La première édition de la Semaine du Barreau de Montréal, qui s'est déroulée au Complexe Desjardins du 14 au 17 avril, a remporté un franc succès avec ses différentes activités, ses consultations juridiques gratuites et ses multiples kiosques d'information.
En effet, c'est par milliers que les gens ont investi les lieux, n'hésitant pas à questionner les personnes ressources mises à leur disposition. Le président de la Semaine du Barreau de Montréal, Me Christian M. Tremblay, considère que l'organisation a atteint les objectifs qu'elle s'était fixée, soit: « de sensibiliser la population à ses droits et obligations, de présenter la justice et ses membres comme étant facilement accessibles et de redorer l'image des avocats. »
Consultations juridiques gratuites
Ce n'est pas tous les jours qu'il est possible de demander conseil gratuitement à un avocat! Voilà sûrement ce qui explique la popularité qu'a connu le service de consultations juridiques gratuites offert pendant toute la durée de l'événement. Le feu roulant d'inscriptions n'a laissé aucun répit aux avocats-bénévoles. Au total, 56 d'entre eux ont participé à cette opération comptabilisant, en quatre jours, 527 consultations de 20 à 30 minutes chacune.
De gauche à droite: Madame Sonia Dufresne, Me Christian Thériault, Me Dominique Trahan, le jeune comédien Lawrence Arcouette, M. le bâtonnier Pierre Fournier, Me Christian M. Tremblay, l'honorable Jacques R. Roy, Me Clément Côté, Me Josée Mailhot, Me Isabelle Desmarais et Me Jean-Jacques Gagnon |
Cinq petits cubicules ont accueilli, sans relâche, les conversations confidentielles entre avocats et « clients ». Me Jean-Jacques Gagnon, président du Comité de liaison avec le public, s'enthousiasme encore de la réponse positive des gens. « Il y a avait toujours au comptoir au minimum deux ou trois personnes qui attendaient patiemment leur tour ». Il raconte même qu'à un certain moment, le manque de cubicules a incité des avocats à donner des consultations juridiques debout ou devant un café, à proximité du site.
Plusieurs domaines du droit ont fait l'objet de ces consultations, mais, comme le révèle Me Tremblay, la palme revient au droit de la famille qui a suscité pas moins de 120 consultations (23 %). Loin derrière vient ensuite, le droit des successions avec 48 consultations (9 %) à égalité ou presque avec le droit civil général; le droit du travail et les questions qui touchent la Régie du logement suivent avec respectivement 26 et 25 consultations (10 %).
La réussite des consultations juridiques gratuites est en grande partie attribuable à la publicité qui en a été faite dans plusieurs médias, croit Me Gagnon. Le journal Voir, la radio de Radio-Canada, CKAC, Télécité sont autant de plates-formes ayant fait la promotion de la Semaine du Barreau de Montréal et de ses consultations juridiques. Pour ce qui est des consultations, Me Gagnon indique que « d'avoir diffusé la consigne d'apporter les documents relatifs à la problématique a donné l'impression, aux futurs consultants, qu'il s'agissait de quelque chose de sérieux ». Une petite précision qui s'est avérée des plus bénéfique. En effet, les gens, papiers en main, étaient prêts à faire la queue, pendant parfois de longues minutes, pour avoir réponse à leurs questions.
Une mine de renseignements était aussi accessible au public au travers de 17 kiosques d'information occupés par une variété d'organismes dont la mission touche directement le monde juridique. À titre d'exemples étaient représentés: l'Aide juridique, la Commission québécoise des libérations conditionnelles, la Régie des rentes, le Conseil du statut de la femme, le Barreau de Montréal, etc. Les délégués distribuaient des dépliants et répondaient volontiers aux interrogations des personnes qui s'arrêtaient à leur kiosque.
