ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.
Certains membres du Barreau sont réticents à participer aux séances de conciliation judiciaire à la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec. Une meilleure définition du rôle actif de l'avocat pourrait faciliter leur participation.
Pour réfléchir à de nouvelles façons de procéder et d'aborder la question, on a organisé en janvier dernier une journée d'information et d'échanges sur la conciliation. Il s'agissait, en fait, d'une suite logique de la mise sur pied, en 2003, du projet pilote sur la conciliation en Chambre de la jeunesse.
Me Jean Simon Gosselin; Paule Gaumond, juge en chef adjointe; Daniel Côté, directeur de la protection de la jeunesse à Québec; et la juge Colette Duford |
Le Barreau du Québec, la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, les Centres Jeunesse de Québec et de Chaudière-Appalaches, le service jeunesse du Centre communautaire juridique de Québec, et la Faculté de droit de l'Université Laval avaient invité à cette journée les intervenants sociaux, les avocats et la magistrature.
La rencontre a permis de sensibiliser les participants à la conciliation et de les consulter, au cours d'ateliers, sur les moyens d'améliorer son fonctionnement. Du nombre des avocats ayant accepté l'invitation, le bâtonnier du Québec, Me Denis Mondor, a déclaré que cette journée aura permis à chacun d'exprimer sa vision, d'entendre les points de vue différents des autres et de connaître leurs diverses expériences. « C'est une manifestation d'ouverture », a-t-il fait valoir.
Présente à cet atelier, la juge en chef adjointe de la Cour du Québec, Chambre de la jeunesse, Paule Gaumond, a indiqué que les avocats devront faire des ajustements à leur façon habituelle de travailler. En effet, en conciliation, l'avocat œuvre dans les coulisses, et non sur le devant de la scène comme au tribunal.
L'avocat doit aider le client à décider d'aller ou non en conciliation, et à se préparer en vue de la séance présidée par le juge-conciliateur. Dans son rôle, il pourra aussi parler au nom du client si nécessaire, et l'assister lors de la conciliation, en particulier en interrompant les échanges pour discuter en privé avec son client et en rédigeant l'entente s'il y a lieu.
Cependant, si, dans une conciliation en particulier, un avocat n'a pas à parler, il ne devrait pas se sentir inutile pour autant, estime la juge Gaumond : « Il va falloir que les avocats apprennent à s'estimer dans cela. »
Me Hurtubise pense que l'avocat peut être actif dans une conciliation, si son rôle et celui du juge sont bien balisés. « Pour l'instant, les règles ne sont pas claires », estime-t-il.
Un document émanant de la Cour du Québec, qui précise le rôle de tous les intervenants : juges, avocats, intervenants sociaux et experts, en plus de faciliter le travail de chacun, servirait aux avocats à préparer les jeunes ou les parents qui participeront à une conciliation.
« S'il n'y a pas de règles sur la conciliation judiciaire dans le règlement de la Cour, c'est qu'on voulait d'abord faire un projet pilote, a indiqué en entrevue la juge Gaumond à l'issue de la journée. On veut consulter le Barreau avant. » La juge pense être en mesure de distribuer, d'ici juin, un document qui reflétera les suggestions faites durant la journée d'information et d'échanges. Les règles sur la conciliation pourraient être finalement incorporées au règlement de la Cour l'an prochain.
Par ailleurs, les dossiers impliquant des débats entre experts ne se prêtent pas bien à la conciliation.
Dans l'atelier sur le rôle de l'avocat, on a souligné qu'il appartient à ce dernier d'évaluer la capacité du client à faire face au stress que représente la séance de conciliation.
Quant à l'adolescent, il devrait demeurer présent pendant toute la séance, sauf exception, par exemple s'il risque d'encourir un préjudice ou si les discussions deviennent orageuses, a affirmé un participant.
1 Il s'agit de situations où l'un des parents entreprend contre l'autre parent une campagne de dénigrement à laquelle il fait participer activement l'enfant commun.
© Barreau du Québec 1996-2012