ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Le Journal
Volume 30 - numéro 9 - 15 mai 1998

ACTUALITÉ JURIDIQUE
À qui appartiennent les jugements?
Denis Jacques à la vice-présidence
Un défi de taille relevé avec brio
BARREAU DE MONTRÉAL
Une première édition réussie
Consensus en matière de faillite
Les 60 ans de l'AEAM
BARREAU DE QUÉBEC
Conciliation travail-famille
CHRONIQUES
SUR LE NET
RECENSIONS JURIDIQUES
PROPOS DU BATONNIER
PARMI NOUS
AUX MARCHES DU PALAIS
RESPONSABILITÉ PROFESSIONNELLE
BEAUX MOTS DITS
COLLOQUES, CONFÉRENCES, SÉMINAIRES...
Le Venezuela accueille la IXe Conférence
Régime de protection
Une administration plus près des gens
Les aspects juridiques du capital de risque
The 1998 Jessup Moot Competition
Distribution, franchise et concurrence
Liberté d'expression en milieu de travail
Planifier l'acquisition d'un immeuble
FONDATION DU BARREAU
Knock ou le professionnel déshumanisé
MÉMOIRE DU BARREAU
Pour une réforme globale
PRATIQUE PROFESSIONNELLE
Comment convaincre le juge
TRIBUNE LIBRE
Hommage!
Quelques précisions

Tribunal canadien des droits de la personne

Quelques précisions

Michelle Falardeau-Ramsay, c.r.

Dans sa livraison du 1er février 1998, sous la plume de Lise I. Beaudoin, le Journal du Barreau publiait, à la page 3 un article ayant pour titre « Création d'un Tribunal canadien des droits de la personne: le Barreau suggère le modèle québécois ».

Dans cet article, Me Beaudoin rapportait certaines objections et suggestions relatives au projet de loi S-5 que le Barreau du Québec formulait dans un mémoire adressé au comité sénatorial des affaires juridique et constitutionnelles à la suite du projet de modification de la Loi canadienne sur les droits de la personne, initialement connu comme projet de loi C-98 et devenu S-5 par sa réintroduction au Sénat.

En tant que présidente de la Commission canadienne des droits de la personne, j'aimerais apporter quelques précisions à propos de ce qui a été avancé dans l'article de Me Beaudoin concernant certains liens entre la Commission et le Tribunal. En effet, parmi les dispositions pouvant nuire à l'apparence d'impartialité ou ultimement à l'indépendance du Tribunal, elle indique: « ... l'article 49(1) permet à la Commission, à toute étape postérieure au dépôt d'une plainte, de demander au président du Tribunal de désigner un membre pour instruire la plainte, si elle est convaincue que l'instruction est justifiée. Le Barreau estime qu'il s'agit là d'un exemple flagrant du manque d'étanchéité entre le rôle respectif de chacun de ces organismes. Pour lui, il s'agit d'une forme de complicité administrative et il exige que cette disposition soit modifiée afin que la Commission ne puisse choisir les juges ». Il m'apparaît que l'assertion selon laquelle l'article 49(1) de la Loi canadienne sur les droits de la personne permet à la Commission de choisir les juges est excessive.

En effet, la Loi habilite la Commission à demander au président du comité du tribunal des droits de la personne de constituer un tribunal ad hoc chargé d'examiner une plainte si elle est convaincue, compte tenu des circonstances, que l'examen de celle-ci est justifiée (paragraphes 44(3) et 49(1) de la Loi et arrêt Syndicat des employés de production du Québec c. Canada (C.C.D.P.), [1989] 2 R.C.S. 879.)

Cependant, une fois la demande déposée, c'est le président du comité du Tribunal qui constitue un tribunal chargé d'examiner la plainte qui se composera, à son choix, d'un ou de trois membres (paragraphes 49(5) et 6 de la Loi). De plus, les membres du comité du Tribunal, qui sont au nombre de cent environ, sont nommés par le gouverneur en conseil (article 48.1 de la Loi). C'est donc dire que la Commission canadienne des droits de la personne n'intervient d'aucune façon dans la constitution de la liste des membres du comité du Tribunal puisqu'ils sont désignés par le gouverneur en conseil. Elle n'intervient pas non plus dans le choix des membres qui composent un tribunal ad hoc chargé d'examiner une plainte, car ce rôle revient uniquement au président du comité.

Dans les faits, lorsque la Commission estime qu'une plainte doit être référée à un tribunal en vertu de l'article 49 de la Loi, elle ne fait qu'aviser le président du comité du Tribunal des droits de la personne de cet état de chose en lui transmettant une copie de la plainte ainsi qu'une liste des noms et adresses des parties au litige. Journal du Barreau - fin d'article volume 30 - numéro 9 - 15 mai 1998

Retour au site Web du Barreau du Québec