Origine du Barreau de Montréal
Peu de juristes de Montréal sont familiers avec l'histoire de leur Barreau, dont les grands moments s'entremêlent pourtant avec l'histoire sociale et politique du Québec. À la suite des premières luttes pour la reconnaissance des avocats qui ont lieu sous le régime français dès 1693, ce n'est qu'en 1765 que le gou-vernement autorise les avocats à exercer devant les tribunaux. Plusieurs obstacles restent néanmoins à franchir puisque l'autonomie corporative des avocats ne fut reconnue qu'en 1849, avec la sanction de l'Acte pour l'incorporation du Barreau du Bas-Canada. Le 150e anniversaire du Barreau de Montréal approche donc à grands pas (voir l'encadré).
Le Barreau de Montréal est de loin la plus grande des 15 sections du Barreau du Québec. En effet, des 17 000 avocats inscrits au Tableau de l'Ordre, 60 % le sont au Barreau de Montréal. Il faut se rappeler qu'en vertu de la Loi sur le Barreau, chaque section constitue une corporation distincte et autonome, formée des avocats qui y sont inscrits.
Le rôle du Conseil
Présidé par le bâtonnier, le Conseil du Barreau de Montréal est composé de huit conseillers, d'un secrétaire, d'un trésorier, d'un premier conseiller et d'un représentant de l'Association du Jeune Barreau. Les fonctions du bâtonnier sont multiples. Outre les nombreuses affaires courantes du Barreau et la présidence des assemblées mensuelles du Conseil, il siège d'office au Conseil général et au Comité administratif du Barreau du Québec, instances où se prennent les décisions marquantes pour notre profession et l'administration de la justice. De plus, 10 membres du Conseil du Barreau de Montréal siègent au conseil général, et trois conseillers au Comité administratif. Les membres du Conseil assurent quant à eux la représentation des diverses tendances que l'on retrouve au sein de la profession juridique pratique privée, juristes de l'État, conseillers juridiques d'entreprise, etc. Ils sont également les yeux et les oreilles du bâtonnier à travers la sphère juridique et la communauté dans son ensemble.
La composition du Conseil pour l'exercice 1997-1998 est d'ailleurs la preuve éloquente de cette diversité. Les conseillers sont: Me Alan M. Stein, avocat spécialisé en litige civil, commercial et familial au sein du cabinet Stein & Stein, Me Michael L. Garonce, spécialiste en droit des affaires chez Mendelson, Rosentzveig, Shacter, Me Stéphane Rivard, avocat plaideur chez Pouliot Mercure et ancien président de l'AJBM, Me Catherine Duff-Caron, avocate spécialiste en droit commercial et corporatif chez Coudert Frères, Me Pierre-Yves Boisvert, chef du module litige des services juridiques de la Communauté urbaine de Montréal, Me Guylaine Henri, conciliatrice à la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles, Me Kirkland Casgrain, avocat plaideur chez Legault Joly et Me André Royer qui pratique en droit du travail chez McMaster Meighen. Le secrétaire, Me François Perron de l'étude Monette, Barakett Lévesque Bourque & Pedneault pratique aussi en droit du travail, le trésorier, Me Gerald F. Kandestin, est spécialiste en droit de la faillite chez Kugler, Kandestin, le premier conseiller, Me Ronald Montcalm, c.r., pratique en litige et droit commercial chez Lafleur Brown et le représentant de l'AJBM et son actuel président, Me Nicolas Plourde pratique en litige chez Heenan Blaikie. On constate que les avocats de grands cabinets y sont en minorité!
Le bâtonnier, Me Pierre Fournier, est lui-même représentatif de cette diversité: fort d'une expérience en litige civil et commercial acquise pendant 20 ans au sein d'un grand bureau de Montréal, il a fondé son cabinet d'avocats Fournier Perron en 1987. Il est également précurseur de l'utilisation de la technologie moderne dans les cabinets d'avocats.
Le dossier de la spécialisation
Le bâtonnier Fournier a identifié un dossier qui lui apparaît prioritaire pour son année de bâtonnat. «Il s'agit, dans un premier temps, d'identifier les champs de pratique dans lesquels nous oeuvrons, et de reconnaître ces champs; je parle donc de spécialisation», précise Me Fournier. «Pratiquement, à Montréal, un grand nombre de confrères, mais pas tous, ont opté pour une spécialisation de facto, qu'il est malsain d'ignorer. N'étant pas investi du pouvoir de réglementer dans ce domaine, rien ne nous empêche de créer des « comités», auxquels l'accès serait limité par un organe accréditeur, et dont l'appartenance pourrait faire l'objet d'une certaine publicité », explique le bâtonnier. À son avis, l'adhésion à des normes volontaires, contrôlées et certifiées, constituerait un immense atout concurrentiel; ces normes permettraient enfin de contrôler la qualité des services rendus et de l'améliorer dans la mesure du possible, permettant ainsi aux avocats de suivre les forces du marché. La présente année est donc à suivre de près.
Pourquoi participer au Barreau?
Qu'est-ce qui motive les membres de notre profession à s'impliquer au-delà de leur horaire professionnel déjà fort chargé, au sein des activités du Barreau? «Chaque membre du Barreau de Montréal devrait, à un moment ou à un autre, participer aux instances de son Barreau, puisqu'il m'apparaît important que la pratique du droit ne serve pas uniquement à assurer notre subsistance, mais que nous consacrions du temps aux fins de l'intérêt public qui est une des fonctions premières du Barreau», explique Me Alan Stein, qui complète cette année son mandat à titre de conseiller.
L'année qui s'amorce sera également consacrée à la préparation d'un événement d'importance dans notre histoire commune: le 150e anniversaire du Barreau de Montréal qui sera célébré en 1999. Me Ronald Montcalm, premier conseiller du Barreau de Montréal, assume depuis juin dernier la présidence du comité du 150e anniversaire. «Nous en sommes à établir un programme très varié et accessible à tous nos membres», déclare-t-il. À ce chapitre, un concert gala est prévu pour le 1er juin 1999 à la salle Wilfrid-Pelletier, mettant en vedette des artistes et talents «cachés», membres du Barreau de Montréal, sous la présidence de Me Gabriel Lapointe, c.r.. Les billets seront offerts à un coût très accessible. «Ce concert gala se veut une soirée de réjouissance en famille, afin de solidariser les membres du Barreau de Montréal», explique Me Ronald Montcalm. D'autres événements sont prévus, tels le dévoilement d'une plaque commémorative, une soirée gala plus formelle, une mise à jour de l'ouvrage de l'histoire du Barreau...
Enfin, le Barreau de Montréal compte se doter d'un nouveau logo afin d'accroître son caractère distinctif et franchir avec dynamisme le cap du 21e siècle.
* Julie Latour est membre du comité de communication avec les membres du Barreau de Montréal.