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Pratiquer le droit au sein d'une société peut comporter plusieurs avantages fiscaux et organisationnels pour les avocats travailleurs autonomes. Selon Me Pierre Daignault, avocat et ancien bâtonnier de Québec, dont le bureau s'est récemment incorporé, la pratique du droit en société permet, entre autres, le partage des honoraires entre différents professionnels, la continuité de la compagnie si survenait le décès de l'un des associés et des taux d'imposition moindres.
Le débat sur l'incorporation des avocats aura duré plus de 20 ans. Mais ce n'est qu'à la suite de l'amendement du Code des professions, en 2001, que l'intérêt pour l'incorporation a pris de l'ampleur, ouvrant la voie à un réel processus légal. Depuis mai 2004, après l'adoption d'un nouveau règlement du Barreau du Québec, la pratique du droit au Québec peut désormais se faire par le biais d'une société. En bonne et due forme.
Me Pierre Daignault, a récemment transformé son bureau d'affaires en société d'avocats. Devant une quarantaine d'avocats de Québec, il a plaidé en faveur de l'incorporation, livrant son témoignage lors d'une conférence-midi organisée par le Barreau de Québec.
Si l'incorporation ne semble pas favorable pour tous les avocats, plusieurs travailleurs autonomes déplorant la lourdeur administrative de la pratique en société, pour certains elle est cependant une avenue intéressante. Depuis près d'un an, les avocats peuvent se regrouper en SENCRL (société en nom collectif à responsabilité limitée) ou en SPA (société par actions) et bénéficier d'avantages fiscaux. « Les revenus excédentaires à votre rythme de vie peuvent être transférés à la compagnie et ne vous seront pas imposés comme travailleur autonome », conseille Me Daignault. Ainsi, les travailleurs autonomes dont les revenus sont largement supérieurs aux dépenses gagnent avec cette pratique.
D'un point de vue organisationnel, l'incorporation offre une plus grande souplesse dans les règles administratives de l'entreprise. Si un des associés décède subitement, la compagnie lui survit. Il est aussi plus facile d'intéresser la relève à une association future, note Me Daignault, dont l'entreprise emploie d'ailleurs deux jeunes avocats. « Les règles administratives sont plus souples pour les nouvelles entités incorporées et permettent le transfert des parts », résume l'avocat d'expérience.
Par contre, le contrôle de la société doit être effectué par des professionnels incorporés. D'autres personnes ou entités peuvent détenir des actions dans la compagnie, mais elles ne pourront pas voter lors des décisions d'affaires, ni détenir la majorité au conseil d'administration.
Pour l'heure, seuls les comptables agréés et les avocats peuvent s'incorporer. Mais d'autres professionnels sont en attente d'une législation en ce sens dans les prochains mois. Les médecins, notaires, comptables généraux agréés et pharmaciens devraient recevoir la permission de s'incorporer dans les prochains mois alors que les ingénieurs, architectes, dentistes et autres sont en attente d'un projet de règlement à l'Office des professions. En fin de compte, c'est donc une multitude de professionnels qui pourront travailler ensemble et s'incorporer dans des sociétés spécialisées ou multidisciplinaires.
À l'interne, la liste très limitative du règlement du Barreau du Québec freine, elle aussi, la multidisciplinarité, qui semblait pourtant être le principal facteur favorisant l'incorporation des avocats. « Mais les autres ordres vont bientôt recevoir l'approbation de s'incorporer et, alors, le règlement du Barreau pourra être amendé. Ainsi, la pratique du droit en société sera encore plus avantageuse », rétorque Me Daignault.
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