NDLR - À chaque année, le Barreau de Montréal organise un concours littéraire à l'intention des élèves du primaire et du secondaire de la région de Montréal. Le Journal du Barreau vous propose, dans cette édition et dans la prochaine, les textes primés.
Lors d'une sortie dans un musée avec sa classe, le petit Gontran est accusé par tous ses camarades de classe d'avoir brisé une magnifique statue ancienne. Le professeur, Monsieur Crédule, ne croit pas le petit Gontran qui, en pleurs, nie pourtant haut et fort avoir provoqué cette terrible catastrophe. Le professeur Crédule, hors de lui, le prive immédiatement de la classe neige prévue dans quelques semaines. Or, la vérité est tout autre. Ce sont les deux terreurs de la classe, Vivi et Loulou, qui, en chahutant, ont renversé et brisé cette précieuse pièce.
De retour chez lui, furieux d'être accusé si injustement, le petit Gontran, qui excelle en informatique, s'introduit dans le système de l'école et modifie le journal destiné à tous les parents et professeurs dans lequel il affirme: « Le professeur Crédule est MÉCHANT et INJUSTE. Faites attention à lui! ». Tout le monde prend connaissance de ce message.
Croyez-vous que cette réaction de Gontran est justifiée? Si oui, pourquoi? Sinon, qu'auriez-vous fait à sa place?
En visitant le musée, Gontran est accusé d'avoir brisé une statue ancienne. Le professeur, M. Crédule, ne le croit pas quand il affirme être innocent, alors il le prive de la classe neige prévue dans quelques semaines. Vivi et Loulou détiennent la vérité car ce sont elles qui ont brisé la précieuse pièce.
Lorsqu'il arrive chez lui, Gontran s'introduit sur la page Web de l'école et modifie le journal destiné aux parents et aux professeurs. Il affirme: « Le professeur M. Crédule est MÉCHANT ET INJUSTE. Faites attention à lui. » Tout le monde prend connaissance de ce message. Le professeur Crédule, en arrivant chez lui, regrette son geste posé sans aucune preuve. Après avoir fini de manger et de placoter, il décide de lire le journal de l'école. Lorsqu'il aperçoit le message, il est fou furieux. Certain que ce soit Gontran qui ait commis cet acte de violence, il décide de lui imposer une sanction encore plus grande. Le lendemain à l'école, le maître de classe demande à parler à Gontran... en privé. Après de multiples explications et compromis, les deux finissent par comprendre la raison de leurs actes. Sur le coup, ils étaient tous les deux furieux alors, ils ont débordé et ont fait quelque chose qu'ils ont regretté par la suite. Le professeur Crédule lui recommanda, pour la prochaine fois, de parler avec un adulte en qui il avait confiance. Dans le cas contraire, il risquerait de commettre un accident terrible. Il faut être capable de contrôler sa colère et surtout de ne pas perdre patience. Plusieurs centres et écoles ont des projets qui peuvent nous aider à contrôler nos sentiments. M. Crédule lui recommande de suivre un cours comme ceux-là s'il n'avait pas confiance en lui. Il lui a aussi dit que son acte était d'une façon justifiée parce que M. Crédule n'avait pas raison de l'accuser sans qu'il puisse le prouver. Mais il n'a fait qu'empirer la situation. Gontran aura la permission d'aller à la classe neige mais il sera privé de la journée des olympiades à l'école. Ça ne le dérange pas beaucoup puisque le sport n'était pas sa passion mais bien l'informatique. Il restait toujours un problème: qui a cassé la statue? Dans la classe, Gontran a fait une liste de gens assez cruels pour faire une telle chose. Il la rédige comme suit: Jérémy, le gars à trois doigts, Vivi, la petite rousse qui est une terreur, et Loulou, la meilleure amie de Vivi.
