ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.

Pour toute question ou commentaire concernant le Journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca

Visitez la page officielle du Journal du Barreau sur le site Web du Barreau du Québec.

 

Avant le grand saut

Denis Mondor


«Qui a eu cette idée folle un jour d'inventer l'école?1»

A l'instar de Charlemagne, le Barreau a aussi inventé l'École. Seul ordre professionnel au Québec à dispenser une formation professionnelle obligatoire, le Barreau a développé une expertise pédagogique, en plus de contribuer à la doctrine, en publiant chaque année la très appréciée Collection de droit.

Depuis 1968, le programme académique de l'École du Barreau a constamment évolué au fil des ans, sans mentionner les changements majeurs qui y ont été apportés sporadiquement et qui en ont modifié la forme et le contenu. Le nouveau programme de l'École, qui sera implanté à l'automne 20052, représente un tournant. Les résultats ne se feront pas attendre puisque les premiers diplômés de ce programme nouvelle mouture termineront leur cours en... 2005.

Faire le pont

D'une durée de quatre mois, le nouveau programme se démarque principalement par une nouvelle approche pédagogique, soit celle par compétences. En plus de correspondre aux nouveaux courants en pédagogie, cette approche se révèle particulièrement adaptée pour une formation professionnelle.

L'École sert de pont entre l'université et la pratique. Avec le stage, sorte de générale de six mois, l'École apporte le complément essentiel qui permettra à l'étudiant d'apprendre comment arrimer son bagage de connaissances théoriques aux réalités de la pratique d'avocat.

Et c'est dans cet esprit que le nouveau programme a été conçu. Par la résolution de cas, l'étudiant sera appelé à appliquer concrètement des notions apprises dans différents domaines. Étant donné que, dans la réalité de notre pratique, un cas de droit familial fait aussi appel à des notions de droit fiscal ou corporatif, l'étudiant apprend aussi à aborder les situations de façon globale et non compartimentée.

L'ABC de la déontologie

Dans le cadre du nouveau programme, l'École a particulièrement mis l'accent sur l'apprentissage des règles déontologiques. Elle joue ici un rôle de prévention important qui contribue directement et à la base à la mission de protection du public du Barreau.

Malgré l'adage «Nul n'est censé ignorer la loi», les avocats ne sont évidemment pas à l'abri d'entorses aux règles déontologiques causées par l'ignorance. Une meilleure compréhension des règles, par exemple, de la gestion des comptes en fidéicommis, permettrait sans doute d'éviter plusieurs plaintes et infractions.

L'objectif ici n'est pas tant de craindre les sanctions que de comprendre l'importance de respecter les règles et surtout le rôle du Barreau dans le respect de ces règles. Ainsi, on peut espérer que le Bureau du syndic et le Service d'inspection professionnelle seront davantage perçus comme des outils de prévention et utilisés comme tels par les membres, diminuant ainsi l'énergie consacrée à sanctionner après coup, une fois l'infraction commise.

Le sentiment d'appartenance, c'est à l'école que ça commence

L'École représente aussi une formidable occasion de créer un sentiment d'appartenance à la profession.

Pendant leurs études, les étudiants sont bien évidemment préoccupés par la réussite de leurs cours, la recherche de stage et le début de leur carrière. Mais ils sont aussi conscients d'embrasser une profession, et l'École devrait être une porte ouverte sur le Barreau, leur Barreau, notre Barreau. Trop souvent, les contacts avec notre ordre se limitent au paiement de notre cotisation annuelle ou, ce qui est déjà un bon début, à la lecture de ce journal.

À cet effet, je salue l'initiative du Journal du Barreau, qui donne la plume aux étudiants pour la chronique de recensions d'ouvrages. Voilà une façon originale de favoriser un plus grand sentiment d'appartenance dès le départ.

Ce n'est qu'un début

La formation offerte par l'École n'est que le début de notre apprentissage : en tant que professionnels, nous avons le devoir de maintenir nos connaissances à jour. Les nombreux cours de formation permanente offerts sont autant d'occasions de continuer d'apprendre et de découvrir de nouveaux horizons.

S'engager au sein des nombreux comités du Barreau ou associations diverses est aussi une façon d'apprendre, de s'enrichir au contact de ses pairs, en plus de mettre son expertise au service de sa profession.

Tout nouveau, tout beau

L'élaboration et l'approbation du nouveau programme ont nécessité des mois de travail et de consultation auprès des universités, étudiants, avocats et pédagogues.

Aujourd'hui, les membres du Comité de la formation professionnelle et leur président, Me François Fontaine, la directrice de l'École, Me Lise Tremblay, son équipe et tous ceux qui, de près ou de loin, ont participé à l'élaboration et l'implantation du nouveau programme ont toutes les raisons de célébrer : le 16 mars dernier, la dernière étape du projet était franchie avec l'adoption du Règlement sur la formation professionnelle. La période d'inscription pour l'automne bat maintenant son plein.

Nous sommes confiants d'offrir un programme de qualité qui saura répondre aux besoins des étudiants et de la communauté juridique. Nous sommes aussi conscients qu'il nous faudra faire preuve de souplesse pour apporter les ajustements et améliorations nécessaires en cours de route.

Avec son nouveau programme, l'École contribue plus que jamais à faire le pont entre la théorie et la pratique, à préparer l'étudiant à faire le grand saut.

Le bâtonnier du Québec,
Denis Mondor

dmondor@barreau.qc.ca

Extrait de la chanson " Sacré Charlemagne ", Paroles: Robert Gall. Musique: Georges Liferman, 1964.

Voir les détails sur le site Internet de l'École du Barreau : http://www.ecoledubarreau.qc.ca.

 

 
 

Retour au haut de la page

© Barreau du Québec 1996-2012