Le 24 février dernier, la Fondation du Barreau du Québec conviait des avocats, des juges et des hauts fonctionnaires à une représentation de la comédie Knock ou le triomphe de la médecine au Théâtre de la Bordée de Québec. Elle voulait ainsi manifester aux invités sa gratitude pour leur contribution à sa campagne de souscription. Davantage qu'un simple divertissement, la soirée théâtre était l'occasion de réfléchir sur la pratique des professionnels dans la société.
La pièce
Dr Knock débarque dans le village de Saint-Maurice pour moderniser la pratique de la médecine. Son prédécesseur conseillait aux insomniaques la lecture d'une page du Code civil avant d'aller au lit. Le nouveau venu prescrit plutôt à ses patients des traitements longs et coûteux, particulièrement aux biens nantis. Sa philosophie se résume en quelques mots: « Le médecin doit travailler à la conservation de la maladie [...] Il n'y a pas de biens portants, mais des personnes plus ou moins atteintes, à plus ou moins de degrés. »
Knock est un habile manipulateur et un fin connaisseur de l'âme humaine. Les habitants du village succombent à son charme et acceptent de se laisser convaincre qu'ils sont atteints d'un mal imaginaire. Derrière ses beaux discours, on devine que la santé financière de son cabinet médical lui importe davantage que la santé de ses patients.
Humaniser la pratique
Le bâtonnier |
Henri Grondin.
Le sujet de la pièce rejoint indirectement une des préoccupations de la Fondation du Barreau: humaniser la pratique du droit, en particulier le droit de la famille. « Une vaste enquête a été faite auprès des juges, des avocats, des justiciables, afin de faire des recommandations pour l'humanisation du droit de la famille. Un rapport sous la signature du bâtonnier et ancien juge Jean Moisan a été déposé. La Fondation du Barreau s'occupe activement à ce que les recommandations du rapport ne restent pas lettre morte et soient véritablement appliquées, tant par les juges que par les avocats pour le plus grand bien des justiciables », indiquait lors de cette soirée théâtre le bâtonnier Henri Grondin, président de la Fondation.
Depuis bientôt 20 ans, la Fondation encourage la rédaction et la publication d'ouvrages de doctrine en droit québécois. Chaque année un concours est tenu et des prix sont donnés pour les meilleurs ouvrages publiés. Encore cette année, 100 000 $ seront versés à des auteurs.
« C'est grâce à des activités comme celle de ce soir et aussi grâce à la cotisation volontaire des avocats que la Fondation peut exister », concluait Me Grondin.