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Le Journal
Volume 31 - numéro 15 - 15 septembre 1999

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Revenu Canada invite les avocats
Une saison riche en interventions (2)
Le Barreau du Québec à l'honneur
Médiation familiale
Le Comité national reste sur sa position
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Comité de la formation professionnelle

Me François Fontaine à la présidence

André Giroux

Nommé par le Conseil général en juin dernier, Me  François Fontaine préside maintenant le Comité de la formation professionnelle (CFP), l'instance qui chapeaute l'École du Barreau du Québec. Il succède ainsi à Me Jacques Lemay, qui a assumé la fonction pendant quatre ans.

M<sup>e</sup> François Fontaine
Me François Fontaine

Avocat depuis 1985, Me Fontaine a commencé sa carrière chez Ogilvy Renault, où il est encore aujourd'hui, pratiquant essentiellement dans le domaine du litige.

Il connaît l'enseignement pour avoir été chargé de cours en procédure civile à l'Université de Sherbrooke pendant six ans. Il a aussi enseigné à l'École du Barreau. Sous l'ancien programme, exclusivement consacré aux habiletés professionnelles, il a donné des cours de rédaction et de représentation. La nouvelle formule l'a amené à enseigner la procédure civile et la preuve.

« J'ai toujours aimé l'enseignement, affirme-t-il. J'ai reçu une excellente formation et je veux en faire profiter à d'autres. J'ai aussi à cœur la profession, et elle commence à l'École du Barreau. »

Me Fontaine en est à sa quatrième année comme membre du CFP. Il en était le vice-président l'an dernier. S'il n'a jamais eu l'occasion d'être maître de stage, il a contribué à l'embauche de stagiaires et a encadré ceux qui ont travaillé avec lui. Ogilvy Renaud embauche de 12 à 15 stagiaires par année. « En moyenne, de 75 à 80 % d'entre eux resteront à la fin de leur stage », estime Me Fontaine.

Changement à la formation

C'est Me Fontaine qui a présenté au Conseil général les résultats d'un sondage sur la formation professionnelle offerte par l'École du Barreau. Les nouveaux avocats interrogés estimaient bien connaître le droit, mais la moitié d'entre eux reconnaissaient que leurs habiletés professionnelles étaient insuffisantes. En outre, seulement la moitié des répondants considéraient suffisante leur capacité d'appliquer les connaissances juridiques à des situations concrètes et leur aptitude à identifier les procédures pertinentes à un dossier.

Comment le président du CFP réagit-il à ce sondage? « Il confirme que le virage de 1995 était non seulement souhaitable, mais nécessaire, répond-il. Il fallait que l'on réintègre l'enseignement du droit. Les étudiants de l'époque le demandaient d'ailleurs. La différence entre les universités et l'École du Barreau, c'est l'aspect pratique. Le passage de la théorie à la pratique est difficile. L'étudiant doit apprendre à raisonner à la manière d'un praticien. Le client qui pose des questions s'attend à des réponses concrètes et précises. »

Selon le nouveau président, les étudiants de l'École ne réalisent pas suffisamment l'importance de l'acquisition des habiletés. « Ils nous disent que c'est important pour eux, mais plusieurs sont gênés de participer à une simulation d'interrogatoire ou de plaidoirie. Pourtant, vaut mieux se tromper en classe que devant un juge et, ultimement, devant un client qui paiera le prix de nos faiblesses. »

Les avocats en début de carrière et les maîtres de stage sont nombreux à demander un rééquilibrage vers les habiletés professionnelles. Le président du CFP leur porte une oreille attentive. « L'enseignement du droit substantiel doit demeurer prépondérant à l'École, mais, personnellement, je souhaite l'ajout d'enseignement des habiletés. » Reste à voir si les budgets le permettront, nuance-t-il. Un tel ajout signifierait l'embauche de suffisamment d'enseignants pour que chacun des quelque 800 étudiants de l'École bénéficie d'une période d'encadrement individuel de 30 à 45 minutes et ce, dans chacun des cinq secteurs d'habiletés: rédaction, consultation, recherche, négociation et représentation. « Je souhaite l'ajout d'une deuxième évaluation formative dans chacun des blocs d'habiletés », affirme Me Fontaine.

