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Voici un problème auquel se heurtent trop souvent certains employeurs. Un employé rentre en retard le matin. Il quitte le travail avant la fin de son quart de travail. D'autres jours, il ne rentre pas du tout, prétextant un mal de ventre. Coïncidence, il est toujours malade un jour avant ou un jour après (parfois les deux) un long congé de fin de semaine. De l'autre côté, quoi de plus stressant qu'un patron qui fouine dans les moindres détails de notre vie parce que nous nous sommes absentés une matinée pour aller chez le médecin? Il gueule, il rage, il nous menace, bref il nous cause un ulcère. Quels sont les droits de l'employeur et de son salarié dans les cas d'absentéisme?
Me Chantal Lamarche |
Il est vrai que l'employeur a le droit à une prestation régulière de travail. Ce droit est cependant limité par le droit du salarié à sa vie privée, nous rappelait Me Chantal Lamarche, lors d'une conférence sur le droit de gérance de l'employeur dans le contexte de l'absentéisme.
Cependant, si l'employeur a de bonnes raisons d'effectuer une surveillance, la preuve vidéo sera admissible en preuve contre l'employé devant les tribunaux. Avoir de bonnes raisons, ça veut dire que l'employeur a essayé d'autres moyens pour obtenir de l'information, par exemple, une rencontre avec l'employé, un examen médical supplémentaire, mais que ces moyens n'ont pas fonctionné.
Avant de pouvoir surveiller un employé absent, il faut avoir un doute sérieux sur son incapacité. La délation, par exemple, est susceptible de fournir un doute sérieux. Des déclarations incompatibles entre deux médecins. La surveillance ne doit pas être une décision purement arbitraire, comme le mentionne Me Lamarche : « Il y a des décisions dans la jurisprudence où le décideur juge que l'employeur a violé le droit de l'employé à la vie privée parce qu'il a décidé comme ça, sur un feeling, qu'on devrait peut-être surveiller l'employé. »
La surveillance doit également être effectuée de la façon la moins intrusive possible. Elle doit se faire dans des lieux publics et non privés. La surveillance doit être limitée dans le temps. Pas question de surveiller quelqu'un sept jours sur sept, 24 heures sur 24!
Quant au contenu du certificat médical, il peut comprendre le diagnostic, la capacité de l'employé à accomplir le travail ainsi que la durée de l'absence. Encore une fois, l'objectif est de permettre à l'employeur de mieux s'organiser. L'employeur peut même obtenir une contre-expertise. Cependant, en cas de litige devant les tribunaux, le médecin traitant sera généralement préféré puisque c'est celui qui connaît le mieux le salarié.
Me Lamarche fournit quelques exemples de contrainte excessive retenus par les tribunaux. Le coût de l'accommodement en est un. Il ne serait en effet pas logique d'imposer des coûts exorbitants à une entreprise afin qu'elle puisse accommoder un employé. Le moral du personnel en est un autre : « Il y a une décision où l'arbitre a décidé que l'employeur n'avait pas jusqu'à permettre au salarié qui avait une certaine incapacité de ne faire que les fonctions les plus faciles de sa tâche et de laisser à ses collègues les fonctions les plus difficiles. » Ce qu'il faut retenir de tout ça, c'est que les droits de l'employeur sont limités par ceux de l'employé, et vice-versa. Il importe donc qu'employeur et employé mettent un peu d'eau dans leur vin afin d'éviter conflits et litiges. Après tout, un climat de travail sain est garant d'une bonne santé.
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