De leur côté, les deux amies se rongent les ongles parce qu'elles ont peur de se faire découvrir. Dans les corridors, elles fuient tous ceux qui osent leur parler de l'événement du musée. Gontran, qui n'avait toujours pas trouvé le coupable, décida d'interroger les suspects. Il commença par Jérémy. Il lui demanda où il était à l'heure du crime. Il répondit qu'il était bien emmitouflé dans ses couvertures. C'est à cet instant que Gontran réalisa que Jérémy était absent le jour de la sortie. Il ne restait plus que Vivi et Loulou. Puisque l'une ne faisait rien sans l'autre, il décida de les questionner en même temps. Ils étaient tous les trois assis dans une grande salle. Rien n'empêchait Gontran de découvrir qu'elles étaient coupables jusqu'à ce qu'il se mit à parler: « Alors, à propos de la sortie... »
Les deux amies se sont levées brusquement et elles sont parties en courant et en criant. Sidéré par ce qui venait de se passer, Gontran ne bougeait plus. Leur réaction était surprenante et elle avait réveillé le petit espion qui dormait en lui. Son enquête commença. Il se rendit au musée pour observer les lieux du crime. Rien. Plus une trace de la statuette. Décidément plus rien n'allait. Il décida de retourner chez lui pour mieux réfléchir. Lorsqu'il ouvrit la porte de sa chambre, la précieuse pièce était là. Étendue sur son lit en mille morceaux. La fenêtre était ouverte et les rideaux battaient au vent. Quelqu'un s'était introduit chez lui et l'avait déposée dans sa chambre pour qu'il se fasse accuser. Il sortit dehors, décidé à trouver le coupable. Ce n'était pas difficile, puisqu'en sortant de chez lui, Vivi et Loulou se tenaient devant chez lui en piteux état. Elles expliquèrent la situation à Gontran qui éclata de rire à la fin de ce récit qui n'a ni queue ni tête. Elles étaient montées dans la chambre de Gontran pour déposer la statue et s'étaient enfuies à toutes jambes. Elles ne sont pas allées très loin puisque le chien du voisin les avait attrapées. Après cette aventure, elles avaient décidé de se dénoncer.
Les trois sont partis à l'école pour tout expliquer à M. Crédule. Le professeur décida d'imposer une sanction que les deux compagnes ne sont pas prêtes d'oublier. Si un jour vous passez dans la rue et que vous voyez deux jeunes filles qui lavent des graffitis, elles pourraient bien être Vivi et Loulou.
Dear Journal,
Today my class went to the museum. Loulou and I were getting very bored, because you know, Journal, that we can't stay still for too long. This little shrimp of a kid in my class called Gontran was moping between statues and I thought it might be fun to tease him. I imitated him slowly dragging my feet along the ground. By mistake, I knocked over a statue which shattered on the floor. Just then I saw a kid in my class about to tell on me. All I had to do was glare at him and he pointed at... Gontran! What a perfect solution, I thought to myself, to blame it on Gontran. Mr. Credule, my teacher, told Gontran that he could not go on the class ski trip that was coming up soon. I am elated, I think Gontran is a perfect victim! All for now, Vivi
Dear Journal,
You'll never guess what Gontran did! He wrote onto the parents' newsletter that Mr. Credule was mean and unjust. I just know he will be suspended. Somehow, Journal, I don't feel so happy any more. Today Mr. Credule told me I was an honest student. I'm not! It was I, not Gontran who broke the statue. I should be blamed. Wait! Since Gontran wrote that letter, he is just as bad as me. Or am I the worst considering I started it in the first place? Journal, I wish you could talk! Maybe you would have the answers that I'm looking for. Being a bully isn't the best way to go, Journal. Sure, I have power, but is that what I really want?
Goodbye for today, Vivi
Dear Journal,
Now I'm sure that what Gontran did was wrong! He got suspended for 3 days. The whole class is flabbergasted! Journal, it's all my fault! I commenced this entire problem by not owning up to my crime! Why did it take me so long to figure this out? Am I the real Vivi coming out of a being that had blocked all good doors from opening? Am I now about to enter a door that will guide me on a straight path? I hope so! If Gontran wants to go my old way that's his problem! Except that...he would never have gone that way if I hadn't deceived Mr. Credule. Journal, I've made a decision, tomorrow I will call Gontran and apologize, tell Mr. Credule the truth and tell Gontran that his reaction was justified but that next time he should blame me and not our teacher! To anyone other than you, Journal, who reads these entries, please remember that justice will always be the right way to go.
