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Par votre passage à l'École du Barreau, vous débutez aujourd'hui votre quatrième année de formation en droit. C'est aussi votre premier pas dans une des plus exigeantes et des plus belles professions, celle d'avocat ou d'avocate ». Tel était le message du directeur du Centre de formation de Montréal, Me Érick Vanchestein, lors de la journée d'accueil des étudiants, le 27 août dernier. Ce jour là, quelque 935 étudiants commençaient l'une des années les plus importantes de leur formation. De ce nombre, 500 se rendront quotidiennement à l'édifice de la rue Saint-Laurent, à Montréal.
La troisième année du programme jumelant les habiletés et le droit apporte quelques nouveautés avec elle. Le nombre d'examens passe de cinq à six. Plusieurs y perçoivent un gain des étudiants. «L'an dernier, rappelle l'un d'eux, Stéphane Sigouin, un même examen évaluait le droit des personnes et de la famille, le droit des successions, la responsabilité, les obligations, la vente et quelques autres domaines du droit civil. Cela nous semblait beaucoup. À la suite de nos remarques, l'École a ajouté un deuxième examen en droit civil.»
Combien d'avocats n'ont-ils pas entendu parler de la réponse du Barreau au cours de leur passage à l'École? Madame Danielle Roy, responsable aux évaluations, visitera les quatre centres pour répondre aux questions des étudiants sur le sujet. «Au cours de cette session, précise Me Vanchestein, nous tenterons de répondre à tout ce que vous avez toujours voulu savoir mais n'avez jamais osé demander à propos des examens, sauf les réponses aux questions, bien entendu!»
Une semaine de relâche a été ajoutée au calendrier. Elle aura lieu pendant le bloc droit des affaires, du 23 au 27 février. Le calendrier est aussi aménagé afin que les étudiants puissent être assermentés en 1998 même s'ils doivent reprendre un examen. «L'assermentation l'année suivante entraîne des pertes financières pour certains étudiants», constate le directeur du centre de formation de Montréal.
Me François Bousquet, l'un des responsables de secteur et bâtonnier du Richelieu en a appelé à la discipline. «Le travail quotidien et régulier constitue le meilleur gage de réussite. Le succès de la formation dispensée à l'école dépend entre autres de ce que l'étudiant a fait la veille: a-t-il bien préparé son cours?»
Dans quelques années, la question prendra le même sens bien que posée différemment: l'avocat a-t-il bien préparé son procès ou bien répondu à un mandat? «Il a la responsabilité de régler, de différentes façons, des problèmes juridiques qui ont bien souvent une influence directe sur le quotidien de ses clients, souligne la jeune avocate Julie Doyon. Ne banalisons pas cette responsabilité, des conséquences graves peuvent en découler. Ce peut être la perte de la garde d'un enfant, la saisie d'un salaire ou d'une maison, la faillite ou la prison. Cette responsabilité professionnelle est aussi importante que celle d'un chirurgien qui oublierait un scalpel dans le ventre de son patient.»
Stéphane Sigouin y est allé de quelques recommandations pour la réussite d'un examen. «La veille, exhortait-il, vous n'avez plus rien à apprendre. Calmez-vous et reposez-vous. Sans mauvais jeu de mots, l'École du Barreau, c'est une partie d'échecs: préparez votre stratégie. Je vous suggère celle du spaghetti. Bien doser le travail entre les lectures et la réponse aux cas pratiques. Cela provoque parfois de courtes nuits, mais il est possible de passer au travers, même dans les matières que vous n'avez pas vues à
l'université.»
Quant à la recette de la réponse du Barreau, il affirme: «il était possible de beurrer à l'université, ce ne l'est plus. Le Barreau exige des réponses claires, précises et souvent, courtes.»
Le directeur du centre de Sherbrooke, Me François Tôth, exprime la même idée en ces termes: «Il ne s'agit pas de préparer un exposé de droit, mais de prendre position; ce qu'un avocat est régulièrement appelé à faire en pratique.»
