottawa, a été interrompue au cours des années 90. " Les acquis sont donc compromis à moyen terme, notamment au Québec, par l'absence de relève. Il y a une urgence particulière à développer de nouveau la formation des légistes. "
Aucune faculté universitaire au Québec n'offre de formation en rédaction législative. À l'Université Laval, par exemple, on offre un seul cours, optionnel, comportant un volet en rédaction législative.
Bien que Me Lemieux précise que " l'objectif de la chaire de rédaction n'est pas d'enrichir les programmes offerts par la Faculté de droit aux trois cycles d'enseignement ", il est probable que celle-ci engendrera des retombées positives sur le programme actuel, comme l'anticipe le comité.
Le choc créé par les nouvelles technologies de l'information et de la communication alimente aussi le besoin d'étudier spécifiquement la rédaction juridique. Instantanéité, fluidité, disponibilité caractérisent le corpus juridique contemporain. La jurisprudence " en ligne ", l'existence de collections complètes de législations en vigueur, tenues à jour et consultables rapidement, ou encore la conception de textes normatifs assistée par ordinateur, font partie de la réalité du juriste. Cette nouvelle pratique, en constante évolution, a notamment pour conséquence d'accélérer le travail du juriste, rendant le défi de la qualité rédactionnelle encore plus difficile à relever.
La mondialisation entraîne l'harmonisation des normes et une concurrence entre les États quant à leur qualité. Elle suscite leur désir de servir de modèle et place les juristes devant la tâche de maîtriser pleinement leur langage national, en plus de celui émanant des ordres supranationaux et internationaux.
En outre, l'apparition de plusieurs types " émergents " de textes, par exemple des études d'impact, des instruments de planification et d'orientation ou encore des textes de réglementation et administratifs de gouvernements autochtones, pousse le groupe de travail à souligner l'urgence de développer une réflexion et d'acquérir des connaissances en matière de rédaction juridique.
Le juriste Pigeon a œuvré activement à la formation des légistes québécois, faisant office de précurseur en ce domaine. Il est l'auteur de nombreux écrits et publications d'importance en rédaction, tant juridique que législative, qui font toujours autorité.
© Barreau du Québec 1996-2012