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Une  vieille  association de jeunes avocats

Christian Côté

Certains adorent déformer le sens des mots. Prenons l'Association internationale des jeunes avocats (AIJA), par exemple. Si l'on se fie au règlement d'adhésion des membres du regroupement, un jeune avocat, il faut en prendre note, demeure dans la fleur de l'âge jusqu'à ses 45 ans !

M<sup>e</sup> Patrick Goudreau
Me Patrick Goudreau

L'exercice du droit permettrait-il de garder son esprit juvénile plus longtemps ? Rien n'est certain à cet égard. Ce qui demeure assuré, toutefois, c'est que l'AIJA se consacre à rendre un fier coup de main aux avocats encore verts qui peuplent son association.

Fondée au Luxembourg en 1962, l'AIJA n'est certes plus dans sa primejeunesse. Néanmoins, son utilité est toujours d'actualité. Fondée sur leprincipe de la coopération et de la solidarité, elle regroupe des avocats descinq continents qui en sont à leurs premières armes dans le métier. Lacamaraderie et l'amitié sont aussi fortement encouragées au cœur del'association.

Bientôt, le  Mexique !

Une fois l'an, l'AIJA tient son colloque international. Montréal l'aaccueilli en 2001, Vancouver en 1986, et Québec en 1976.

En août dernier, le congrès avait lieu à Naples, et Me Patrick Goudreau y était. Le représentant canadien del'AIJA sera aussi de la prochaine édition, en août 2005 à Mexico.

Mais que se passe-t-il durant ces colloques mondiaux ?

« Le congrès annuel devient un peucomme des Olympiques pour les avocats. Les différents comités de l'associations'y rencontrent pour dresser un bilan et établir un suivi de leurs activités.Et il ne faut pas oublier qu'avant tout, l'AIJA est axée sur le bénévolat, signale Me Goudreau. On compte près de 3 000 membrespartout dans le monde. Ce congrès ainsi que plusieurs séminaires et rencontresd'information leur sont ouverts moyennant une contribution de 300 $ US par an. »

Le grand congrès devient l'occasion idéale pour mettre ses connaissances àniveau. De nombreux ateliers offerts par des spécialistes viennent ponctuer cesquelques jours de rencontre.

Et puis, il y a le « réseautage » qu'on y effectue, un terme à lamode pour désigner les échanges entre personnes qui partagent les mêmesintérêts. Cet autre avantage entre plutôt dans le volet socioculturel ducongrès, où les dîners et occasions d'excursions touristiques pullulent.

De l'avis de Me Goudreau, les avocats qui débutent dans lemilieu ne devraient pas manquer l'expérience de plonger dans ce bassininternational de collègues ayant des visées similaires.

«Par exemple, ajoute-t-il, ça peut devenir un tremplin sensationnelpour les avocats qui pratiquent le droit international ou qui sont intéressés par ce domaine. On croise des gens de partout, et ça peut être l'occasion d'établir des contacts plus que valables. »

Lors de la dernière rencontre générale des jeunes avocats, en août, les membres de l'AIJA se sont entendus sur la création d'une « Charte du jeune avocat». Celle-ci propose quelques résolutions, dont une qui encourage l'ouverture sur le monde.

«Le Jeune Avocat s'engage à maintenir un haut niveau de compétence professionnelle, en particulier grâce au suivi d'une formation juridique continue. Le Jeune Avocat est ouvert sur le monde : il respecte et cherche à mieux connaître les cultures et les systèmes juridiques étrangers. Le Jeune Avocat est en faveur de l'internationalisation de la profession juridique.»

Parce qu'elle représente plus de 3 000 membres disséminés un peu partout sur notre gros caillou, l'association se doit de demeurer apolitique, aux dires de son représentant national.

«Oui, il est absolument nécessaire que ça se fasse de cette façon. Nous demeurons là pour défendre les libertés et les droits des avocats de toutes origines, souligne Patrick Groudreau, c'est très important à nos yeux.»

De l'information en ligne

Les avocats curieux d'en apprendre un peu plus à propos de l'organisation pourront visiter son site officiel (http://www.aija.org).

Véritable banque de ressources, ce site Web permet de rester au courant des nombreuses activités organisées par l'Association.

Une petite visite virtuelle permet aussi de prendre connaissance de la vingtaine de commissions de travail formées au cœur même de l'AIJA. On peut également s'informer des débats d'idées et autres actualités qui touchent de près la société des jeunes avocats.

D'ailleurs, la publication trimestrielle de l'association, la Gazette, y est mise en ligne. On peut y lire plusieurs comptes-rendus et témoignages de participants au dernier congrès, tenu à Naples. On rend compte aussi des nombreuses autres réunions qui ont lieu durant l'année.

Il faut dire qu'au-delà du grand rassemblement annuel, l'AIJA aime bien aussi se réunir lors de séminaires hivernaux. Cette année, le séminaire se déplace dans un petit village alpin en Autriche.

Comme quoi, faire partie d'une association mondiale, ça permet de visiter plusieurs coins de pays, et pas des plus ennuyants ! Pas surprenant que les voyages constituent la meilleure façon de former – et de conserver – sa jeunesse...

 

 
 

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