Goodbye Journal, Vivi *
Depuis quelque temps, des étudiants de votre école ont formé le groupe « Les Dragons ». Ces derniers taxent certains étudiants, commettent des actes violents et harcèlent plusieurs personnes. La situation a atteint son paroxysme lorsqu'un étudiant, battu sauvagement dans la cour d'école, a dû être hospitalisé. Que suggérez-vous à l'école de faire pour régler ce problème de violence?
Une certaine école connaît un sérieux problème: un groupe d'élèves, surnommé « Les Dragons », commet beaucoup d'actes violents. L'école pourrait très bien renvoyer les élèves qui commettent des actes violents, mais le problème ne serait pas résolu. En effet, il y aurait toujours un problème parce qu'on ne peut combattre le mal que par le bien. Les jeunes en question commettent des actes dont le niveau de violence a dépassé celui de la simple intimidation. Dans ce genre de situation, il faut remonter à la source même du problème, c'est-à-dire l'environnement et le milieu social et familial des jeunes qui font partie du groupe « Les Dragons ».
L'administration de l'école devrait contacter les parents de ces étudiants afin de les persuader d'envoyer leur(s) enfant(s) chez un psychologue, si besoin est, afin de trouver les facteurs qui rendent ces jeunes si violents. En effet, si ces étudiants sont violents, ce n'est pas le fruit du hasard; c'est à cause de facteurs présents dans leur milieu social et familial et dans leur environnement qu'ils sont comme ils sont. La violence dans la famille et la mauvaise fréquentation sont des exemples probables de ces facteurs. L'administration de l'école et les parents de ces jeunes devraient localiser ces facteurs et se questionner sur le problème pour trouver la façon de le résoudre.
D'autres facteurs, comme la violence à la télévision, pourraient être la cause du problème. La violence à la télévision influence énormément les jeunes. Souvent les jeunes veulent faire comme dans les films violents et cela tourne au drame. Ce ne sont pas les preuves qui manquent avec le nombre de meurtres et d'accidents qui ont causé la mort d'innocents.
Tous les jeunes ont besoin d'un modèle positif et non de mauvais modèles comme on en rencontre dans les films de violence.
Un autre facteur qui rend violentes les personnes qui le subissent, c'est la violence dans le milieu social et familial. Ceux qui ont subi la violence, la font subir aux autres, c'est bien connu.
Revenons à nos jeunes du groupe « Les Dragons ». L'école devrait faire prendre conscience à ces jeunes de l'extrême gravité de leurs actes. Certains vont comprendre ce qu'ils font, vont avoir des remords, et ces remords vont les influencer à arrêter leurs actes violents. Les autres ne vont pas comprendre ce qu'ils font et vont continuer à commettre des actes violents. Pour ces derniers, il faut vraiment régler ce problème à partir de sa source. Il faut régler le problème le plus vite possible avant que voler et commettre des actes violents deviennent des habitudes pour ces jeunes. Pour l'instant, ils volent de petites choses, mais, plus tard, leurs vols pourraient prendre une plus grande importance: qui vole un œuf vole un bœuf.
Les parents des élèves qui ne font pas partie du groupe « Les Dragons » devraient eux aussi se rassembler pour aider les étudiants violents, car ces étudiants ont besoin d'aide pour arrêter de commettre des actes violents. Ces parents devraient aussi discuter pour trouver des solutions au problème. Plus ces jeunes auront d'aide, plus leur problème a des chances d'être résolu.
En conclusion à tout cela, il faut se rappeler qu'on ne peut combattre le mal que par le bien et que le problème assez grave que subissent l'école et les jeunes du groupe « Les Dragons » doit être résolu à sa source. De plus, il faut savoir que plus les parents, l'administration de l'école et les jeunes du groupe « Les Dragons » ont de volonté et de courage pour rétablir la situation, plus il y a de chances de succès, comme disent ces deux proverbes: « Vouloir c'est pouvoir » et « À cœur vaillant rien d'impossible ».