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Pour énigmatique qu'elle puisse paraître à première vue, la formule " Défaut de répondre " associée à une plainte, dans le langage du Comité de discipline du Barreau, n'en décrit pas moins une réalité que le commun des mortels comprend lorsqu'une personne ne donne pas suite à une démarche qui visait à entrer en contact avec elle.
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Retrouver son nom inscrit sur une liste du comité disciplinaire de son ordre professionnel pour avoir négligé de répondre à ses clients, à ses pairs ou à son association requiert une constance majeure dans cette voie. Avant d'en arriver à cette ultime étape, l'avocat aura vu s'allumer différents signaux et aura simultanément eu l'occasion d'apprendre à développer une habitude que l'on aurait pu croire élémentaire : celle qui consiste à donner signe de vie.
Au sortir de leur stage, plusieurs entreprennent de fonder un petit cabinet avec en mains peu de ressources, et un encadrement à l'avenant. Tenus de jouer les hommes-orchestres, ils portent, tour à tour ou simultanément, les chapeaux de secrétaire, de réceptionniste… et d'avocat, etc.
Dans ces conditions, rappeler un client qui s'est manifesté il y a peu glisse parfois au bas de la liste des priorités, et cela, aux dépens du principe voulant que si un consommateur satisfait le signale à son entourage, le client mécontent, lui, le fait savoir bien davantage.
Ainsi, cherchant à parer au plus urgent, l'avocat à la gestion du temps problématique remet à plus tard le moment du rappel. Il doit tout d'abord, pense-t-il, se rendre en vitesse à la Cour. Une fois ce devoir accompli, une nouvelle tâche le sollicite déjà : il lui faut immédiatement plancher sur l'action à mener le lendemain.
Emporté par ce tourbillon, le juriste ne prend pas davantage le temps de rappeler le confrère qui souhaite obtenir des nouvelles d'un dossier ou qui cherche à négocier avec lui dans une affaire. Pour cela, il faudrait des journées de 48 heures. Primo, se dit-il, il y a les procédures à rédiger. Secundo, il faut aller déposer le document au bureau de l'huissier. Sans compter qu'au retour, un rendez-vous est prévu avec une personne intéressée par ses services.
" Informez votre client plus régulièrement, recommande-t-on. Si vous n'êtes pas capable de le faire parce que vous êtes en procès, il n'est pas compliqué de rappeler du palais de justice pour laisser un message au client et lui dire que vous ne l'oubliez pas. Cela prend deux secondes. Et il sera rassuré. "
Avec le confrère qui attend, la même attitude est préconisée. En cas d'empêchement, il est facile de lui envoyer un court message par courriel ou par télécopieur pour fixer un rendez-vous téléphonique.
C'est ainsi que les dossiers de ces avocats finissent par prendre le chemin du Comité de discipline. Dans ces cas majeurs, la promesse de corriger les choses avait, elle aussi, été reportée à un hypothétique lendemain.
*… tout à l'opposé du droit.
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