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Dans le premier groupe figure cette grand-mère qui, lorsqu'on s'adressait à elle pour savoir où se cachait le voisin, répondait avec aplomb et sans se douter du jeu de mots : « Il est à la caverne. Si vous voulez aller le quérir, c'est là qu'il se trouve. »
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Appartiennent à la deuxième catégorie, pourrait-on croire, un certain nombre d'avocats. Mais l'endroit d'où sont lancés certains mots importe peu, finalement, lorsqu'un professionnel use de sa rhétorique pour invectiver un confrère ou une consœur.
Qu'ils soient tenus en Cour ou à l'extérieur du tribunal, les propos de taverne portent à conséquence. Ils laissent des traces sur celui qui les encaisse et non seulement ils empoisonnent une relation entre membres du même Ordre, mais contribuent également à ternir l'image de la profession.
Untel veut porter plainte parce que son confrère, dit-il, lui a écrit une lettre remplie de bêtises. Tel autre, à la sortie de la Cour, s'est fait cavalièrement envoyer promener par son interlocuteur, et ne veut pas que l'affaire en reste là.
Présenté comme un élément malheureux, mais quasi inévitable de la chronique annoncée d'un dérapage, le stress a fait sauter les plombs, plaident certains. Mais les choses auraient-elle pu se solder autrement et, qui plus est, devaient-elles nécessairement connaître leur dénouement par l'intermédiaire du Bureau du Syndic?
Si la bisbille entre avocats est déjà portée à sa connaissance, les parties concernées sont invitées, à moins qu'il ne s'agisse d'un cas grave ou récurrent, à chercher entre elles une façon de désamorcer la chicane. Une ligne de conduite leur est proposée. Ce mode d'emploi s'applique tout autant aux situations où l'altercation n'a pas encore éclaté.
Dans un contexte où l'air est inflammable, il est conseillé plus que jamais d'éviter de personnaliser les dossiers. Prendre du recul, exercer le détachement redonnent de la vigueur à une objectivité qui n'en mène pas toujours large dans les circonstances.
Et puis, ce n'est pas pratiquer la langue de bois que de s'abstenir de répondre sous le coup de la colère. Il s'agit même de la règle d'or à observer lorsque son sang ne fait qu'un tour.
Au téléphone, essayer de ne pas monter le ton constitue bien sûr l'idéal. Mais, à défaut d'y parvenir, mieux vaut encore annoncer son intention d'en rester là pour l'instant.
Même attitude à calquer à propos de la lettre reçue que l'on met momentanément de côté pour cause d'urticaire.
Lorsque le signal orange s'allume, certains réflexes sont utiles pour stopper l'escalade. « Écoutez, vous m'en avez fait part. Je vais y penser de mon côté. Vous aussi, pensez-y, et on s'en reparle d'ici 24 ou 48 heures. »
Telle peut être, suggère-t-on, l'une des formules toutes prêtes auxquelles il faut savoir recourir. Elle confère le temps de répit nécessaire pour accoucher de propos plus posés que ceux propres à alimenter la surenchère.
Car se condamner à changer de trottoir pour ne pas avoir à adresser la parole à un confrère avec lequel on est en conflit rajoute au stress du métier, un stress qui, à son tour, peut entraîner à tout moment de nouvelles sorties de route.
* … tout à l'opposé du droit.
Dans le champ gauche aborde diverses questions relatives à la civilité, à la courtoisie et à des points du Code de déontologie. Cette chronique est une initiative du Bureau du Syndic du Barreau du Québec.
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