L'École du Barreau accueillait récemment ses aspirants à la profession. À Montréal, Québec, Sherbrooke et Ottawa, quelque 900 étudiants, fébriles et anxieux, ont entrepris le dernier droit (sans jeu de mots) d'une course débutée, pour la plupart, il y a trois ou quatre ans.
L'ancien juge en chef de la Cour suprême du Canada, invité à l'École du Barreau, a parlé d'éthique et de déontologie, « vitaux au bon fonctionnement de notre système de justice. » |
Les efforts devront cependant y être à la lumière des résultats des examens 1999-2000, alors que 40 % des étudiants devront reprendre au moins un examen comparativement à 23 % l'année précédente. Manifestement, les étudiants auront à se retrousser les manches.
À Montréal, l'accueil s'est notamment fait en présence du très honorable Antonio Lamer, juge en chef de la Cour suprême du Canada de 1990 à 2000, qui a centré sa présentation sur l'éthique et la déontologie, « vitaux au bon fonctionnement de notre système de justice. » Un système qu'il n'a pas hésité à qualifier de meilleur au monde. « Je n'ai connu aucun pays où les citoyens étaient vraiment libres, aucun pays où il existait cette indépendance de la magistrature garantissant cette liberté. (...) Vous serez en partie responsable du maintien de cette farouche liberté dans le respect des règles et de la personne humaine. Entre être libre ou en santé, je préfère être libre! »
Me François Fontaine, président du Comité de la formation professionnelle, a par la suite tracé un portrait de ce que seront les prochains mois et exhorté les étudiants à ne pas seulement voir l'École du Barreau comme une série de six examens mais comme une opportunité de se préparer à la vie professionnelle. « C'est d'abord une occasion unique de faire le pas entre la vie étudiante et la pratique. » Un pas qui devra se faire à coup d'efforts, a-t-il cependant précisé : « Revoyez votre droit théorique, révisez votre matière. Plus la connaissance théorique est grande et plus le passage sera facile. C'est votre responsabilité. »
Plus de 500 étudiants sont inscrits au centre de Montréal.
Dans la Capitale, le discours était un peu le même. « Certains ont remis en question leur travail dans un bureau d'avocat ou ailleurs durant les études », de dire Me Mabel Dawson, directrice du centre de Québec, où 210 étudiants sont inscrits. « Ils ont envisagé de diminuer leurs heures de travail. Les étudiants ont pris conscience qu'un échec retardera leur entrée sur le marché du travail et la nécessité de faire des efforts. »
La ministre Linda Goupil était aussi présente et a rappelé l'importance de l'avocat dans la société, soulignant au passage qu'il y avait « toujours de la place dans la profession pour des gens compétents ».
À Ottawa, les étudiants (85 sont inscrits) ont réagi positivement à l'annonce des résultats de l'an dernier, estime Me Jean-Paul Osborne, directeur du centre. « Ils savent très bien que l'École du Barreau est un avant-goût de la pratique et qu'il faut travailler ».
Même chose à Sherbrooke où « les étudiants ont pris conscience que la formation et l'exercice de la profession sont exigeants et compétitifs », de dire le directeur du centre, Me François Tôth. Ce que confirmait Me Frédéric-Antoine Lemieux, récemment admis dans la profession, qui a témoigné de son année à l'École du Barreau et de ses premiers pas dans la pratique du droit.
Quelque 120 étudiants sont inscrits au centre de Sherbrooke.