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Une carrière en droit sur la scène internationale n'est plus une utopie; avec la mondialisation, c'est devenu presque une nécessité.
Louis Sabourin souligne qu'il existe plus de 40 000 ONG qui ont besoin de consultants, délégués ou experts pour des conseils juridiques en tous genres |
Récemment, un colloque sur la question s'adressant aux étudiants de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke a permis de constater qu'accéder à ces possibilités de carrière est beaucoup plus facile que certains peuvent le croire.
« J'ai beau être un avocat de campagne, à North Hatley, estime Me Neville-Warren Cloutier devant une soixantaine d'étudiants, encore la semaine passée, mes clients parlaient allemand ou étaient en Chine ! Il est possible de faire du droit international tout en restant chez soi ou presque », se réjouit l'avocat, qui habite un village isolé comptant seulement deux cabinets d'avocats et qui enseigne également à l'Université Bishop's, à Lennoxville.
Selon Me Cloutier, le libre-échange entraîne davantage de contrats d'exportation outre-mer, de mouvements internationaux de capitaux, de plaintes concernant les droits d'immigration, ou même de demandes d'adoptions internationales, qui se multiplient.
Ayant enseigné sur tous les continents, M. Sabourin, qui habite Austin, en Estrie, revient tout juste d'Afrique, et rappelle que les stages ou études à l'étranger constituent des expériences déterminantes dans la concurrence mondiale et enrichissent le curriculum vitae.
Auteur du livre La recherche d'un emploi dans les organisations internationales, M. Sabourin souligne qu'il existe plus de 40 000 organismes non gouvernementaux (ONG) ayant besoin de consultants, de délégués ou d'experts pour des conseils juridiques en tous genres, sans compter les organismes à caractère gouvernemental tels l'OCDE ou l'OMC. « L'ONU compte à elle seule plus de 60 000 fonctionnaires », évalue celui qui a été, en 1956, le premier Québécois à aller étudier à l'étranger, en l'occurrence, à Paris. Depuis, il a déménagé 17 fois. Plusieurs de ses étudiants au Cambodge ont été assassinés, car, étant avocats, ils étaient considérés comme dangereux dans ce pays.
Jean-François Séguin, étudiant au baccalauréat en droit et au MBA, attendait ce colloque depuis l'automne, car « tout le monde en parlait à la fac », confie-t-il. L'étudiant de 22 ans révèle que le monde entier l'intéresse, et qu'il a même déjà travaillé au Mexique. « J'organise depuis quelques années des missions commerciales et des études de mise en marché pour CUMX à Montréal, avec le Collège de Maisonneuve », explique-t-il.
Le comité organisateur du colloque : Julie-Kim Godin, Sarah Proulx-Doucet, Marie-Ève Beaudry, Marie-Catherine Girouard, Me France Mainville, Laurence Yanakis, Dima Haffar, Amélie Thériault, Geneviève d'Amours et Fabrice L. Coulombe (absent de la photo |
Écouter les conseils des meilleurs et converser avec eux, et surtout, choisir pour chaque étudiant une place à la table du conférencier avec lequel il souhaitait dîner, était considéré comme un privilège.
Ainsi, autour de Me Lucie Laplante, conseillère juridique au Barreau Pénal International, on cherchait à connaître les péripéties du métier. « Mon stage de six mois à Rome a été déterminant professionnellement, raconte l'avocate de 29 ans. Il m'a fallu apprendre l'italien et délaisser un peu mon espagnol », note-t-elle, expliquant aux six étudiantes de sa table que si parler plusieurs langues est un atout, encore faut-il maîtriser le français. « Lorsque nous devons plaider contre des Français, des Belges ou des Suisses, notre crédibilité peut être vite ébranlée devant leur français impeccable », déplore Me Laplante, faisant également référence aux travaux truffés de fautes qu'elle corrigeait lorsqu'elle était assistante d'un professeur.
À ses côtés, Mylène Mastrostefano, étudiante au baccalauréat, parle de son espoir de profiter d'un échange pour étudier dans une université de l'île de la Réunion, dans l'océan Indien, près de Madagascar. « Avec ce colloque, on a l'impression de toucher à la réalité de A à Z. »
« J'admire ceux qui vont à l'étranger, mais ce n'est pas pour moi, indique Catherine Gourdeau, étudiante au baccalauréat. Mon chum a un bureau de notaire ici, et je ne le verrais pas me suivre pour faire du bénévolat humanitaire », avoue-t-elle, précisant qu'elle préfère la stabilité québécoise et l'idéal de fonder une famille. « Je pense que l'intérêt, on l'a ou on ne l'a pas ! » déclare Hélène Mayrand, étudiante au baccalauréat, qui est déjà partie seule en Espagne et en Italie effectuer des travaux communautaires et renforcer sa motivation pour la défense de l'environnement.
Par ailleurs, les conférenciers confessent avoir eu des conjointes « bien patientes », mais affirment y avoir tous trouvé leur compte. « Quelque 170 pays ont des écoles françaises », note Louis Sabourin. «Vous devriez goûter les succulents desserts allemands, ajoute Me Cloutier. On boit de la bière pour les digérer ! » blague-t-il, faisant s'esclaffer la salle.
Enfin, en dépit du côté glamour des expériences à l'étranger, Me Laplante constate que certains employeurs réclament une expertise locale, et estime qu'un mentor peut guider plus facilement le parcours, traditionnel ou non, vers les carrières internationales.
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