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Denis Mondor
À quand remonte votre dernier cours de formation permanente? À quelle fréquence suivez-vous des cours? Quelles sont vos motivations pour le faire?
Si vous êtes parmi ceux qui n'ont pas suivi de cours depuis l'École du Barreau, il serait peut-être temps d'y penser.
Que ce soit ici, au Barreau, ou chez l'une des quelque cent organisations «concurrentes» recensées dans le marché de la formation juridique1, je ne peux que vous encourager fortement à maintenir vos connaissances à jour et à cultiver votre soif d'apprendre, encore et toujours.
Je suis convaincu que la formation permanente est primordiale, la protection du public passant nécessairement par des avocats toujours plus compétents. C'est pourquoi le Service de la formation permanente du Barreau (SFP) constitue sans aucun doute un service essentiel et prioritaire.
Avec une moyenne de 165 activités de formation offertes chaque année dans plus de 25 villes au Québec, le SFP a largement fait ses preuves depuis 30 ans.
Devant les forces de la formation permanente du Barreau, sa structure solidement implantée et son expertise hors pair en témoignant, je me plais parfois à imaginer ce à quoi elle pourrait ressembler dans le futur si on repoussait encore un peu plus ses limites, si on élargissait davantage ses horizons.
Le SFP de l'avenir propose toujours de 150 à 175 activités par année, sur la base d'une offre très diversifiée.
Ainsi, en plus des cours traditionnels, offerts en présence d'un conférencier, des cours et colloques sont offerts en «Webcast» que visionnent simultanément des membres de partout en province, à l'écran de leur ordinateur, dans le confort de leur bureau. Ces cours sont par la suite archivés et rendus accessibles en ligne pour le bénéfice des autres avocats, qui pourront les visionner au moment qui leur convient.
Des avocats en droit familial ont la possibilité de suivre une formation ciblée, composée de blocs de cours, et au terme de laquelle ils obtiennent une certification du Barreau pour avoir complété le programme de droit familial. Idem pour le droit criminel, immigration, corporatif, fiscal, etc.
C'est bien beau tout ça, mais à quel prix? me demanderez-vous.
Étonnamment, les tarifs des cours de la SFP de l'avenir sont demeurés très raisonnables. Avec une moyenne actuelle de 150 $ pour une journée type de formation, les frais d'inscription du SFP se situent déjà bien en deça de la moyenne de 200 $ établie sur la base d'une comparaison avec quinze ordres professionnels et trois barreaux canadiens.
Enfin libéré de l'obligation d'autofinancement par activités qui le paralysait, le SFP de l'avenir a pu ajuster ses tarifs et s'aligner davantage au marché.
Aussi, après avoir développé des cours et des capsules de formation à distance, le SFP de l'avenir a pu très rapidement bénéficier des fruits de son investissement. Désormais, des frais raisonnables sont perçus chaque fois qu'un utilisateur télécharge un cours, et les revenus sont réinvestis dans le développement de nouveaux cours et capsules de formation.
Enfin, les produits du SFP, forts de leur renommée et de leur qualité, dépassent la frontière des seuls membres du Barreau : désormais, les quelque 52 000 personnes qui travaillent directement ou indirectement dans le domaine juridique au Québec ont accès aux cours de rédaction juridique, tenue de dossiers juridiques, etc.
Tout ce qui est décrit plus haut n'est pas de la pure fiction. Il s'agit plutôt de recommandations concrètes contenues dans le rapport du Groupe de travail sur la formation permanente déposé au dernier Conseil général à la fin mars.
Je suis très fier du travail accompli par le Groupe de travail, qui, en trois mois à peine, a entrepris une analyse en profondeur de la situation du SFP et développé des solutions innovatrices. La qualité et la rigueur du rapport final sont le résultat d'un travail remarquable, porté par l'enthousiasme et le dynamisme des membres du Groupe de travail.
Les conclusions et recommandations du rapport ont été entérinées par le Conseil général. Ainsi, l'offre de cours du SFP sera graduellement modifiée pour tendre vers un modèle «mixte», où les activités traditionnelles de cours magistraux côtoient les cours diffusés et archivés sur Internet.
Quant au financement nécessaire pour permettre au SFP de l'avenir de véritablement amorcer son virage, le Comité des finances a su faire preuve d'imagination et ainsi éviter une hausse de cotisation.
La solution proposée est d'utiliser une portion de notre cotisation, actuellement perçu et alloué à la campagne de publicité, pour un montant total de 500 000 $ au cours des deux prochaines années. Ce mode de financement sera soumis à l'approbation des membres lors de l'assemblée annuelle le 4 juin prochain.
Voilà donc à quoi pourrait ressembler le SFP dans un proche avenir. Les solutions ont été imaginées et approuvées, le Comité sur la formation permanente se charge maintenant, de concert avec les hautes instances du Barreau, que cette vision devienne réalité.
Il n'en tiendra qu'à nous de profiter au maximum de toutes ces occasions qui nous seront offertes d'étancher notre soif d'apprendre et de devenir de meilleurs avocats.
Le bâtonnier du Québec,
Denis Mondor
dmondor@barreau.qc.ca
1 Selon le sondage sur le Service de formation permanente (SFP), réalisé par la firme CROP en 2002, les répondants ont dit suivre des cours auprès de 99 organisations, dont les universités, les autres ordres professionnels, les organismes gouvernementaux ou les organisations spécialisées, telles Insight ou Canadian Institute.
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