À quelques jours de la fin de son mandat, Me Pierre Mazurette, le président de l'Association des avocats et avocates de province, exprime avec fierté la gratification que lui a procuré d'avoir à représenter des confrères et consœurs pratiquant dans diverses régions éloignées. L'œil averti, le président de l'Association souligne, tout comme ses prédécesseurs, qu'il faut faire en sorte que la pratique du droit en région continue d'être accessible.
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Le président s'était donné comme objectifs de consolider l'organisation et de faire de l'Association un interlocuteur qui représente les intérêts des sections |
La partie n'est jamais facile, de dire le président, et c'est justement la mission principale de l'Association d'assurer aux gens des régions le droit aux mêmes services.
« Cela demande un travail sans relâche et mon rôle est de percevoir les problèmes, d'avoir la volonté de trouver les solutions et d'apporter une vision qui permette d'avancer. (...) les outils sont nombreux afin de faire face aux problèmes que rencontre le monde judiciaire en région et l'Association représente un rempart », précise Me Mazurette.
L'Association, qui fêtera son 70e anniversaire avec le Congrès de Jonquière - qui aura lieu du 1er au 4 octobre prochain -, doit son apparition d'un besoin des gens d'avoir des services judiciaires et juridiques en province et à la volonté des avocats d'offrir et d'assurer ces services. Il y a toujours autant de pain sur la planche, estime Me Mazurette, qui perçoit encore une volonté persistante et constante de centraliser les services dans les grands centres que sont Montréal et Québec. Dans ce contexte, le président s'était donné comme objectifs de consolider l'organisation et de faire de l'Association un interlocuteur qui représente les intérêts des différentes sections, un porte-parole des consensus des régions et un forum de tous les barreaux de province. L'Association s'était aussi donné pour priorité la formation des avocats. À cet effet, 85 000 $ ont été attribués, dont 4 000 $ par section pour des cours favorisant l'accès aux nouvelles techniques informatiques et 2 500 $ par section pour la formation à caractère juridique. Des objectifs que le président sortant s'est dit heureux d'avoir réalisé dans une perspective de continuité.
La communication plutôt que l'interprétation
Concrètement, Pierre Mazurette a rencontré le plus grand nombre possible de membres, les organisations des barreaux de région et les bâtonniers. Il se dit convaincu de l'importance de ces déplacements afin de réellement percevoir les problèmes quotidiens auxquels les avocats de province sont confrontés : « Notre façon de faire est très interactive et même pro-active ». L'approche de l'Association est davantage axée sur la communication plutôt que l'interpellation. Il croit en cette façon de faire qui se veut plus personnelle et plus directe. D'ailleurs, dit-il,
« l'Association a traditionnellement eu une approche plus discrète, que le dossier soit public ou non. Il s'agit de trouver une solution, d'obtenir un consensus. Les grands débats publics ne sont pas nécessairement notre façon de faire; nous valorisons les représentations et la communication directe. »
Le président compare l'Association à une ressource et indique qu'elle peut prendre différentes formes afin de défendre le mieux les intérêts des sections. « Créer un consensus avec les bâtonniers des 13 sections pour pouvoir présenter, par la suite, une position et des arguments représentatifs des sections ». Aussi, de souligner le président, tous les dossiers qui sont discutés au Conseil général du Barreau du Québec le sont aussi à l'Association, question de présenter la vision des avocats des régions, qui peut s'avérer différente. « Peu importe le dossier, une réflexion est amorcée, un consensus est dégagé et une représentation a lieu à l'occasion d'échanges directs avec les personnes concernées », de dire le président sortant de l'Association.