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La plaidoirie écrite est en effet le seul moment où l'avocat peut faire valoir ses prétentions lors d'une demande d'autorisation. En effet, la Cour suprême n'entend plus les demandes d'autorisation en audience, sauf exception. Aussi, à ce stade, l'avocat a tout intérêt à axer sa plaidoirie écrite non pas sur « l'erreur » au dossier en Cour d'appel, mais plutôt sur « les conséquences de cette erreur », notamment pour l'avenir du droit.
Me Odette Jobin-Laberge |
C'est ce qui ressort de la conférence de Me Odette Jobin-Laberge, qui a exhorté les plaideurs passionnés à ne pas minimiser le rôle de la plaidoirie écrite. « Le danger, à cette étape, est de reprendre le mémoire déposé en Cour d'appel », affirme la conférencière, elle-même rédactrice d'une cinquantaine de demandes d'autorisation. « Dans le mémoire de la Cour d'appel, on a posé les questions et on y a répondu de manière détaillée. Or, au stade de la demande d'autorisation, il faut d'abord et avant tout convaincre la Cour suprême que la question est importante. »
À ce stade, souligne la conférencière, mieux vaut susciter le « doute » sur l'état du droit plutôt que de proposer une solution complète et totale au problème. « Si la solution est claire, la Cour suprême ne sera peut-être pas intéressée à se prononcer sur la question, ne pouvant rien y apporter de nouveau. »
L'exposé des questions en litige, quant à lui, doit être fait en termes « percutants » et attirer l'attention de la Cour sur le cœur même du problème. « Une façon d'y arriver est de formuler vos questions de manière à mémoriser un titre qui sera repris pour introduire chacun de vos arguments dans la troisième partie du mémoire, l'argumentation. C'est là que vous aurez à montrer l'importance du problème, sans nécessairement proposer de solution définitive, mais plutôt en démontrant que la solution retenue par la Cour d'appel pose problème », insiste Me Jobin-Laberge.
Pour avoir rédigé une quinzaine de mémoires au mérite, Me Jobin-Laberge souligne que les arguments visant l'évolution du droit attirent l'intérêt de la Cour suprême : « À cet égard, la doctrine sera généralement votre meilleur soutien, car elle est souvent critique. »
À moins qu'il ne s'agisse d'un jugement de première instance, invoqué au motif du « maintien de l'orthodoxie du droit », et ce, même s'il a été renversé en appel. « On y trouve souvent des raisonnements originaux et approfondis qui peuvent convaincre la Cour. En revanche, si vous souhaitez que le droit soit maintenu, vous aurez intérêt à soutenir que l'évolution proposée n'est pas assez bien encadrée, qu'elle est sans fondement juridique sérieux, ou encore, qu'elle peut ouvrir la porte à une foule d'autres litiges, "flood gate argument", à partir d'un cas trop spécifique. »
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