Dans l'édition du 1er juillet, j'écrivais dans ces lignes que nous devions rapidement agir afin de sauver le Réseau des bibliothèques aux prises avec une crise financière qui mettait ni plus ni moins en péril l'existence de l'organisation. Deux mois et demi plus tard, je peux vous assurer que les opérations de sauvetage sont en cours et que tous les partenaires du Réseau ont déjà mis l'épaule à la roue afin de trouver les solutions appropriées pour en garantir la survie.Le défi est de taille et il commande des solutions innovatrices. La liste des problèmes à résoudre est chargée: la diminution des revenus combinée à la rareté des ressources, la nécessité d'intégrer les produits documentaires électroniques aux « collections papier » des bibliothèques, la demande toujours croissante pour l'accès aux banques de données, l'augmentation constante des coûts fixes, la complexité des systèmes informatiques et la diversité des plates-formes technologiques ne sont que quelques-unes des difficultés auxquelles nous devons faire face.
Vous vous souviendrez qu'au début de l'été un comité, réunissant les partenaires du Réseau soit le Barreau de Québec et le Barreau de Montréal, l'Association des avocats et des avocates de province et le Barreau du Québec, a été mis en place afin d'élaborer des solutions. Malgré la saison estivale, le comité, a commencé ses travaux. Lors de sa séance du 14 août, le Comité, administratif a d'ailleurs entériné une première recommandation proposée par le comité, soit celle de procéder à une étude d'orientation sur les bibliothèques de droit.
Cette étude ne portera donc pas que sur le Réseau lui-même, elle vise aussi l'ensemble des bibliothèques de droit qui desservent nos membres.
Depuis près de vingt ans, le Barreau du Québec et ses membres ont investi des sommes considérables pour le développement et le maintien des bibliothèques de droit. Cette source d'information juridique constitue toujours une ressource stratégique importante pour l'exercice de la profession et il est primordial de maintenir et même d'améliorer ces services. Mais voilà, les bibliothèques de droit doivent dorénavant s'adapter aux nouvelles technologies afin d'être en mesure d'offrir à leurs clientèles des services de pointe.
Le Barreau du Québec souhaite orienter, à la lumière de ce nouveau contexte, la mission et le rôle des bibliothèques de droit afin d'être en mesure ensuite de déterminer les actions nécessaires à la transformation de ce type de service.
Au cours des prochaines semaines, les structures actuellement en place feront l'objet d'un examen approfondi afin notamment de réévaluer la mission et le rôle du Réseau ainsi que ses méthodes et ses sources de financement. On examinera également le rendement des opérations des bibliothèques à la lumière des besoins des membres. Enfin, nous procéderons à l'inventaire des systèmes informatiques disponibles dans les diverses bibliothèques.
Ce « bilan » nous permettra de déterminer les tendances qui doivent marquer l'évolution et la transformation des bibliothèques de droit en plus d'identifier les partenaires éventuels du Réseau
« nouveau et amélioré ». L'étude d'orientation devrait nous permettre ainsi d'identifier les modifications nécessaires aux structures et aux modes de financement en place afin d'assurer la viabilité à long terme de nos bibliothèques.
Si tout va comme prévu, les résultats de l'étude seront déposés lors de la réunion du Conseil général du mois de décembre.
Il n'est pas illusoire de penser que dans un avenir rapproché l'information de base sera accessible par simple commande électronique et c'est pourquoi nous devrons parallèlement accélérer la mise en œuvre de la bibliothèque virtuelle. Par ailleurs dans l'intervalle, il apparaît évident que pour encore un certain temps, sinon un temps certain, le Réseau continuera sous une forme ou une autre à assurer ce rôle d'accessibilité à tous nos membres d'information de base à jour.
Lorsque je mentionnais dans mon allocution du congrès que nos missions de protection du public et de service aux membres étaient complémentaires, les efforts investis pour assurer cette accessibilité constitue à coup sûr un bel exemple de cette complémentarité.
Le bâtonnier du Québec,
Jacques Fournier
batonnier@barreau.qc.ca