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Comment résoudre le différend qui oppose l'acheteur désirant payer seulement lorsque les services ont été rendus de façon satisfaisante au vendeur désirant être payé à l'avance ou au prorata de l'avancement des travaux ?
Les avocats qui investissent la pratique du champ international doivent se familiariser avec le b.a.-ba d'un univers singulier.
L'aspect primordial de ce genre de contrat demeure les termes de paiement.
Suzelle Bélanger, directrice, commerce international, à la RBC Services internationaux, a fait état des outils à utiliser lors de la négociation des contrats de services à l'international, à l'occasion d'un déjeuner organisé récemment par l'Association du Barreau canadien. Elle admet qu'un paiement assujetti au bon vouloir d'un acheteur à l'autre bout du monde rend très nerveux les banquiers et les assureurs.
Toutefois, les risques inhérents à la situation du pays ou ceux liés aux fluctuations des devises peuvent aussi être problématiques pour le vendeur.
Les modalités telles que le lieu, le moment et le mode de paiement devront être négociées à l'avance et comprises dans le contrat.
Les cas de défaut et de force majeure devront être soigneusement précisés, afin que le vendeur ne soit pas responsable des retards attribuables à l'acheteur.
La définition des clauses d'exécution et de remboursement devrait également être minutieusement rédigée.
Le vendeur peut demander une garantie de paiement pour le montant total ou partiel sous la forme d'un crédit documentaire, d'une lettre de crédit irrévocable ou d'une lettre de garantie. De son côté, le vendeur peut offrir, en échange d'un paiement effectué à l'avance, une lettre de garantie de remboursement d'acompte.
Naturellement, pour des motifs pécuniaires et par préférence pour ce qui est familier, chaque partie insiste pour que la juridiction exclusive de son pays soit applicable lors de conflits potentiels. Mme Bélanger propose alors de couper la poire en deux en adoptant une loi et un forum neutres.
Elle donne l'exemple d'un client ayant rempli un contrat dans un pays étranger, contrat dont le paiement était conditionnel à l'approbation de la facture par le ministre responsable du champ d'activité concerné.
Pour obtenir cette fameuse signature, l'agent du client a rendu visite tous les jours à l'assistante du ministre pour lui rappeler de soumettre la facture à ce dernier, et il lui laissait, par la même occasion, un petit cadeau.
Ce petit jeu continua quelque temps, sans résultat. L'agent demanda alors à l'assistante ce qu'il devait faire pour obtenir la signature du ministre. Le lendemain, elle avait sa robe; et lui, sa signature !
Les exportateurs doivent être compétitifs. Or, le coût des lettres de crédit ou des garanties peut être prohibitif pour les petits exportateurs de services (à moins que les banquiers et Export Développement Canada acceptent de faire du bénévolat).
Par ailleurs, les demandes de garanties formelles peuvent êtres perçues comme insultantes dans de nombreux pays où la parole donnée est sacrée.
Un petit rappel : ne pas oublier la loi anti-corruption des agents officiels à l'étranger...
* Correspondante au Canada d'UNIDROIT (2002).
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