Une panoplie d'activités
Plusieurs moyens didactiques ont été mis de l'avant pour mieux faire assimiler au public certains principes juridiques. L'un de ces moyens a été le procès simulé, un concept déjà éprouvé par la télévision. Ainsi, deux procès simulés étaient à l'horaire. Le premier, en matière de protection de la jeunesse, était tiré de l'émission Justice pour tous et mettait en vedette, entre autres, l'honorable Jacques Roy de la Cour du Québec (Chambre de la jeunesse) dans le rôle... du juge et le jeune Lawrence Arcouette, qui s'est fait connaître pour sa mémorable prestation dans Les orphelins de Duplessis, dans le rôle de Simon, un enfant occasionnellement malmené par son père.
Le deuxième procès simulé, en droit familial, avait pour cadre juridique une demande de garde et la fixation d'une pension alimentaire, selon les nouveaux barèmes établis. L'honorable Marie-Christine Laberge, de la Cour supérieure, a présidé la petite mise en scène.
Ces quatre jours ont aussi été l'occasion de mettre en valeur plusieurs activités, déjà offertes au public par le Comité de liaison du Barreau de Montréal. Parmi celles-ci, les Conférences d'Or conçues tout spécialement pour répondre aux interrogations juridiques des personnes du troisième âge. La Semaine du Barreau de Montréal présentait trois de ces conférences: le droit des successions, le mandat d'inaptitude et le droit au maintien dans les lieux.
La justice a bonne mine est un concours annuel qui s'adresse aux élèves des niveaux primaire et secondaire, francophones et anglophones de l'Île de Montréal. Les participants doivent s'exprimer sur un sujet à connotation légale. Cette année, la question était : « Peut-on dire ce que l'on veut? ». Les jeunes lauréats étaient invités à lire leur texte sur la scène du Complexe Desjardins.
Les étudiants des cégeps francophones et anglophones de Montréal ne sont pas laissés pour compte avec le Débat oratoire. Chaque équipe de deux membres doit préparer un plaidoyer en faveur et en défaveur d'une question d'actualité. Cette année, le sujet retenu était « Légiférer l'Internet, pour ou contre? ». La finale, opposant le Collège Jean de Brébeuf et le Collège Marianopolis, s'est tenue lors de la dernière journée de la semaine.
Au cours de la semaine, les gens ont aussi pu assister à des conférences sur les systèmes judiciaires québécois et canadien. Les conférenciers avaient pour objectif principal de présenter au public les principaux acteurs judiciaires et les différents domaines du droit.
Mentionnons enfin qu'un débat sur l'aide au suicide et l'euthanasie était aussi à l'horaire. Le Dr Justine Farley, chef de service en soins palliatifs à l'Hôpital St-Mary's et présidente du Réseau d'éthique clinique du Fonds de recherche en santé du Québec et Me Pierre Deschamps, membre du Comité bioéthique de l'Hôpital Notre-Dame, ont entretenu la foule sur ce sujet épineux.
Mission accomplie
Me Tremblay souhaite que la formule, expérimentée pour la première fois cette année, reprenne du service l'an prochain. « Pour une première, l'événement a donné beaucoup de visibilité au Barreau de Montréal ». Ces quatre jours d'activités ont remplacé la Journée du droit qui proposait certaines activités mais qui était trop limitée dans le temps pour rejoindre un grand nombre de personnes.
Cette année, le temps n'a pas manqué et les organisateurs ont réussi à attirer au Complexe Desjardins la tranche d'âge la plus susceptible de recourir aux services d'un avocat, soit les 40-45 ans. Le président du Comité de liaison avec le public, Me Gagnon, exprime néanmoins le regret que l'événement n'ait pas su rejoindre, autant qu'il l'espérait, les membres du Barreau de Montréal. Il affirme que l'an prochain, les organisateurs verront à s'assurer d'une plus grande participation de ces derniers.
Les quelques ajustements qui s'imposeront, s'il y a réédition de la Semaine du Barreau de Montréal, ne terniront en rien le succès remporté cette année. Le public, les représentants d'organismes, les avocats bénévoles et les organisateurs ont fait part de leur appréciation et se sont exprimés sur le bien-fondé de la démarche. La démystification du droit n'est rien de plus que sa démocratisation.