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Conscientiser davantage juristes et praticiens du droit à la Charte et permettre que celle-ci ait une vie incarnée dans la société québécoise, voilà la sage prétention que cherchera à concrétiser le colloque célébrant les 15 ans du Tribunal des droits de la personne et les 30 ans de la Charte des droits et libertés de la personne.
Ce colloque aura lieu les 28 et 29 avril prochain à l'hôtel Intercontinental de Montréal.
La Charte québécoise entre en vigueur le 28 juin 1976. Quinze ans plus tard, le Tribunal des droits de la personne est créé à titre de tribunal spécialisé ayant plus particulièrement comme compétence de disposer des litiges relatifs à la discrimination (art. 10) et au harcèlement (art. 10.1).
Cet évènement, organisé conjointement par le Tribunal des droits de la personne et le Barreau du Québec, réunira les principaux acteurs et personnalités interpellés par les défis et les enjeux contemporains de la protection des droits fondamentaux.
Michèle Rivet, juge, présidente du Tribunal des droits de la personne |
« À considérer la jurisprudence des tribunaux supérieurs de la Cour d'appel ou de la Cour suprême du Canada et les interventions législatives des dernières années, on s'aperçoit que deux types de questions ont fait les manchettes dans le domaine des droits de la personne : les différentes instances chargées d'administrer la Charte et les différents types de réparations octroyées en cas de violation des droits de la personne », note la juge Michèle Rivet, présidente du Tribunal des droits de la personne, rencontrée en entrevue.
Chacun de ces thèmes donnera ainsi lieu à un forum de discussion d'une journée où interviendront tour à tour praticiens du droit et professeurs de droit. Pour la juge Rivet, ce colloque est l'occasion privilégiée d'échanges où seront débattues les principales questions qui se sont posées au cours des 15 dernières années de l'existence du Tribunal.
Sur la question des droits fondamentaux, sur les instances chargées de les appliquer et sur la recherche de réparations pour atteinte à ces droits, les sujets de réflexion ne manquent pas.
Par ailleurs, quels sont les défis qui se posent selon qu'un justiciable, s'estimant victime d'une atteinte à un droit protégé par la Charte, décide de saisir un tribunal d'arbitrage, une cour de justice, une instance spécialisée en droits de la personne ou encore un organisme administratif tel que la Commission de la santé et de la sécurité au travail ?
Le colloque invite à réfléchir aux expressions concrètes du droit d'obtenir une réparation complète et efficace en cas d'atteinte à un droit fondamental protégé par la Charte. Notamment, les principes habituels en matière de compensation des dommages doivent-ils s'appliquer intégralement ou, plutôt, n'y a-t-il pas lieu de les adapter, voire de les élargir de manière à assurer une plus grande effectivité à la protection des droits ?
Par ailleurs, qu'en est-il des mesures de réparation auxquelles l'État peut être contraint lorsque certaines dispositions législatives ou politiques gouvernementales lèsent les droits fondamentaux d'un justiciable ?
« Le Tribunal existe par la vie que lui insuffle la communauté juridique », affirme la présidente du Tribunal des droits de la personne. Rappelant qu'« il est dans la fonction du Tribunal de privilégier les réseaux tissés avec la communauté juridique », ce colloque participe à sa façon, souligne la juge Rivet, à « interpeller le milieu juridique pour le conscientiser encore davantage à cette Charte, et permettre que celle-ci ait une vie incarnée dans la société québécoise ».
Le colloque sera inauguré par une conférence du juge en chef, Michel Robert, et se terminera par un discours de clôture de Me Denis Mondor, bâtonnier du Québec.
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