Bien profiter du passage à l'École

Le président du CFP invite les étudiants à tirer le plus d'acquis possible de leur passage à l'École du Barreau. « À raison, ils accordent une grande importance à la réussite de leurs examens, mais l'objectif devrait aussi être d'acquérir une formation. Nous souhaitons leur inculquer l'idée de jouer le jeu dès le départ, d'aller acquérir une formation plutôt que de souhaiter que ça finisse au plus vite. »

« Ce qui est connu de l'École, poursuit Me Fontaine, c'est un groupe d'étudiants assis dans une classe devant un professeur qui enseigne. C'est cela l'école, mais c'est beaucoup plus. Nous organisons des conférences et des colloques, sur le démarrage d'un cabinet d'avocats, par exemple, ou sur la pratique internationale. Des avocats de contentieux sont venus témoigner de leur travail et de sa différence avec la pratique privée. Je souhaite que des juges viennent expliquer ce qu'ils attendent des avocats. Malheureusement, la participation à ces activités est faible. Les étudiants ne devraient pas se limiter à se demander si une activité peut éventuellement faire l'objet d'une question d'examen. »

Enfin le stage!

Une fois la formation sur les bancs d'école terminée, l'apprentissage se poursuit dans les ministères, les entreprises ou les cabinets privés. C'est souvent là que les futurs avocats se rendent compte du chemin qui leur reste à parcourir. Le sondage réalisé par l'École du Barreau démontrait que 84 % des répondants affirmaient être prêts à entreprendre leur stage à la fin de leurs études, mais seulement 69 % s'estimaient compétents pour entamer leur carrière à la fin de leur stage.

« On ne s'attend pas d'un stagiaire qu'il rédige une procédure à la perfection dès le premier jet, reconnaît Me Fontaine. La responsabilité des personnes qui l'encadrent, c'est de lui montrer. Un examen peut vérifier si les éléments essentiels d'un dossier apparaissent à la procédure, mais c'est par un stage que peut s'acquérir un style, une manière de faire. J'ai commenté et corrigé le travail des stagiaires qui ont travaillé pour moi. J'avais le souci de leur indiquer à la fois ce qu'ils faisaient bien et ce qu'ils devaient corriger. »

Le stage permettra bientôt de poursuivre l'acquisition de connaissances en informatique, commencée à l'université. Un projet-pilote commencera le mois prochain. « Cette formation sera théorique et pratique et portera notamment sur le REJB et les autres outils de recherche, affirme Me Fontaine. Il s'agira d'une plus-value à la fois pour le stagiaire et le maître de stage qui, parfois, n'a pas encore acquis les connaissances essentielles dans ce domaine. »

Le président du CFP souhaite aussi offrir des outils pour que les jeunes puissent acquérir des capacités d'entrepreneurship. « Traditionnellement, l'avocat ouvrait un bureau, attendait la clientèle et offrait des services en toute indépendance. L'avocat d'aujourd'hui doit être original, apprendre à développer de nouveaux créneaux. Un exemple facile : le bogue de l'an 2000. Aux États-Unis, certains avocats ont créé des produits pour y faire face, que ce soit la rédaction de contrats spécifiques ou l'offre de matériel informatique. »

Les membres du comité


Les membres du Comité de la formation professionnelle, de gauche à droite: Me H. Carleton Monk, Me Anne-Marie Sheahan, Me Claude Bouchard, Me Charles Belleau, Me François Fontaine (président du CFP), Me Francis Gervais, Me Catherine La Rosa (vice-présidente), Me Isabelle Roy, Me Louis Lapointe (directeur de l'École du Barreau) et Me Pierre-Yves Boisvert

 

 

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