En Estrie
En Estrie, environ 120 étudiants entreprennent leur quatrième année de droit. Me Tôth a insisté sur le serment d'allégeance. «Le Barreau est la corporation professionnelle dont vous serez bientôt membre, a-t-il rappelé aux étudiants. Comportez-vous en conséquence. Nous nous attendons au même respect que celui que l'on porte à votre égard.»
Il a souligné les possibilités des étudiants de faire connaître leur opinion en cours d'année, dont les rencontres entre les représentants de classe et les directeurs de centre ainsi qu'entre les dirigeants des associations étudiantes et le Comité de formation professionnelle.
À Sherbrooke, la journée d'accueil a débuté par un mot de bienvenue du doyen de la faculté de droit, Me Jean-Guy Bergeron. «Il tient chaque année à souhaiter la bienvenue aux étudiants qu'il vient de diplômer», note Me Tôth. Me Jacques Lemay, président du Comité de la formation professionnelle, a expliqué aux étudiants ce qui les attend au cours de la prochaine année. Quant à Me Frédérick Scalabrini, il a fait part de sa récente entrée dans la profession.
Anabelle Cloutier, diplômée de l'an dernier, a présenté l'Association des jeunes juristes de Sherbrooke. Elle a invité les étudiants à s'engager dans la vie étudiante. Le défi a été relevé. Quatre des cinq représentants ont alors été élus, en remplacement de ceux qui avaient modifié leur projet. C'est que l'Université de Sherbrooke a un programme d'échanges avec l'Université Queens, en Ontario. Quatre des cinq dirigeants de l'AJJS s'y sont rendus. Au programme de l'Association pour la prochaine année: l'organisation d'une journée informatique et droit.
Dans les capitales
La journée d'accueil fut aussi un succès dans les deux capitales. «Les étudiants étaient heureux de savoir à quoi s'en tenir», note Me Mabel Dawson, directrice du Centre de formation de Québec. Deux cents étudiants y seront cette année. Elle était accompagnée de Me François Vallière, jeune avocat de trois ans de pratique, de Monique Tremblay, diplômée de l'École l'an dernier, de Bruno Lévesque, de l'Association des jeunes juristes de Québec et de Me Denis Lemieux, responsable du secteur de droit public et administratif.
«La participation à la journée d'accueil a été nettement plus importante que l'an dernier, signale le directeur du Centre de formation d'Ottawa, Me Jean-Paul Osborne. L'annonce de l'atelier sur les examens fut accueillie très favorablement.»
Ont également pris la parole à Ottawa, où étudieront 110 personnes, Reno Vaillancourt, diplômé de l'École l'an dernier, Jean Barbès, responsable du secteur du Barreau et de la pratique professionnelle, Me Pierre Dallaire, avocat depuis plus de quinze ans, et Me Charles Belleau, professeur à la faculté de droit à l'Université d'Ottawa et bâtonnier de Hull.
Une phobie: l'échec!
Dans plusieurs centres, de récents diplômés sont intervenus au sujet de la hantise la plus importante des étudiants lors de l'année à l'École du Barreau: l'échec. L'an dernier seulement, plus de 500 personnes ont dû y faire face au moins une fois, soit tout près de 60 % des étudiants.
La personne qui a échoué a-t-elle à avoir honte? Un échec démontre-t-il une moins grande préparation à la pratique? Pas nécessairement. Le droit, particulièrement chez les plaideurs, est une profession où celui qui n'apprend pas à surmonter les obstacles frappera tôt ou tard un mur.
Si ce message s'adressait aux étudiants, il visait peut-être en partie la profession. Des quelque 500 personnes qui ont essuyé un échec, 340 sont aujourd'hui stagiaires ou à la recherche d'un stage. Elles représentent la moitié des diplômés.