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Le Journal
Volume 30 - numéro 9 - 15 mai 1998

ACTUALITÉ JURIDIQUE
À qui appartiennent les jugements?
Denis Jacques à la vice-présidence
Un défi de taille relevé avec brio
BARREAU DE MONTRÉAL
Une première édition réussie
Consensus en matière de faillite
Les 60 ans de l'AEAM
BARREAU DE QUÉBEC
Conciliation travail-famille
CHRONIQUES
SUR LE NET
RECENSIONS JURIDIQUES
PROPOS DU BATONNIER
PARMI NOUS
AUX MARCHES DU PALAIS
RESPONSABILITÉ PROFESSIONNELLE
BEAUX MOTS DITS
COLLOQUES, CONFÉRENCES, SÉMINAIRES...
Le Venezuela accueille la IXe Conférence
Régime de protection
Une administration plus près des gens
Les aspects juridiques du capital de risque
The 1998 Jessup Moot Competition
Distribution, franchise et concurrence
Liberté d'expression en milieu de travail
Planifier l'acquisition d'un immeuble
FONDATION DU BARREAU
Knock ou le professionnel déshumanisé
MÉMOIRE DU BARREAU
Pour une réforme globale
PRATIQUE PROFESSIONNELLE
Comment convaincre le juge
TRIBUNE LIBRE
Hommage!
Quelques précisions

L'oeuvre d'un bienfaiteur anonyme

Les 60 ans de l'AEAM

Communiqué

Une année à retenir: 1938. Dernière année de paix avant le terrible conflit qui opposera les dictatures aux démocraties. En France, Sartre écrit La Nausée, aux États-Unis Daphne Du Maurier publie Rebecca. L'accord de Munich laisse croire qu'Hitler peut être amadoué.

Au Canada, la guerre n'a pas encore fait reculer le chômage. Au Québec, les forces démocratiques s'en prennent à la Loi du cadenas, adoptée par le Parlement de la Province pour combattre le communisme, l'autre adversaire de la liberté. Mais la vie quotidienne apporte son lot d'événements discrets, de petites joies et de petites peines, de naissances et de décès. C'est justement à la suite du décès d'un avocat montréalais que les autorités du Barreau de Montréal apprennent que le confrère a laissé par testament une somme appréciable afin de constituer une association de bienfaisance pour les avocats, association devant s'inspirer de celle de Londres. Le désir d'anonymat du bienfaiteur est respecté mais il faut rendre hommage à sa prévoyance; soixante ans après son décès, l'oeuvre qu'il a voulu créer lui a survécu et demeure toujours utile, malgré la sécurité du revenu, l'assurance-emploi, les régimes multiples de protection contre l'imprévu.

L'Association de bienfaisance des avocats de Montréal, devenue l'Association d'entraide des avocats de Montréal en 1992, compte aujourd'hui plus de 400 membres. « Elle vient toujours en aide aux avocats ayant exercé à Montréal, ou à leur famille dans le besoin », explique Me Alain Contant, son président depuis 1994. « Les cas qui nous sont soumis varient considérablement: confrère en difficulté à la suite d'un coup dur, confrère incapable de payer la thérapie que sa condition requiert, ancien avocat décédé seul et sans le sou, et dont la dépouille finirait dans la fosse commune, sans prière, si nous n'étions pas là... »

Malgré la création par le Barreau du Québec il y a quelques années du PAMBA - Programme d'aide aux membres du Barreau - auquel tous les membres du Barreau du Québec versent une cotisation spéciale de 10 $ par année, il subsiste beaucoup de cas pour lesquels l'AEAM constitue le dernier recours. Coordonnateur du PAMBA depuis 1996, Me Guy Quesnel siège aussi au conseil d'administration de l'Association d'entraide: « Les deux organismes, loin de se chevaucher, se complètent soutient Me Quesnel. Le PAMBA s'occupe des avocats partout au Québec, mais pour le moment il ne peut pas prendre en charge le coût des services professionnels à long terme. L'AEAM peut suppléer, du moins dans le district de Montréal. »

Me Michel Messier, trésorier de l'Association, juge que le membership est trop élitiste: « Le plupart des juges sont membres, de même que les associés principaux des grands cabinets, mais nous comptons bien peu de membres parmi les jeunes avocats. Peut-être est-ce de notre faute car nous insistons pour garder nos interventions confidentielles.

Lorsqu'un confrère fait appel à nous, nous l'invitons à déjeuner et deux administrateurs l'écoutent et cherchent à identifier comment nous pourrions lui venir en aide. Malheureusement, il ne nous est pas possible de prendre en charge une marge de crédit devenue trop contraignante », ajoute en souriant Me Messier, « mais notre aide ponctuelle a permis a beaucoup de confrères de souffler un peu. Sans nous, plusieurs d'entre eux perdaient espoir. »

L'AEAM est tout à fait distincte du Barreau de Montréal puisqu'elle possède ses lettres patentes. Mais le Barreau l'a toujours épaulée, et continue de mettre à sa disposition ses locaux au palais de justice et son aimable personnel. « Leur discrétion est tellement parfaite qu'ils en viennent à oublier le nom de ceux à qui nous sommes venus en aide », ajoute Me Contant. « En 1988, un grand dîner-bénéfices avait été organisé par le président d'alors, Me Stanley Leclerc, mais cette année nous soulignerons notre soixantième anniversaire de façon plus discrète. »

Comment devenir membre de l'Association d'entraide des avocats de Montréal? Rien de plus simple. Il suffit d'envoyer la cotisation annuelle de 25 $ à Monique Côté au Barreau de Montréal, Palais de justice de Montréal, H2Y 1B6 avec sa carte professionnelle et le tour est joué.

Journal du Barreau - fin d'article volume 30 - numéro 9 - 15 mai 1998

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